mercredi 14 juillet 2021

Découverte d'un comportement périodique fenêtré pour le magnétar SGR 1935+2154


Les publications d'études en préprints peuvent avoir un grand intérêt lorsqu'elles donnent des prédictions à court terme, notamment sur un temps inférieur à la durée du processus de publication dans une revue à comité de lecture. C'est le cas de ce travail de Mikhail Denissenya, Bruce Grossan et Eric Linder (Université de Berkeley) qui ont prédit le 19 mars dernier dans le préprint de leur article que le magnétar SGR 1935+2154 allait se réveiller en juin pour une période d'activité de 4 mois. Le magnétar est effectivement redevenu actif le 24 juin avec une nouvelle bouffée de rayons X et gamma suivie par d'autres... et le papier de Denissenya et al. Distinguishing time clustering of astrophysical bursts est paru dans Physical Review D le 6 juillet... 

lundi 12 juillet 2021

Les aurores à rayons X de Jupiter expliquées (en partie)


Depuis 40 ans, des aurores polaires émettrices de rayons X sont observées sur Jupiter sans être pleinement comprises. Mais aujourd'hui, grâce à des observations conjointes effectuées avec le télescope spatial européen XMM-Newton et la sonde américaine Juno, leur origine vient d'être déterminée. Une étude parue dans Science Advances sous le titre Revealing the source of Jupiter’s x-ray auroral flares.

samedi 10 juillet 2021

Une hypernova magnétorotationnelle à l'origine des éléments lourds d'une très vieille étoile


Les fusions d'étoiles à neutrons ont récemment été confirmées comme sites de nucléosynthèse par capture rapide de neutrons (le processus r). Cependant, dans les modèles d'évolution chimique de la Galaxie, les fusions d'étoiles à neutrons ne permettent pas à elles seules de reproduire les profils d'abondance des éléments des étoiles qui sont extrêmement pauvres en métaux. Aujourd'hui, des astrophysiciens, en mesurant la composition d'une très vieille étoile, parviennent à déduire l'existence antérieure d'une hypernova qui est la seule à avoir pu lui fournir ses éléments lourds par le processus r. Ils publient leur étude dans Nature sous le titre r-Process elements from magnetorotational hypernovae.

mercredi 7 juillet 2021

Le méthane d'Encelade compatible avec une origine microbienne


Une étude publiée dans Nature Astronomy par des chercheurs français, Bayesian analysis of Enceladus’s plume data to assess methanogenesis, conclut que les niveaux de méthane qui ont été mesurés par la sonde Cassini dans les panaches aqueux qui jaillissent de l'océan d'Encelade ne peuvent pas être expliqués entièrement par des processus géochimiques connus... Par contre par des processus biochimiques, oui.

mardi 6 juillet 2021

Palomar 5, un amas globulaire disloqué par ses trous noirs


Palomar 5 (Pal 5) est un amas globulaire découvert en 1950. Il se trouve à une distance d'environ 80 000 années-lumière et fait partie des 150 amas globulaires qui gravitent autour de la Voie lactée. Il est âgé de plus de 10 milliards d'années, comme la plupart des autres amas globulaires. Mais il est environ 10 fois moins massif et 5 fois plus étendu qu'un amas globulaire typique et il est en train de se dissoudre. Aujourd'hui, des astronomes démontrent que Pal 5 doit contenir une très grande population de trous noirs, trois fois plus élevée que ce qui était attendu... Ils publient leur étude dans Nature Astronomy.

samedi 3 juillet 2021

L'atmosphère de Titan analysée avec les étoiles d'Orion


Les astronomes ne manquent pas d’idées pour faire des observations intéressantes. La technique de l’occultation d’étoile est bien connue pour analyser l’atmosphère d’une planète par le spectre d’absorption de la lumière d’une étoile lointaine. Mais le 1
er février 2016, une équipe a profité non pas d’une occultation d’étoile mais de trois étoiles parfaitement alignées, pour analyser avec la sonde Cassini l’atmosphère de Titan en profondeur et sur une large zone en latitude. Et ce n'était pas n’importe quelles étoiles : les trois étoiles de la ceinture d’Orion. Ils publient leurs résultats dans la revue de planétologie Icarus, un article qu'ils ont simplement intitulé Titan occultations of Orion’s belt observed with Cassini/UVIS.

