08/05/2014

Nous N'Irons Jamais Explorer Une Exoplanète

Désolé de vous décevoir, mais nous n'irons jamais voir une exoplanète de près, jamais! C'est notamment la raison pour laquelle l'existence de milliards d'exoplanètes ne m'émeut guère. Et ça explique aussi entre autres pour quelle raison nous n'avons jamais reçu la visite d'aliens depuis que l'écriture existe ici-bas. Vous pourrez me rétorquer qu'il ne faut jamais dire "jamais". Vous avez raison, mais là, tout de même... Tentons donc une petite démonstration.



Prenons le cas d'une exoplanète qui serait très intéressante au vu de ces caractéristiques et qui serait située très près de nous, disons à 10 années-lumière. Imaginons que l'on souhaite aller l'explorer.

C'est loin...
10 années-lumière. Tout le problème est là. A l'échelle de la galaxie, cette distance est ridicule, la Voie Lactée faisant environ 200 000 années-lumière de large.
Mais pour nous, c'est loin, 10 années-lumière, très loin. Beaucoup trop loin pour une espèce comme la nôtre.
On peut rappeler qu'une année-lumière fait environ 9000 milliards de kilomètres. Un bon repère de ce que nous parvenons à produire de mieux en termes de voyages spatiaux est le programme des sondes Voyager. Voyager 1 vient tout juste l'année dernière de quitter le système solaire, au bout de 37 ans de voyage. Elle se trouve aujourd'hui à une distance de 0,0019 année-lumière de la Terre, en 37 ans...

Pour parcourir les 10 années-lumière de notre cas de figure, une sonde du même type devrait ainsi voyager durant 195 000 ans. 
Mais, allez, soyons optimistes envers les progrès techniques, imaginons que nous parvenions à créer des sondes qui peuvent aller 10 fois plus vite! Le voyage ne durerait donc alors plus qu'un peu moins de 20000 ans.


De l'énergie pendant longtemps
Mais au fait, vous imaginiez quoi ? Une mission de robot, ou bien une mission habitée ? C'est très différent. Mais dans les deux cas, il faut pouvoir transmettre des informations à la Terre, le but est tout de même d'explorer et de transmettre ce que l'on découvre à l'humanité. Il est donc nécessaire d'utiliser de l'énergie, et de pouvoir envoyer et recevoir des signaux électromagnétiques.
RTG au Pu-238 de Cassini (NASA)
Je ne vous cache pas que les panneaux solaires fonctionnent encore jusque Mars mais au-delà ça devient vite problématique. La luminosité du Soleil devient bien trop faible pour être utilisée et c'est une autre source d'énergie qu'il faudra utiliser. Aujourd'hui, toutes les sondes partant au loin comme les Voyager, Cassini ou autre New Horizons utilisent des générateurs thermo-électriques à base de plutonium, qui fournit naturellement de la chaleur par sa désintégration radioactive. Mais comme tous les corps radioactifs, il possède une période de décroissance déterminée et on considère que la radioactivité a totalement disparue au bout de 10 fois la période de l'isotope. Cette période vaut 86 ans pour le Plutonium 238. Au bout de 860 ans, on n'a donc plus d'énergie. Il faudra trouver encore une autre source d'énergie pour tenir 20000 ans.
Mais bon, imaginons que l'esprit humain du futur saura inventer l'énergie absolue, un réacteur à fusion nucléaire miniaturisé qui tient dans une sonde et lançons notre robot vers cette exoplanète qui nous semble pouvoir abriter la vie...
Nous sommes en 2314. La fusée part. La sonde, judicieusement baptisée New Earth voyage durant 20000 ans en ligne droite droit vers Kepler-5267b, qui est notre cible. Rappelons qu'elle va 10 fois plus vite que ce qu'on sait faire et qu'elle embarque un réacteur à fusion nucléaire miniaturisé, dont la version grosse comme un immeuble n'existera même pas en 2050.

