vendredi 4 janvier 2019

Prochaine collision de notre Galaxie prévue dans 2,4 milliards d'années


Notre galaxie n'est pas une galaxie spirale très normale, premièrement parce que son trou noir supermassif est 10 fois trop petit, deuxièmement parce que son halo stellaire semble posséder moins d'éléments lourds que des galaxies spirales "normales" et enfin parce que sa galaxie satellite principale, le Grand Nuage de Magellan (LMC), est anormalement grande. Des nouvelles simulations viennent de montrer que tout cela pourrait changer plus tôt que prévu avec la collision de la Voie Lactée avec le LMC, dans "seulement 2,4 milliards d'années.




Cette réévaluation du destin du LMC vient d'une récente réestimation de la masse de la galaxie naine, revue à la hausse d'un facteur 2 environ. Marius Cautun (Institute of Computational Cosmology, Durham University) et son équipe ont donc refait des simulations numériques de l'interaction gravitationnelle de notre galaxie avec ses galaxies naines satellites en modifiant la masse du LMC. Ils trouvent que, à cause de sa masse plus élevée que ce qui était évalué précédemment, le mouvement du LMC allait se ralentir rapidement pour le diriger ensuite directement vers la notre galaxie. La rencontre aurait lieu dans environ 2,4 milliards d'années, soit bien avant que la galaxie d'Andromède fusionne à son tour avec la Voie Lactée. Les astrophysiciens britanniques réévaluent d'ailleurs la date de la collision Voie Lactée-Andromède à 5,3 milliards d'années, soit 1,5 milliards d'années plus tôt que ce qui avait été estimé auparavant.

L'effet de la collision du LMC avec la Voie Lactée serait une forte perturbation du centre de notre galaxie avec un apport énorme de gaz sur le trou noir Sgr A*, qui en profiterait pour grossir de plusieurs dizaines de millions de masses solaires. Selon les chercheurs, il pourrait ainsi multiplier sa masse au maximum par un facteur 8 et passer à 30 millions de masses solaires. D'autre part, le LMC apporterait des éléments lourds dans le halo stellaire, rendant la Voie Lactée un peu plus "normale" vis à vis des autres galaxies de sa classe.
La simulation EAGLE de formation de galaxies qu'utilisent Cautun et ses collègues montre que le halo stellaire de notre galaxie multiplierait sa masse par un facteur 5, avec principalement des étoiles du LMC déchiqueté, une transformation impressionnante.

Evidemment, le fort grossissement de Sgr A* ne se ferait pas dans le calme, les grosses quantités de gaz qui seraient accrétées autour du trou le renderait beaucoup plus actif, comme un petit quasar, avec un intense rayonnement du disque et l'apparition de jets de plasma aux pôles du trou noir.
Selon les auteurs, une telle activité de Sgr A* qui se traduirait probablement par une intense émission de rayons X et de rayons gamma de haute énergie ne devrait pas impacter significativement les organisme vivant sur Terre à ce moment là.

Si vous voulez vraiment vous rassurer, sachez qu'une telle collision entre galaxies, dans 98% des cas, n'aura aucun impact direct sur notre Soleil. Seules quelques pourcents des étoiles du disque galactique pourraient se voir éjectées dans le halo. L'espace entre étoiles étant en fait tellement vaste, une rencontre de galaxies et plus une interpénétration qu'une collision. Bien évidemment, pour les observateurs du ciel nocturne, dans les centaines de millions d'années précédant la rencontre, ce sera la fête chaque nuit. 


Source

The aftermath of the Great Collision between our Galaxy and the Large Magellanic Cloud 
Marius Cautun, Alis J Deason, Carlos S Frenk, Stuart McAlpine
Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, Volume 483, Issue 2 (21 February 2019)


Illustration

La Grand Nuage de Magellan (ESA)

2 commentaires :

Unknown a dit…

j'adore vraiment

Dr Eric SIMON a dit…

Merci ! N'hésitez à propager la bonne nouvelle autour de vous!...