jeudi 1 juillet 2021

Découverte de la naine blanche la plus massive, donc la plus petite


Plus une naine blanche est massive, plus elle est petite. Une équipe d’astrophysiciens vient encore de la démontrer en publiant la découverte de la naine blanche la plus petite jamais identifiée, à peine plus grande que la Lune, mais c’est aussi la naine blanche la plus massive connue, avec une masse à peine en dessous de sa limite de stabilité. L’étude est publiée dans Nature sous le titre A highly magnetized and rapidly rotating white dwarf as small as the Moon

mardi 29 juin 2021

Deux fusions trou noir-étoile à neutrons détectées par LIGO/Virgo pour la première fois


Pour la première fois, les interféromètres gravitationnel LIGO et Virgo ont détecté une fusion entre un trou noir et une étoile à neutrons. Et il n'y en pas qu'une seule, il y en a eu deux espacées de 10 jours en janvier 2020. Ça valait le coup de faire un seul article pour parler des deux en même temps. Et c'est la première fois que des fusions mixtes de ce genre sont clairement identifiées par leurs ondes gravitationnelles. Les chercheurs des collaborations LIGO, Virgo et KAGRA publient leurs découvertes dans The Astrophysical Journal Letters sous le titre Observation of Gravitational Waves from Two Neutron Star–Black Hole Coalescences

lundi 28 juin 2021

Identification de la première supernova à effondrement par capture électronique


Si vous suivez assidument Ça Se Passe Là-Haut, vous savez que pour produire une supernova à effondrement de coeur, une étoile doit avoir une masse supérieure à 8 masses solaires. Ce que l'on sait moins en revanche, c'est qu'entre 8 et 10 masses solaires, il ne se passe pas tout à fait la même chose qu'au delà de 10 masses solaires. Entre 8 et 10 masses solaires, il doit arriver ce que les spécialistes appellent une supernova par capture électronique. La première supernova de ce type déterminée avec une quasi certitude vient d'être identifiée par une équipe internationale. Ils publient leur étude dans Nature Astronomy sous le titre The electron-capture origin of supernova 2018zd.

jeudi 24 juin 2021

Les planètes qui peuvent détecter la Terre


En octobre 2020, je vous relatais une étude qui visait à dénombrer les étoiles à partir desquelles la Terre peut être vue en transit devant le Soleil, la méthode la plus efficace à ce jour pour détecter une exoplanète. Aujourd’hui, les mêmes chercheurs approfondissent leur première étude et fournissent une liste exhaustive des étoiles qui ont pu voir ou qui pourront bientôt détecter la Terre par transit, les étoiles qui se trouvent dans la Zone de Transit Terrestre (ETZ, Earth Transit Zone). Et certaines de ces étoiles sont déjà connues pour abriter des planètes. L’étude est parue dans Nature sous le titre Past, present and future stars that can see Earth as a transiting exoplanet.

mercredi 23 juin 2021

La matière noire peut être à l’origine des trous noirs supermassifs


L’une des questions qui taraude les astrophysiciens est l’origine des trous noirs supermassifs. Certains trous noirs de plus de 1 milliard de masses solaires sont observés dans l’Univers à peine âgé de 800 millions d’années. Un grossissement aussi rapide est difficilement conciliable avec ce que l’on connaît. Il faudrait notamment que ces trous noirs grossissent à partir de graines de trous noirs déjà suffisamment massives, mais les mécanismes à même de produire ces graines sont encore très incertains. Aujourd’hui, Wei-Xiang Feng, Hai-Bo Yu, and Yi-Ming Zhong, spécialistes de la matière noire qui interagit avec elle-même (la matière noire de type SIDM) montrent que ce type de matière noire peut grandement faciliter la constitution de graines de trous noirs très massives. Les chercheurs publient leur étude dans The Astrophysical Journal sous le titre Seeding Supermassive Black Holes with Self-interacting Dark Matter: A Unified Scenario with Baryons.

dimanche 20 juin 2021

Le théorème de la surface des trous noirs de Hawking vérifié par les ondes gravitationnelles