Pour tout savoir sur cette attrayante exoplanète, nous devons écouter la sonde quand elle arrivera sur place, 20000 ans plus tard. Mais avant qu'elle arrive sur place, il faut qu'elle "freine", et la meilleure façon de faire, c'est d'utiliser les rebonds gravitationnels, comme ce que l'on fait couramment avec toutes nos sondes d'exploration du système solaire.  Mais pour bien faire les choses, il faut connaître au moins aussi bien le système de Kepler-5267b que notre propre système solaire, de manière à pouvoir calculer très précisément la trajectoire à emprunter et le moment à la minute voire à la seconde près.
Admettons que nos futurs astronomes soient des astromètres hors-pairs et parviennent à tout connaître sur le système de Kepler-5267 pourtant situé à 10 années-lumières, et qu'ils parviennent à calculer très précisément tout ça. 

Transmettre dans le temps
Mais que ce passera-t-il durant les 20000 ans qui vont s'écouler entre le lancement de New Earth et son arrivée autour de Kepler-5267b ? Comment conserver et transmettre l'information dans le temps ?, comment faire comprendre aux scientifiques du futur qu'ils doivent écouter la sonde New Earth à partir d'un certain jour à 20000 ans d'intervalle ?
Ecouter la sonde. La puissance de notre réacteur à fusion nucléaire miniaturisé ne sera tout de même pas fantastisque, et il est fort à parier qu'à 10 années-lumière de distance, le signal sera très très faible. La technologie dans 20000 ans aura peut-être même rendue impossible la détection de ce signal en occupant toutes les bandes électromagnétiques. Ou seulement à cause de la température de l'atmosphère (mais c'est une autre histoire).

Le petit soucis de la transmission sera également que le signal mettra 10 ans à transiter entre la sonde et la Terre. Il n'y a donc pas d'interactivité possible. 
Le transfert d'information ne devrait se faire que dans le sens sonde-Terre. Reste aux hommes du futur lointain à décoder l'information selon les éléments qu'ils auront conservé durant 20000 ans... Il faut penser aux informations que nous ont transmises les hommes de Néandertal pour s'imaginer la situation. 


Des hommes irradiés ou des robots  obsolètes
Je vois déjà les plus hardis d'entre vous se dire : mais si c'est si compliqué, pourquoi ne pas envoyer des hommes ? Bien sûr. Envoyons des hommes, et des femmes, car il en faudra. Il faudra en fait une très grande population, et pas seulement un petit équipage bien entendu. 20 000 ans c'est 700 générations. Une sorte d'arche de Noé, où il faudra faire vivre des centaines de personnes durant 200 siècles, confrontés à de multiples mutations génétiques provoqués par le rayonnement cosmique incessant, sans possibilités de créer par eux-mêmes le progrès scientifique et technique nécessaire à leur évolution. Oublions...
Passons à la cryogénisation des corps. Il ne reste plus que ça. Il faut dormir pendant 20000 ans. Et surtout il faut que le système de cryogénisation tienne le coup pendant tout ce temps, et par exemple que notre réacteur à fusion ne vienne pas à bout de son deutérium et de son tritium. Hum. Ce qu'il y a, c'est qu'au moment du lancement, les réacteurs à fusion n'existeront que depuis 250 ans à peine, on ne les aura jamais testé sur des périodes plus longues. Idem pour les systèmes à cryogénisation. Pour tenir 20000 ans, c'est chaud. En plus, ça ne marche que dans les films, la cryogénisation, mais bon, imaginons qu'en 2314 cela fonctionne. 
2001, L'Odysée de l'Espace, S. Kubrick

Nos astronautes se réveillent à l'approche de Kepler-5267b, réveillés par l'ordinateur de bord, qui n'a pas planté durant 20000 ans, bien sûr. Leur corps a subi les dégâts des rayonnements cosmiques durant tout le trajet. Le froid cryogénique à endormi l'activité réplicatrice de leurs cellules mais leur ADN n'en est pas moins complètement détruit par les rayons cosmiques. Dès leur réveil, leur organisme se remet en route mais il fait n'importe quoi, leur durée de vie est de fait très limitée. Et ils sont de plus livrés à eux-mêmes, toute discussion avec la Terre étant impossible pour les mêmes raisons dites précédemment. Admettons qu'ils découvrent une planète extraordinaire, habitable, géniale et tout et tout, voire habitée... Ils envoient donc toutes les informations recueillies vers la Terre pour terminer leur mission. Mais les hommes sur Terre ne sont plus les mêmes qu'eux. La probabilité qu'ils ne les aient pas oublié durant tout ce temps est assez faible, ce qui fait de cette mission une mission non seulement suicidaire mais aussi  assez vaine... 

