lundi 21 novembre 2016

Découverte d'un superamas situé derrière notre galaxie


Une équipe internationale vient de révéler la présence d’un superamas de galaxies (un amas d’amas) encore plus imposant que le superamas Shapley, le plus grand connu à proximité de notre superamas Laniakea. Ce superamas de galaxies est très difficile à observer car il se situe dans la zone quasi inaccessible à l’observation qui est située dans le plan de notre galaxie. Ce nouveau venu, du nom de superamas de Vela (les Voiles), est situé à 800 millions d’années-lumière et nous attire vers lui avec une vitesse de 50 km.s-1.




Depuis de nombreuses années, l’étude des mouvements propres du Groupe Local, l’amas de galaxies où se trouve notre Voie Lactée, montre des indices de la présence du très grande masse située derrière notre galaxie, là où nous avons beaucoup de difficultés à observer le ciel, et où la zone du ciel est parfois appelée la « zone de vide », même si on sait qu’elle n’est pas forcément vide. Pour tenter d’en savoir plus sur ce qui se cache dans cette zone, Renée Kraan-Korteweg et ses collègues ont utilisé le SouthAfrican Large Telescope (SALT) de 10 m de Sutherland (Afrique du Sud) et le Anglo-Australian Telescope de 3.9 m de Siding Spring (Australie) pour observer la densité de galaxies juste au-dessus et juste en dessous du plan de notre galaxie, dans la constellation de Vela (des Voiles). Ils y ont mesuré les spectres d’environ 4500 galaxies partiellement obscurcies et confirment la présence d’une forte surdensité de galaxies située à près de 800 millions d’années-lumière. On pensait auparavant que la masse pouvant être responsable du mouvement d’ensemble de notre amas de galaxies était bien représentée par le superamas de Shapley qui est lui distant de 650 millions d’A.L, mais la présence d’un superamas additionnel de plusieurs dizaines d’amas de galaxies à 800 millions d’années-lumière explique peut-être encore mieux les observations dynamiques.

Le superamas de Vela couvre une zone du ciel plus importante que celle de Shapley mais est quasi invisible du fait de la poussière et du gaz de notre galaxie qui obscurcit considérablement la lumière provenant de derrière. Sa masse estimée serait relativement similaire à celle du superamas de Shapley. D’autres mesures ont été en outre effectuées par des astronomes allemands du Max-Planck-Institut für extraterrestrische Physik de Garching, qui co-signent cet article, pour rechercher des traces d’émissions en rayons X en provenance de cette région et leur ont permis d’identifier plusieurs amas de galaxies, confirmant ainsi qu’il y a bien là un superamas de forte densité formant une grande structure.
Il faut maintenant poursuivre des observations toujours plus poussées pour tenter de déterminer quelle est toute l’étendue du superamas de Vela, sa masse exacte, et donc son influence sur son voisinage proche. Pour pallier la difficulté due à l’obscurcissement induit par notre galaxie, des observations en ondes radio sont d’ores et déjà planifiées, notamment à l’aide du nouveau radiotélescope MeerKAT qui devrait enfin permettre une cartographie des galaxies de cette région du ciel. De leur côté, les astronomes du Max Planck Institut vont étendre leurs observations en rayons X à la zone du disque galactique pour détailler leurs premières observations qui indiquaient déjà que le superamas de Vela semblait comme englué dans un vaste réseau de filaments cosmiques, peut-être un indice de l’existence d’une  structure encore à plus grande échelle englobant le superamas de Vela.
Cette étude a été publiée cette semaine dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society: Letters.

Source : 

Discovery of a supercluster in the ZOA in Vela
Renée C. Kraan-Korteweg et al.
Monthly Notices of the Royal Astronomical Society: Letters Volume 464 Issue 1 (January 01, 2017)
http://dx.doi.org/10.1093/mnrasl/slw229

Illustration :

Localisation du superamas de Vela (indiqué par "VSC") de part et d'autre du plan galactique (Thomas Jarrett (UCT))