Aujourd'hui, l'une des lois les plus célèbres concernant les trous noirs, le théorème de la surface qui a été écrit par Stephen Hawking en 1974, vient d'être  confirmée par les ondes gravitationnelles. Selon ce théorème, la surface des trous noirs ne peut pas diminuer au fil du temps, notamment lorsqu'ils produisent des ondes gravitationnelles. Une étude parue dans Physical Review Letters intitulée Testing the black-hole area law with GW150914.

samedi 19 juin 2021

L'origine des bras spiraux du disque protoplanétaire de Elias 2-27

Depuis des décennies, les astronomes étudient les disques protoplanétaires pour tenter de résoudre les détails de la genèse des planètes. Grâce à ALMA, une équipe a, pour la première fois, observé en détail les structures spiralées du disque protoplanétaire massif d'une jeune étoile, Elias 2-27, située à 378 années-lumière. Teresa Paneque Carreño (Université de Santiago, Chili) et ses collaborateurs publient leurs résultats dans The Astrophysical Journal sous le titre Spiral Arms and a Massive Dust Disk with non-Keplerian Kinematics: Possible Evidence for Gravitational Instability in the Disk of Elias 2-27.

mercredi 16 juin 2021

Bételgeuse : confirmation de son obscurcissement par sa poussière


Une équipe internationale confirme la cause de la forte baisse de luminosité de Bételgeuse durant l'hiver 2019-2020. C'est bien une grosse quantité de poussière que la supergéante rouge a produit et qui a obscurci une grande partie de son hémisphère sud. L'étude intitulée A dusty veil shading Betelgeuse during its Great Dimming est parue aujourd'hui dans Nature.

lundi 14 juin 2021

Observation d'une rotation des filaments cosmiques à très grande échelle


En cartographiant le mouvement des galaxies dans les immenses filaments qui forment la toile cosmique, des astronomes chinois, allemand et estonien, ont découvert que ces longues structures de galaxies et de matière noire tournent à l'échelle de centaines de millions d'années-lumière. Une rotation à des échelles aussi énormes n'a jamais été observée auparavant. Les résultats sont publiés dans Nature Astronomy sous le titre Possible observational evidence for cosmic filament spin.

dimanche 13 juin 2021

Variation du flux de rayons cosmiques galactiques en fonction de l'activité solaire


L'activité magnétique du Soleil influe significativement sur le flux des rayons cosmiques galactiques qui parviennent jusqu'à la Terre (ou la Lune). On vient encore d'en avoir la preuve avec de nouveaux résultats de suivi sur une longue durée, qui montrent un nouveau record de flux de rayons cosmiques en 2020, qui coïncide avec la période d'activité solaire la moins intense observée depuis 60 ans... L'article de l'équipe chinoise est paru dans The Astrophysical Journal Supplement Series sous le titre Variations of the Galactic Cosmic Rays in the Recent Solar Cycles.

jeudi 10 juin 2021

Observation d'une modulation de l'activité des galaxies satellites en fonction de leur position


Une équipe d’astrophysiciens mexicains, allemands et états-uniens viennent de montrer que les galaxies naines satellites qui entourent les grosses galaxies sont différentes selon là où elles se trouvent par rapport à la galaxie principale : celles qui sont situées à l’aplomb du trou noir supermassif de la grosse galaxie fabriquent plus d’étoiles que celles situées au niveau du disque. Une étude publiée cette semaine dans Nature, intitulée Anisotropic satellite galaxy quenching modulated by black hole activity. 

lundi 7 juin 2021

Nouvelles données inédites sur un GRB et nouvelles questions


Le sursaut de rayons gamma GRB 190829A  est l'un des plus proches jamais détectés. L'analyse de l'émission gamma et X rémanente qui a suivi le sursaut durant plusieurs jours a pu être effectuée grâce au détecteur H.E.S.S (High Energy Stereoscopic System), et montre des similarités entre émissions gamma et X qui ne sont pas explicables par les modèles actuels.... Une étude publiée cette semaine dans Science sous le titre Revealing x-ray and gamma ray temporal and spectral similarities in the GRB 190829A afterglow

vendredi 28 mai 2021

8 FRB localisés dans des bras spiraux de galaxies avec une grande résolution


Une équipe américaine a réussi à observer dans le détail les galaxies hôtes de 8 sursauts rapides d'ondes radio (FRB, Fast Radio Bursts) et les ont localisés à moins de 1 seconde d'arc au sein de leur galaxie respective. Les chercheurs peuvent ainsi étudier l'environnement proche des FRB et le comparer avec celui d'autres événements transitoires comme les GRB et les supernovas. Une étude à paraître dans The Astrophysical Journal intitulée A High-Resolution View of Fast Radio Burst Host Environments.