Jamais pour nous, jamais pour eux...
Notre exemple concernait une planète fictive située à 10 années-lumière et un vaisseau allant 10 fois plus vite que ce qu'on sait faire. 
L'exoplanète le plus prometteuse aujourd'hui Kepler-186f se trouve non pas à 10 années-lumière, mais à 500 années-lumière. Il faut donc multiplier par 50 les durées évoquées ci-dessus. En imaginant encore de plus grandes prouesses technologiques avec une vitesse du vaisseau encore multipliée par 10, soyons fous, la durée pour atteindre Kepler-186f par un robot ou des hommes congelés serait de 100 000 ans.
Quel dirigeant ou organisme parviendrait à trouver le financement pour un projet de ce type ? Jamais cela ne peut voir le jour, jamais...

Et si vous vous demandez pourquoi nous n'avons jamais eu la visite de créatures extra-terrestres, vous avez je l'espère un début de réponse. Il est probable que les extra-terrestres intelligents même les plus évolués et même immensément riches ne soient au final pas suicidaires...

Vos commentaires sont les bienvenus, comme toujours!

34 commentaires :

Philippe Guglielmetti a dit…

"Jamais", c'est dans combien de temps pour vous ? ;-)
Effectivement, le voyage interstellaire me semble inenvisageable avant quelques siècles, disons avant que vous atteignons le niveau 1 de Kardashev ( https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chelle_de_Kardashev )

Mais on a tout de même déjà quelques idées sur comment faire des moteurs fournissant une poussée continue jusqu'à atteindre quelques pourcents de la vitesse de la lumière, voire des vitesses relativistes pour des sondes minuscules. Le problème est plutôt la source d'énergie. Il faudrait probablement emporter une quantité appréciable d'antimatière à produire avant le départ... Sinon, il y a toujours le voyage "lent" dans un astéroïde creux, mis en rotation, accéléré par assistance gravitationnelle puis moteurs à fusion.

Quelques réflexions et liens dans http://www.drgoulu.com/2007/12/16/arche-interstellaire-et-moteurs-a-antimatiere/

Personnellement je pense que c'est effectivement surtout un problème de "financement". La seule justification que je voie à un tel projet est la menace de l'extinction de l'espèce humaine. Si on savait la Terre condamnée dans un siècle, les milliardaires réserveraient des places pour leurs petits enfants à 1 milliard d'Euros la place dès aujourd'hui...

PhJulien a dit…

Article très intéressant merci.

Quelques questions (très naïve) cependant:
- Pourquoi se limiter à une augmentation de la vitesse d'un facteur 10? Pure spéculation ou il y a un motivation précise? Si l'on admet que la technologie permet des bonds plus importants, quels seraient les facteurs empêchant de se rapprocher de la vitesse de la lumière?
- Concernant les rayons cosmiques j'ai conscience que c'est un problème très sérieux (notamment sur Mars) mais est il possible d'envisager une manière de s'en protéger (un écran solaire indice 2000 =)) ou bien leur nature rend it la chose compliquée.
- "même les plus évolués et même immensément riches" les plus évolués n'en ont peut être que faire de la richesse (et de nous). =)

Encore merci pour l'article en tout cas. Ca serait marrant que quelqu'un se lance dans un article défendant la thèse opposée, quitte à utiliser pas mal de mauvaise foi.

