29/03/2011

Waouh !

Bon, voilà, il fallait bien y arriver. C'est un autre monde. Le monde du grand champ, le monde du piqué, le monde du contraste, le monde de la luminosité, le monde de Nagler! (many thanks Al !)
C'est donc avec empressement qu'hier soir, profitant d'éclaircies aussi inattendues que magnifiques, les nuages ayant totalement disparus, tout en conservant une température supérieure à 10° et un vent très faible, que je sortis fébrilement dobby du garage, direction banquette arrière, accompagné de ces deux jolies boîtes pleines de papier bulle renfermant ces ...oculaires, oui, ces cailloux, ces bijoux, ces trucs qui coûtent si cher, qui sont garantis 5 ans, qui devraient me tenir compagnie au moins le triple de temps...
Je parle bien du trop célèbre Nagler 13 mm et du moins célèbre Nagler 3.5 mm, le premier étant polyvalent pour tout ce qui touche à la profondeur du ciel, le second étant réservé exclusivement à mon amie Saturne, voire son acolyte Jovien, mais je prèterai volontiers à Sélène si elle ne bouge pas trop, ce que rien ne présage...
Côté chiffres, rappelons que ça donne dans le 82° de champ apparent, pour des grossissements de respectivement 92 et 343 fois et donc des champs de vue de 0.89° et 0.24°...
C'est en faisant ces règles de trois que j'arrive à mon spot devenu mon spot favori,  quelque part dans la colline entre Pertuis, la Bastidonne et la Durance. Arrivée précoce vers 20h30.

Le vent souffle très légèrement, quelques petits nuages sont visibles, mais disparaitront très vite. Mise en température, acclimatation des bâtonnets...
Il doit être pas loin de 21h (heure locale) quand je me tourne vers ce qui sera la première lumière de ce Nag13 : M42. Il fallait bien ça pour une first light. Premier Waouh! Y'a pas à dire, y'a une légère ressemblance avec ce que j'avais pris l'habitude de voir, mais quel piqué! Quelle contraste, quelle beauté!..
Un peu plus tard, je pointe vers des objets déjà vus au Plössl, de manière à pouvoir comparer le comparable.
Avant qu'il ne soit trop tard, je pivote vers les Pléiades (M45), waouh! On ne s'en lassera jamais, en fait...
C'est donc vers Ursa Major que je pivote ensuite mon rocker... Et pour une deuxième gourmandise, on choisit du lourd, M51, par exemple (je sais, M51 n'est pas dans UMa, je sais, mais pour moi si). Cette fois-ci, je n'erre plus, fini la rigolade, je trouve assez vite, et d'autant plus vite que... on voit tout de suite ce génial tourbillon, et je suis maintenant sûr que j'aperçois des spirales, mon cerveau ne me joue pas des tours, je vois des spirales avec un 254 mm (et un Nag13) ! C'est fascinant, ce double enroulement... ces centaines de milliards d'étoiles en un clin d'oeil...
Et puis on enchaine de plus belle, le Nag13 ne sort plus du porte-oculaire, ou si peu, direction M63 toujours dans Canes Venatici (les chiens de chasse), waouh, joli spectacle même sans trop de détails. On remonte vers l'Ourse, M109, waouh, tellement facile à dénicher désormais.
Cap à l'Ouest, on va jeter un oeil sur M101, waouh, noyau bien visible, mais difficile de vraiment voir des bras, même en décalé...
On remonte maintenant en traversant la casserole, direction Merak. M108... waouh... Tant que j'étais là, j'aurais pu vérifier que la nébuleuse M97 répondait présente, mais elle m'est sortie de la tête, à cause de Saturne qui commençait à narguer l'amateur sérieusement (et narguer le nag3.5!), il devait être dans les 23h00(et je travaille le lendemain quand même...)
C'est donc une nouvelle rotation dobsonienne est un pointage sur le guerrier mythologique... D'abord au 13mm, pour voir... Quel piqué, la vache! Waouh! Mais Saturne est trop lumineux!... Passons aux choses sérieuses, le 3.5mm, grossissement 343, accrochons les ceintures (de Van Hallen)... Waouh! Mazette, mais la turbulence n'est même pas si forte que je ne pouvais le craindre, Saturne et beau, fuyant.., mais beau. Mais fuyant. Mais beau... OK, la Terre tourne vite quand on accélère 343 fois... Même avec 82° de champ... Je compte, j'ai des périodes de joie de 25 secondes, le temps de traversée du dieu Guerrier du haut en haut au bas à droite du cailloux... on bouge, on fixe, on regarde, on bouge, on fixe, on scrute, on bouge, on fixe, on admire, on bouge, on fixe, on est heureux.
J'ai quand même la petite déception de ne pas distinguer la division de Cassini, c'est curieux, je devrais la voir, pourtant. Comme je ne perçois pas l'ombre de l'anneau alors que je m'attendrais à voir un petit quelque chose, mais cette lumière!... Il est vraiment lumineux ce globe tout rond qui flotte au milieu de ses anneaux dans un vide noir, juste entouré de serviteurs dévoués...
Avant de finir cette petite soirée, je vais regarder mon ami mexicain M104, qui se trouve encore dans les parages de la planète aux anneaux, et je crois entendre "Waouh!" dans la nuit de la colline... Magnifique! Je vois assez nettement la bande sombre si caractéristique, waouh, ai-je dit...
Il va être temps de plier bagage, mais quand même, je voulais vérifier ce que donne un grand amas ouvert, comme ça vite fait (on verra pour les globulaires une autre fois), je tourne donc vers la Ruche (Praesepe), numéro 44 chez Messier... WAOUH!...
Allez, faut rentrer, demain réveil à 6h30, c'est à dire dans 6h...
Petite conclusion en rangeant le matos : les plössls fournis par SkyWatcher sont, comment dire... moyens... surtout le 10 mm...

Qualité du ciel :
transparence : très bonne (mvlon supérieure à 6 : 4 étoiles visibles dans UMa))
turbulence : pas trop mauvaise (le disque d'Airy danse un peu sur Polaris à G=1.43D)

Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm filtres Moon et OIII