mardi 25 mai 2021

Observation d'une surprenante simultanéité de la formation d'étoiles dans 36 galaxies naines proches


C'est une découverte pour le moins surprenante car tout à fait inattendue : plusieurs dizaines de galaxies naines très éloignées les unes des autres montrent une période d'activité de formation d'étoiles très intense au même moment, alors qu'elles n'ont aucun lien entre elles... une découverte qui remet en question les modèles actuels sur la croissance des galaxies. Une étude parue dans The Astrophysical Journal sous le titre Star Formation Histories from Spectral Energy Distributions and Color–magnitude Diagrams Agree: Evidence for Synchronized Star Formation in Local Volume Dwarf Galaxies over the Past 3 Gyr.

lundi 24 mai 2021

Matière noire (axions) : nouveaux résultats de deux haloscopes

A 8 jours d'intervalle ont été publiés les résultats de deux expériences de recherche des axions, l'expérience sud-coréenne CAPP et l'italienne QUAX-aℽ . Les deux sont fondées sur la même technique de détection mais n'ont pas scanné la même zone de masse de l'axion.  Des études publiées dans Physical Review Letters et Physical Review D sous les titres First Results from an Axion Haloscope at CAPP around 10.7 μeV et Search for invisible axion dark matter of mass ma=43 μeV with the QUAX-aγ experiment.

vendredi 21 mai 2021

Détection d'un 5ème cercle radio "bizarre", un ORC

Le 13 février dernier, je vous relatais dans le numéro 1134 de Ça Se Passe Là-Haut la découverte de quatre objets un peu étranges dans le domaine radio qui forment des cercles quasi parfaits de grande dimension. Ils ont été baptisés ORC (Odd Radio Circles). Aujourd’hui c’est un nouveau spécimen qui vient d’être observé par une équipe à dominante australienne. Une étude publiée dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society sous le titre Discovery of a new extragalactic circular radio source with ASKAP: ORC J0102–2450.

mercredi 19 mai 2021

Rayons cosmiques galactiques : détection d'une bosse dans le spectre des noyaux d'hélium


[ASTROPARTICULES] Dans le précédent épisode, nous parlions des photons gamma ultra-énergétiques qui sont produits par les rayons cosmiques les plus énergétiques que sont les protons, mais il existe aussi des rayons cosmiques de masse plus élevée, constitués de noyaux atomiques de toutes masses, et notamment de noyaux d'hélium qui sont les seconds les plus abondants, loin derrière les protons. La collaboration DAMPE vient de publier ses nouveaux résultats sur la mesure des flux de  noyaux d'hélium du rayonnement cosmique, avec une précision inégalée, une publication dans Physical Review Letters.

lundi 17 mai 2021

Détection de photons gamma de plus de 1 péta-électronvolt


[ASTROPARTICULES] Ils vivent certes sous la coupe d'un régime autoritaire qui généralise la surveillance de masse et qui a réussi à effacer des mémoires les événements de 1989, les chercheurs chinois arrivent tout de même à faire de la très belle science. Une nouvelle preuve en est cette détection des photons gamma les plus énergétiques jamais détectés par l'Homme. C'est en tout 12 nouveaux PeVatrons galactiques qui viennent d'être identifiés. Une étude parue dans Nature. 

samedi 15 mai 2021

Identification d'atomes de plutonium de supernovas dans le fond océanique

[ASTROPHYSIQUE] Il n'aura suffi que de moins de 200 atomes de plutonium-244 extraits d'un échantillon prélevé dans un fond marin sédimentaire, associés à quelques centaines d'atomes de fer-60, deux éléments radioactifs à très longue période, pour mieux contraindre les processus de production des éléments les plus lourds dans les phénomènes astrophysiques. Ils confirment également que des débris de deux explosions de supernova ont atteint la Terre dans les 10 derniers millions d'années. Une étude parue dans Science cette semaine.

mercredi 12 mai 2021

Une solution entrevue pour expliquer les naines blanches ultramassives trop chaudes