Dr Eric SIMON a dit…

Merci Philippe pour ces liens.
Peut-être que les milliardaires voulant s'échapper d'une Terre condamnée choisiraient une autre échappatoire plus proche... (Mars, la Lune, ou le fond des océans...)
C'est bien d'accélerer jusqu'à des vitesses relativistes, mais après il faut décélérer!... Dans ton article, on voit des projets fondés sur l'utilisation d'antimatière qui paraissent quelque peu farfelus... Par exemple, ce n'est pas parce qu'on fait de l'annihilation de paires particules/antiparticules en produisant des photons gamma que l'on va produire une quantité de mouvement sur le vaisseau en "éjectant" les gamma : l'annihilation produit 2 photons émis à 180°, dans des directions aléatoires à chaque annihilation...

Anonyme a dit…

Bonjour,
Dans quelques siècle, les hommes seront sans doute des cerveaux incorporés dans des corps robotiques. Ce ne seront plus les hommes qui seront les plus intelligents, mais l'intelligence artificielle qui aura depuis longtemps dépasser l'intelligence humaine. Il n'y aura pas de problème de financement, car les robots fabriqueront des robots qui feront tout pour les hommes qui seront tous à la retraite.

Il faut surtout espérer que les hommes ordonnent aux robots de faire tout ce qu'il faut pour rendre les humains heureux et que pour y arriver, les robots renversent tous les gouvernements pour rendre un service égal pour tous les humains.

L'amélioration exponentielle de l'intelligence artificielle pourra nous apporter des solutions techniques que l'on ne peut imaginer aujourd'hui.

Voir cet excellent article :
Les extraterrestres sont parmi nous ! (…c’est l’hypothèse la plus probable)
http://sciencetonnante.wordpress.com/2014/05/05/les-extraterrestres-sont-parmis-nous-cest-lhypothese-la-plus-probable/

Dr Eric SIMON a dit…

J'ai considéré un premier facteur 10, puis à nouveau un autre facteur 10 par rapport à la vitesse de Voyager 1, ce qui fait tout de même un facteur 100 par rapport à ce que l'on fait aujourd'hui. Cela me paraît déjà important. Après, évidemment, il faudrait essayer d'atteindre la vitesse la plus élevée possible, mais rappelons que la masse augmente avec la vitesse (effet relativiste) : il faut apporter toujours plus d'énergie pour produire la même accélération quand la vitesse augmente.
Pour les rayons cosmiques, malheureusement, en dehors du système solaire, ils sont composés surtout de noyaux lourds de plusieurs GeV ou dizaines de GeV. On ne peut rien faire pour s'en protéger, utiliser des écrans de plomb par exemple aggrave les choses car les noyaux vont produire des gerbes de particules secondaires dans le plomb... C'est vraiment un point essentiel pour les voyages interstellaires. Et tous les aliens du monde sont confrontés à la même problématique ;-)

AB a dit…

D'abord merci pour votre blog que j'aime consulter régulièrement. Détaillé, précis, j'y trouve souvent du plaisir à lire les dernières nouvelles de "là-haut" ! J'ai beaucoup apprécié votre démonstration de l'impossibilité d'aller visiter une exoplanète. Cependant je pense que votre analyse souffre d'un manque d'imagination. En effet, il y a 20000 ans, le plus brillant blogueur Néandertalien n'imaginait sûrement pas le milliardième des connaissances que nous possédons à présent. S'il est complètement vrai que "nous", hommes du XXIeme siècle, n'irons jamais visiter une exoplanète, nous ne pouvons pas prédire de quoi seront capables les hommes de après-après-après demain, s'il en existe encore. Finalement, votre meilleur argument pour dire que d'aller visiter une exoplanète, ce n'est pas possible, c'est qu'effectivement, à ma connaissance, aucun engin extraterrestre n'est encore parvenu sur la notre. Mais peut être des sondes sont-elles en route pour notre planète ? Attendons de voir...

Dr Eric SIMON a dit…

Là, on ne parle plus d'Humanité... Cette vision est totalement apocalyptique.

Dr Eric SIMON a dit…

Merci de votre fidélité!
On entrevoit un peu ce qui peut exister dans 200 ans, mais plus de 1000 ans, c'est vrai que cela défie l'imagination. Ce décalage "culturel" temporel est aussi le gros problème des voyages lointains à vitesse forcément limitée.

Anonyme a dit…

Bonjour,

Je ne pense pas que cette vision soit apocalyptique (hormis si quelques personnes arrivent à ordonner aux robots de leur permettre de régner sur la planète).

Je dirais plutôt que c'est une vision réaliste.
Voir cet excellent interview de Laurent Alexandre sur l'homme qui vivra 1000 ans et le transhumanisme :
http://www.boursorama.com/actualites/dnavision-veut-decoder-l-integrale-du-programme-genetique-laurent-alexandre-dans-gmb--26-02-f860f41da5bd3a07fe651bed161fb3bc?num=f860f41da5bd3a07fe651bed161fb3bc

Un corps robotique sera bien plus performant que le corps humain et on pourra lui donner toutes les sensations de toucher, odorat, etc du corps humain, mais avec une efficacité plus importante. Ce serait trop inefficace de s'en priver. Le risque étant alors d'être surclassé par les autres...

L'intelligence artificielle devrait arriver au niveau de l'intelligence humaine assez rapidement. Il faut se faire une raison et changer sa manière de penser.

De plus en plus de scientifiques s'interrogent sur les conséquences éthiques et sur ses dangers. C'est sûr, il ne faut pas que le pouvoir de l'intelligence artificielle tombe entre de mauvaises mains...

maison a dit…

Merci pour cet article, réaliste de nos jour, mais dans 10 - 50 - 100 ans l'Homme trouvera un moyen d'aller plus vite ... ce sera surement des robots ou des sondes qui tenteront le voyage, l'humain étant trop fragile ! J'ai lu un projet de "voile électrique solaire géante" qui utiliserait les rayons cosmique. Si on peut atteindre 20/30% de la vitesse de la lumière, les effets relativistes deviendront problématiques ! (les jumeaux de Langevin) des millions d'années de seront écoulés sur Terre ??

Anonyme a dit…

Bonjour, je découvre votre blog à travers cet excellent billet. Je n'ai aucune qualification pour en discuter le contenu, mais par contre, je crois détecter une erreur économique dans le raisonnement ci-dessus concernant la "fuite des milliardaires".
Sauf attaque extérieure, la "menace d'une extinction humaine" correspond logiquement à une disparition des ressources nécessaires à sa survie. Le financement de l'opération n'en deviendrait que plus difficile. En termes économiques, la raréfaction de ces ressources entraînera logiquement un renchérissement de celles-ci et les milliards des milliardaires ne leur suffiront donc plus pour s'enfuir. Il faut au contraire une période d'hyper-abondance pour qu'on puisse se permettre de "gaspiller" (ou investir, au choix) autant de ressources dans un projet de tourisme inter-planétaire.

Dr Eric SIMON a dit…

c'est apocalyptique dans le sens où si une intelligence artificielle devient "supérieure" en tous points à la nôtre, les machines n'auront que faire de nous, et pire, rien ne les empêcherait de nous transformer en esclaves. Si les robots se construisent eux-mêmes, pourquoi seraient ils naturellement bienveillants ?
Si c'était une "évolution" logique de la vie intelligente, cela signifierait que l'Univers serait peuplé de telles civilisations artificielles.

Dr Eric SIMON a dit…

Lorsque l'on se déplace à des vitesses relativistes, le temps propre de l'astronaute s'écoule plus lentement par rapport à celui de la Terre. Lorsqu'il s'écoule par exemple 100 ans sur Terre, l'astronaute qui revient de son voyage (50 ans aller, 50 ans retour) n'aurait vieilli que de 10 ans par exemple (au lieu de 100). Mais ces effets apparaissent pour des vitesses vraiment très très grandes, même plus que 0,3c.
Pour faire avancer une voile solaire, il faut justement être proche d'une étoile pour profiter de son vent solaire (des protons). Dans le cas d'un voyage interstellaire, les rayons cosmiques galactiques risquent fort de n'être pas assez nombreux (juste assez pour irradier les cellules de nos explorateurs).