Une équipe d'astrophysiciens internationale apporte une solution aux observations inexpliquées au sujet des étoiles naines blanches ultramassives qui apparaissent ne pas se refroidir. Leur composition serait un peu différente de ce que l'on pense généralement. Une étude parue dans Astronomy&Astrophysics.

lundi 10 mai 2021

Nouvelle preuve d'alignement vitesse-axe de rotation pour un pulsar, cette fois en 3D


Des astrophysiciens chinois, américains, allemands et australiens viennent de mettre en évidence pour la première fois l'existence d'un alignement à 3D quasi parfait entre le vecteur vitesse d'un pulsar et son axe de rotation. Jusqu'à présent, une telle corrélation entre vitesse et axe de rotation avait été entrevue, mais seulement à 2 dimensions. Une étude parue dans Nature Astronomy.

samedi 8 mai 2021

Observations de 3 horizons non causals dans le fond diffus cosmologique

[COSMOLOGIE] Un duo de théoriciens espagnols pense avoir trouvé une preuve observationnelle d'une violation du principe cosmologique d'isotropie. Ils montrent l'existence de trois régions distinctes dans le fond diffus cosmologique, trois "horizons", qui ont des paramètres cosmologiques différents. De tels horizons non causals sont prédits par un modèle récent qui fournirait par ailleurs une explication à l'accélération de l'expansion et résoudrait facilement la tension sur le paramètre de Hubble-Lemaître H0. Une étude parue dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.

jeudi 6 mai 2021

SN 2019yvr, la supernova incomprise


SN 2019yvr est une supernova de type Ib qui a explosé en décembre 2019. Mais chose rare, l'étoile qui se trouvait exactement au même endroit avait été observée 2 ans et demi avant. Le problème est que cette étoile, d'après ses caractéristiques, n'aurait jamais dû produire cette supernova... Une étude parue dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.

mardi 4 mai 2021

La Relativité Générale testée en champ fort grâce à la relation I-Love-Q des étoiles à neutrons


Des astrophysiciens viennent d'évaluer pour la première fois des paramètres fondamentaux d'une étoile à neutrons isolée : son moment d'inertie, son moment quadripolaire et son excentricité de surface, grâce à des mesures inédites du rayon et de la masse de l'étoile à neutrons. Ils leur permettent de tester la Relativité Générale en champ fort pour la première fois. Une étude parue dans Physical Review Letters

dimanche 2 mai 2021

Naines blanches : un effet dynamo à l'origine des forts champs magnétiques


Une équipe d'astrophysiciens propose une solution très élégante pour expliquer la grande diversité de la magnétisation des étoiles naines blanches, certaines possédant de très forts champs magnétiques et d'autres pas du tout. Les spécialistes se grattaient la tête depuis très longtemps... L'étude est publiée dans Nature Astronomy.

jeudi 29 avril 2021

Découverte de deux nouvelles galaxies à éruptions X quasi périodiques


Deux nouvelles galaxies produisant des éruptions de rayons X quasi périodiques provenant de leur trou noir central viennent d'être identifiées avec le télescope spatial SRG/eROSITA. On en connaît donc maintenant quatre, et on cherche toujours ardemment l'origine de ces éruptions singulières. Une étude parue dans Nature.

mercredi 28 avril 2021

Vous avez dit anti-étoiles ?


Si il existe des étoiles faites entièrement d'antimatière, peut-on savoir combien il y en aurait autour de nous ? Des astrophysiciens français se sont posé la question et y répondent positivement grâce à des observations. Des sources pouvant être des étoiles émettant des rayons gamma compatibles avec une annihilation de protons/antiprotons ont en effet été observées et permettent d'apporter des informations cruciales. Une étude publiée dans Physical Review D.

mardi 27 avril 2021

Etoiles géantes variables à longue période : un vieux mystère élucidé


Le petit mystère des étoiles géantes variables dites à longue période secondaire vient d'être percé. Le phénomène est resté inexpliqué durant plusieurs décennies... L'étude est parue dans The Astrophysical Journal Letters.

dimanche 25 avril 2021

Des exoplanètes à utiliser comme détecteurs de matière noire


Voilà une idée très intéressante avec un fort potentiel : utiliser les exoplanètes comme des calorimètres pour détecter la matière noire et sa répartition dans notre galaxie ! Il ne suffirait que de mesurer avec précision la température des exoplanètes et observer comment celle-ci évolue en fonction de la position de la planète au sein de la galaxie. Une étude parue dans la prestigieuse Physical Review Letters

samedi 24 avril 2021

Observation d'un pont à flambée d'étoiles entre deux galaxies naines en voie de fusion