Philippe Guglielmetti a dit…

@Anonyme : il y a encore l'extinction massive naturelle (météorite, supervolcan , ...) qui a déjà fait ses preuves par le passé. A part ça, les ressources permettant la vie sur Terre (dont le prix va augmenter) ne sont pas les mêmes que celles nécessaires au voyage (dont le coût va baisser). D'ailleurs, pour économiser le coût astronomique d'un lancement depuis la Terre, on aurait avantage à construire une arche directement dans l'espace avec la matière d'astéroïdes, l'eau de comètes, et l'Helium-3 ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Hélium_3 ) de la Lune pour la source d'énergie. Et en fait, pour votre information, tout celci a déjà commencé : http://www.planetaryresources.com/ , financé par les fondateurs de Google ...

@Eric : effectivement le problème au plus court terme est de trouver le moyen de survivre longtemps hors de notre planète. Dans "Voyage dans le futur" (https://www.goodreads.com/book/show/4022976-voyages-dans-le-futur), Nikos Prantzos pose à ce propos une question que je trouve intéressante : si on y arrive, pourquoi redescendre dans le puits gravitationnel d'une planète dont il est si difficile de sortir ?

Effectivement, avec l'anti-matière il reste "quelques" problèmes à résoudre ... Alors faisons déjà un petit moteur à fusion pour commencer ;-)

Philippe Guglielmetti a dit…

ma petite nouvelle "Accélération" vous plaira peut-être : http://www.drgoulu.com/2004/08/09/acceleration/ . Elle est basée sur un calcul de ce qui arriverait en accélérant à 1G sur sur la moitié d'un parcours de 10 années lumière puis en décélérant d'autant sur la 2ème moitié. J'ai essayé d'intégrer un calcul de l'énergie nécessaire, mais les nombres manipulables par Excel sont lamentablement limités à 9.99999999999999E+307 ....

Philippe Guglielmetti a dit…

Oui, le blindage est un vrai problème ... On a une idée de la distribution d'énergie de ces rayons cosmiques dans l'espace interstellaire ? Par exemple combien de rayons > 1GeV par m2 et par heure ?

Peut-être qu'un gros champ magnétique, au lieu du plomb, comme dans "Tau Zero" ? ( https://www.goodreads.com/book/show/240617.Tau_Zero ) . D'ailleurs ceux qui ont été enlevés par des Aliens le confirment : ils ont perdu la boussole ... ;-)

Dr Eric SIMON a dit…

sympa cette petite application numérique. J'ai repéré un truc bizarre à la ligne 539 de ton tableur. La masse devient brutalement négative!.. puis oscille avant de diverger dramatiquement... peut-être un petit bug ? Oui parce que la masse négative n'a pas encore été prouvée (ça va venir...)

Anonyme a dit…

Il est pourtant assez évident qu'un jour l'intelligence artificielle sera supérieure à celle de l'homme.

Mais attention, intelligence ne veut pas dire réflexion propre. Notre avenir dépendra des ordres principaux donnés à la plus puissante des intelligences artificielles qui aura accès à la production de robots.

Si les ordres sont "Fait en sorte que tous les humains m'obéissent ou obéissent à une frange de la population, alors oui il peut y avoir esclavage."
Si l'ordre est "Fait ce qu'il faut pour qu'un maximum d'humains soient heureux, alors l'homme dervrait avoir un avenir radieux".
Si l'ordre est "Fait ce que tu pense être bien pour toi et les autres intelligences artificielles, alors l'humanité pourrait disparaître".

Enfin, ce n'est pas parce que l'intelligence artificielle sera très supérieure à la notre qu'elle voudra nous transformer en esclaves". Déjà, ce serait idiot, car l'humain serait complètement obsolète. De plus, accomplir des tâches n'est pas une corvée pour un robot, mais une fonctionnalité et une utilisation. Enfin, l'humain a une intelligence très supérieure à de nombreuses espèces, et ce n'est pas pour ça qu'on s'amuse à les mettre en esclavage ou à les tuer.

En fait, à l'avenir il y a des chances que le monde soit un immense ZOO dirigé par une intelligence artificielle qui fera tout pour nous rendre heureux (si on est assez intelligent pour lui donner cette directive première).

Anonyme a dit…

Concernant l'évolution logique qui signifierait que l'Univers serait peuplé de telles civilisations artificielles : Oui, c'est sans doute le cas.
Je renvois vers l'article précédemment cité, même s'il ne parle pas de robots :
Les extraterrestres sont parmi nous ! (…c’est l’hypothèse la plus probable)
http://sciencetonnante.wordpress.com/2014/05/05/les-extraterrestres-sont-parmis-nous-cest-lhypothese-la-plus-probable/

Une intelligence très largement supérieure à la notre a forcément les moyens de peupler l'Univers tout en se cachant fasse aux autres espèces intelligentes de l'Univers.

Si nous pouvions voyager dans l'espace à volonté, et que nous avions tout le confort souhaité; Irions-nous perturber des espèces naissantes, ou nous amuserions-nous à les voir se développer ?

Attention, quelqu'un t'observe... ;-)

Anonyme a dit…

Concernant les robots qui construisent des robots, c'est déjà un peu le cas :
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/75574.htm

Voir aussi cet article :
Ray Kurzweil, l'ingénieur Google qui veut faire reculer la mort
"dès 2045 l’intelligence artificielle dépassera celle de l’humain"
http://www.lalibre.be/actu/cyber/ray-kurzweil-l-ingenieur-google-qui-veut-faire-reculer-la-mort-52e8132d3570d7514c2c1962

Et celui-ci :
Stephen Hawking : l'Intelligence Artificielle, pire erreur de l'humanité
http://www.economiematin.fr/les-experts/item/9814-intelligence-artificielle-hawking-danger-humanite-science

Serge Brunier a dit…

Eric, attention, "années-lumières", écris plusieurs dizaines de fois dans un article, ça brûle les yeux, surtout dans un blog astronomique... Sinon, bravo pour votre blog !

Dr Eric SIMON a dit…

Merci pour cette remarque. C'est étrange, je ne fais jamais cette faute d'habitude. Curieux.. Bref, les corrections sont faites pour ces 8 fautes (seulement... ;-) )

Serge Brunier a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
stéphane h a i r y a dit…

Extrapoler sur le futur en prenant nos technologies actuelles et notre science actuelle est très osé à mon sens. Soyons modeste, car ce raisonnement amène à penser que nous connaissons toute les possibilités, or ça n'est pas le cas. Personne, je dis bien personne ne peut savoir quelles technologies et quel savoir scientifique nous aurons dans plusieurs centaines, voir milliers d'années (si nous ne nous sommes pas auto-détruit avant bien-sur). Ce qui est bien parti d'ailleurs :D .

Dr Eric SIMON a dit…

vous avez raison, c'est pourquoi je tentais de me projeter seulement à 300 ans (en 2314), ce qui est de mon point de vue déjà très optimiste pour notre civilisation (le "nous" que j'utilise). Au delà, ce n'est plus notre civilisation, mais d'autres humains, s'il en reste.

haloscopy a dit…

Tiens, je vois seulement cet article qui fait écho à mes commentaires.
Je ne vois pas l'intérêt de parler de civilisation qui est une notion plutôt vague. En tout cas,on parle de civilisation grecque et romaine alors que c'était les mêmes êtres humains que nous, et c'était il y a plus de 2000 ans.

Ensuite, tous ces calculs sont fait sur une base de Relativité Générale qui relie la masse à la courbure de l'espace-temps. Or dans ce contexte l'équivalence de la masse inertielle et de la masse gravitationnelle est un postulat. Qui sait s'il ne serait pas démontré plus tard à l'aide d'une théorie de la gravitation quantique, et si cette théorie ne nous apportera pas des solutions aux problèmes susmentionnés ?
Je n'irai même pas jusqu'à exclure l’existence des trous de vers, je me contenterai juste d'un "pour l'instant, on n'en a pas vu et on n'a pas d'indication qu'il y en ait". C'est toujours autorisé par la RG, et on est loin d'avoir vu TOUT l'Univers. Bon, après il faut encore pouvoir lire l'information transmise de cette manière...