Un couple de galaxies naines relativement proches en voie de fusionner révèle une grosse formation d'étoiles induite par leur interaction, de quoi comprendre les processus à l'œuvre dans l'Univers jeune. une étude parue dans The Astrophysical Journal.  

jeudi 22 avril 2021

Le titane confirme le modèle d'explosion des supernovas de type II conduite par les neutrinos


Des traces de titane viennent enfin d'être détectées dans un célèbre résidu de supernova : Cassiopeia A (Cas A), ce qui met en lumière le rôle fondamental des neutrinos dans le processus d'explosion lors du collapse gravitationnel d'une étoile massive. Une étude publiée dans Nature

mardi 20 avril 2021

FRB répétitifs : découverte de sursauts de fréquences plus basses et décalés dans le temps


C'est encore de FRB dont nous allons parler aujourd'hui. L'équipe canadienne de CHIME/FRB, celle-là même qui a découvert le sursaut de FRB 20200428 provenant d'un magnétar dont nous parlions hier, publie aujourd'hui une découverte plus qu'intéressante : la mesure d'un FRB répétitif à la fréquence la plus basse jamais détectée, ainsi qu'une dépendance temporelle entre les différentes fréquences.  Une étude publiée dans The Astrophysical Journal Letters.

lundi 19 avril 2021

Silence radio complet pour le magnétar SGR 1935+2154 après son FRB de 2020


Il y a bientôt un an a eu lieu l'événement sans doute le plus marquant de l'année 2020 en astrophysique : la détection simultanée d'un sursaut rapide d'ondes radio et une éruption de rayons X, toutes les deux provenant de la même source, le magnétar SGR 1935+2154 situé dans notre galaxie. Depuis le 28 avril 2020, de nombreuses observations de ce magnétar se sont poursuivies, mais aucun autre signe de sursaut radio n'a pu être détecté malgré tous les efforts des radioastronomes. Une étude fouillée de ces tentatives est publiée dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.

Le sursaut rapide d'ondes radio (FRB) émis par SGR 1935+2154, le premier observé en provenance de notre galaxie, avait été détecté par deux expériences : CHIME/FRB et STARE2. Sa coïncidence avec une forte éruption de rayons X détectée elle par plusieurs télescopes avait tout de suite soulevé l'enthousiasme dans la communauté astrophysique, on avait enfin une réponse à la question de l'origine des FRB, ou au moins une partie d'entre eux. Très vite, plusieurs équipes ont décidé de poursuivre les observations pendant plusieurs semaines ou mois après le 28 avril 2020. C'est le cas de la vaste équipe de Matthew Bailes (Swinburne University of Technology) qui a suivi le magnétar durant un mois et demi suite à la primo-détection et qui publie aujourd'hui ses résultats de recherche d'une nouvelle activité radio anormale.
Les chercheurs ont utilisé pas moins de six radiotélescopes dans leur quête : Arecibo, Effelsberg, LOFAR et MeerKAT, Mark 2 et Northern Cross. Et comme ils voulaient voir une nouvelle coïncidence sursaut radio/éruption X, ils ont également mobilisé du temps d'observation sur quatre télescopes spatiaux X (les télescopes X sont toujours spatiaux car les rayons X sont absorbés par l'atmosphère) : NuSTAR, HXMT, Swift et NICER sur des périodes en coïncidence avec certaines de leurs observations en radio.
Bailes et ses 61 collaborateurs (!) montrent qu'au cours de leur période de suivi, ils ont observé de multiples éruptions de rayons X issues du magnétar, mais... aucune émission d'ondes radio ponctuelle significative. Pas une seule.
L'image radio fournie par MeerKAT (entre 900 et 1700 MHz) a notamment révélé la présence non loin du magnétar d'un résidu de supernova produisant une émission radio étendue mais aucune source radio ponctuelle persistante ou transitoire à la position du magnétar et des éruptions de rayons X. 
Les chercheurs fixent donc des limites supérieures pour la production de sursauts rapides d'ondes radio par un magnétar. Ces données indiquent que SGR 1935+2154 est atypique à côté des autres étoiles à neutrons connues dans notre galaxie pour ce qui est de l'émission d'ondes radio. C'est donc une information intéressante pour tenter de mieux comprendre le processus physique qui mène à la production de ces sursauts d'ondes radio qui ne durent que quelques millisecondes au maximum. Les données d'avril 2020 n'ont pas permis de savoir par exemple si l'émission radio provenait de la magnétosphère du magnétar ou bien d'un peu plus loin.
Les observations multiples de Bailes et ses collaborateurs leur ont en tous cas permis de produire une nouvelle estimation de distance pour SGR 1935+2154, qui serait situé entre 1500 et 6500 kpc, donc un peu plus près que les estimations antérieures. Ils concluent ainsi que le FRB du 28 avril 2020 était environ 100 fois moins énergétique que le FRB le plus faible qui avait été mesuré auparavant (et non 50 fois comme ce qu'on pensait jusque là).
Le fait de ne détecter aucun pulse radio seul durant toute la période de suivi, selon les chercheurs, indique que les sursauts isolés doivent être rares, ou bien que ces sursauts doivent être produits en groupes, ou les deux. Le "silence radio" du magnétar SGR 1935+2154 durant près de deux mois à la suite de son FRB, malgré la poursuite de ses éruptions de rayons X, semble indiquer qu'il aurait une très faible efficacité de production de rayonnement radio. Pour les astrophysiciens, cette source d'ondes radio serait donc extrêmement variable et même plus que les autres magnétars connus dans notre galaxie qui sont déjà assez variables. 
L'analyse des astrophysiciens confirme donc un modèle de magnétar dans lequel les éruptions X ne sont pas nécessairement associées à des rayonnements radio, ce qui pourrait avoir une origine géométrique. Mais c'est aussi peut-être lié au fait que l'éruption X du 28 avril 2020 était différente des autres éruptions X du magnétar (antérieures et postérieures), comme l'a montré une autre étude récente...