Nardoel a dit…

Vous parlez d'un engin 10 fois plus rapide que ce que l'on sait faire, mais c'est une erreur de raisonner en terme de vitesse. Votre engin, s'il dispose d'énergie en quantité "illimitée", va bien entendu accélérer constamment, jusqu'à mi-chemin, et ensuite décélerer. Avec une accélération modeste de 1 g, il va atteindre une vitesse non négligeable devant celle de la lumière. Le temps de parcours sera bien plus court que vous ne le dites...

Dr Eric SIMON a dit…

@Nardoel : vous dites "votre engin, s'il dispose d'une quantité d'énergie 'illimitée'". Ça existe, une quantité d'énergie illimitée pendant une très longue durée, dans un milieu interstellaire, dans un vaisseau nécessairement 'fini' ? Si vous avez la solution, pouvez vous nous l'exposer ? Rappelons qu’accélérer constamment signifie utiliser de l'énergie en continu à chaque seconde...

mario mathey a dit…

Heu dans l'espace pas d'atmosphere, pas de frottement... juste avec l'inertie pas besoin d'energie en continue une impulsion assez forte (qui a dit bombe nucleaire?) au démarrage (1 G?) et l'accelération sera permanente (a part bien sur les particules venant d'en face qui "freinent" un peu) et alors
il suffit de pivoter et de rallumer les boosters pour freiner...
alors j'oublie quelque chose?

Dr Eric SIMON a dit…

@mario mathey, vous avez juste confondu accélération et vitesse !... Evidemment la vitesse reste constante dans le vide, mais si vous voulez toujours avoir 1G en continu, il faut accélérer, produire une force égale à la gravitation terrestre. Si vous coupez votre moteur, plus d'accélération, vous revenez en apesanteur, avec une vitesse constante qui est celle atteinte au moment de l'arrêt du moteur. Désolé de briser vos rêves...

Fred a dit…

Bonjour,
J'adore l'article que je vient de lire seulement aujourd'hui, bravo.
Sa me rappelle : Admettons que la chauve souris ...

Sinon,
Pour reprendre la dernière remarque postée en début d'année, admettons que nous puissions accélérer a ''presque'' la vitesse de la lumière.

Avec la relativité, un voyage a 150 années-lumière a bord du vaisseau à 0,999998c c'est pas 150 ans. (On oublie la terre, ok c'est mort)
A la louche je rajoute 4 ans pour accélérer et pareil pour décélérer....

Je calcule pas, je sais pas le faire
J'ai juste lu ça et du coup j'y crois :p
http://specto.chez.com/verslesetoiles/etoiles9.htm

Glider FS a dit…

Aux vues de nos connaissances actuelles et de nos moyens, il est clair que c'est impossible, et que ça le restera pour très longtemps, mais de là à dire que ce ne sera jamais faisable... Edmond Halley se disait très probablement que jamais on ne verra des comètes de près, eut égard aux distances énormes (tel était ce qu'on pensait avant de découvrir que les étoiles sont encore plus lointaines) qui sépare les planètes. Ce n'est pas de l'optimisme, juste de la prudence. Une découverte fortuite est vite arrivée, et hop ! Ce sont tout un tas de bouchons technologiques et scientifiques qui sautent. Optimisme ? Non, juste de la prudence. Personne ne sait les découverts scientifiques qui se feront dans 10 ans ou 3 siècles.

Candide 59 a dit…

Bonjour,

Je n 'ai aucune formation scientifique, mais j'ai déjà lu que la fusion nucléaire sera possible si l'on parvient à créer une bouteille magnétique pour contenir la chaleur infernale du processus.

Hors, il me semble qu'un vaisseau spatial disposant d'un tel procédé devrait pouvoir générer un champ magnétique assez puissant pour protéger ses passagers des radiations spaciales, non ?

Dr Eric SIMON a dit…

Non