Les chercheurs se posent pour finir la question de savoir si le résidu de supernova qui se trouve à proximité du magnétar lui serait lié (c'est très probable mais cela reste à démontrer). Comme certains modèles de FRB impliquent des magnétars "jeunes", il serait logique de voir encore le résidu de supernova qui en aurait été à l'origine. Faire le lien entre le magnétar SGR 1935+2154 et le SNR G57.2+00.8 serait donc une grande avancée selon Bailes et ses collaborateurs. Outre cette étude complémentaire à mener, la grande collaboration internationale propose bien sûr aussi de suivre du plus près possible tous les magnétars de notre galaxie en multi-longueurs d'ondes, ondes radio et rayons X en premier lieu, seule façon de comprendre la physique des FRB.

Source

Multi-frequency observations of SGR J1935+2154
Matthew Bailes et al.
Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, Volume 503, Issue 4, (June 2021) 


Illustration

Image en ondes radio obtenue avec MeerKAT de la région entourant le magnétar SGR J1935+2154 (Bailes et al.)

samedi 17 avril 2021

Que se passerait-il si un trou noir traversait le système solaire ?


Deux astrophysiciens se sont posé très sérieusement la question : que se passerait-il si un trou noir ou bien une étoile à neutrons traversaient le système solaire ? Quel serait leur impact sur les planètes ? La réponse troublante de cette étude est publiée dans Astronomy&Astrophysics.

vendredi 16 avril 2021

Nébuleuse du Crabe : augmentation du flux de rayons X en coïncidence avec les pulses radio géants


Une équipe internationale vient de découvrir que les pulses géants d'ondes radio provenant du pulsar de la nébuleuse du Crabe coïncident avec une augmentation significative de son émission de rayons X, qui indique l'existence d'un mécanisme sous-jacent produisant des rayonnements dans tous le spectre électromagnétique. Une étude publiée dans Science.

mercredi 14 avril 2021

Découverte d'un trou de 3 masses solaires à 1500 années-lumière


Une équipe d'astrophysiciens vient de publier la découverte d'un des trous noirs les plus proches de nous connu à ce jour. Situé à 460 parsecs (1500 années-lumière), il a une masse de seulement 3 masses solaires, un cas rare. Une étude à paraître dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.

mardi 13 avril 2021

Trois naines brunes en rotation très rapide


Des observations en infra-rouge avec le télescope spatial Spitzer et des télescopes terrestres dévoilent des naines brunes en rotation très rapide : jusqu'à 107 km/s au niveau de l'équateur : 10 fois plus que notre Jupiter, pour des objets de taille similaire mais dont la masse est entre 40 et 65 fois plus élevée. Une étude à paraître dans The Astronomical Journal.

dimanche 11 avril 2021

5200 tonnes de matière extraterrestre tombent sur Terre chaque année


Entre 3700 et 6400 tonnes de poussière extraterrestre, c'est la quantité qui atteint le sol de la Terre chaque année! Cette évaluation a été faite par des chercheurs français, états-uniens et britannique grâce à la collecte de micrométéorites dans la glace Antarctique de la station Concordia. Une étude publiée dans Earth and Planetary Science Letters.

vendredi 9 avril 2021

L'Anneau du Lion trouve une explication après 38 ans


En 1983, le jeune astrophysicien Stephen Scheider et ses collaborateurs ont fait une découverte fortuite dans la constellation du Lion avec le radiotélescope d'Arecibo : un énorme nuage d'hydrogène froid 6 fois plus grand que la Voie Lactée, qui fut ensuite appelé l'"anneau du Lion" de par sa forme. Après 38 ans d'observations multiples à la recherche de l'origine de ce nuage étonnant, une équipe utilisant l'instrument MUSE du VLT vient de donner une réponse définitive sur l'origine de l'anneau du Lion. Une étude publiée dans The Astrophysical Journal Letters.

mercredi 7 avril 2021

Annonce des résultats de Muon g-2 : Confirmation de l'écart avec le modèle standard (ou pas)!

Ce 7 avril 2021, la collaboration Muon g-2 a annoncé ses premiers résultats très attendus par de nombreux physiciens depuis 2004. Après avoir présenté les aspects théoriques ainsi que la complexité de la mesure expérimentale qui nécessite d'effectuer une série de corrections très fines et de réduire drastiquement les effets systématiques qui peuvent introduire des biais dans la mesure, le porte-parole de Muon g-2 a fini par dévoiler la valeur obtenue pour le paramètre aµ

mardi 6 avril 2021

Découverte d'une émission gamma diffuse de PeVatrons dans le disque galactique


Il y a un peu plus d'un mois, je vous relatais la détection d'un PeVatron (un accélerateur de rayons cosmiques) dans un résidu de supernova par le détecteur gamma Tibet ASγ. Deux semaines plus tard, c'était dans un cocon d'étoiles qu'un autre PeVatron semblait avoir été découvert par l'expérience HAWK. Aujourd'hui, la collaboration sino-japonaise de Tibet ASγ publie une nouvelle étude, cette fois-ci dans Physical Review Letters, pour annoncer la détection d'une émission diffuse de rayons gamma énergétiques, dans tout le disque galactique, révélant la présence de rayons cosmiques très énergétiques un peu partout dans notre galaxie, et indiquant le présence de nombreux PeVatrons.

samedi 3 avril 2021

Des marées sur les trous noirs


Les astrophysiciens Alexandre Le Tiec (Observatoire de Paris) et Marc Casals (Brazilian Center for Research in Physics) ont trouvé le titre parfait pour leur nouvelle publication : Spinning Black Holes fall in Love. Tout un programme... Ils y parlent de la déformabilité des trous noirs par effets de marée gravitationnelle, une déformabilité qui est caractérisée par ce qu'on appelle le nombre de Love, du nom du mathématicien britannique Augustus Love... Une étude parue dans Physical Review Letters.

jeudi 1 avril 2021

Uranus émet des rayons X elle aussi


Uranus émet des rayons X ! Une équipe d'astronomes internationale vient d'annoncer la détection pour la première fois de rayons X en provenance de la géante glacée grâce à des observations du télescope Chandra. Une étude publiée dans Journal of Geophysical Research.

mardi 30 mars 2021

Découverte d'un sursaut gamma qui a subi une lentille gravitationnelle par un trou noir massif


Une étude australienne publiée dans Nature Astronomy vient de trouver dans les archives un sursaut gamma qui a subi une distorsion par une lentille gravitationnelle, et celle-ci est très probablement un trou noir de plusieurs dizaines de milliers de masses solaires, un trou noir de masse intermédiaire...