Astronomie, Astrophysique, Astroparticules, Cosmologie. L'infini se contemple, indéfiniment. ISSN 2272-5768
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15/02/18
24/02/17
Observation d'un excès de photons gamma dans le centre de la galaxie d'Andromède
Une grande collaboration internationale exploitant les données du télescope spatial gamma Fermi-LAT vient de révéler la détection d'un excès important de rayons gamma en provenance d'une zone étendue au centre de la galaxie d'Andromède (M31). Un excès similaire avait observé au centre de notre galaxie en 2014. Deux hypothèses principales peuvent expliquer cet excès : la désintégration ou annihilation de particules de matière noire, ou bien la présence de nombreux pulsars au niveau du bulbe central des galaxies.
03/11/15
Une étoile géante vagabonde dans la galaxie d'Andromède
Normalement, les étoiles qui naissent ensemble au même endroit ont tendance à se mouvoir de la même façon dans leur galaxie, avec une vitesse et une direction semblables. Mais il arrive qu’il n’en soit pas ainsi, et des étoiles peuvent avoir une vitesse très différente de leurs voisines et même s’échapper de la galaxie qui les a vu naître. Une telle étoile vagabonde vient d’être observée pour la première fois dans une galaxie qui n’est pas la nôtre, la galaxie d’Andromède.
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| M31 vue en UV par le Galaxy Evolution Explorer (JPL/Caltech) |
Cette étoile fugueuse est une étoile supergéante rouge nommée J004330.06+405258.4, ayant une température de 3700 K et une masse comprise entre 12 et 15 masses solaires. Elle a été caractérisée par Kate Evans et Philip Massey du Lowell Observatory à l’aide du Multi Mirror Telescope installé à l’observatoire Whipple sur le Mont Hopkins en Arizona.
Parmi les étoiles vagabondes qui ont déjà pu être identifiées dans le passé, très peu sont de type massives et évoluées, ce qui est sans doute dû au fait qu’elles ont eu du temps pour s’éloigner grandement de leur lieu de naissance, ce qui rend plus difficile leur identification en l’absence du contexte de leur groupe d’origine.
C’est en effectuant un relevé photométrique des supergéantes rouges de la galaxie d’Andromède (M31) que Evans et Massey ont découvert cette fugueuse. Ils ont déterminé que cette étoile était séparée des autres étoiles massives du même type par 15 000 années-lumière, ce qui correspond à la distance parcourue sur sa durée de vie estimée de 10 millions d’années à la vitesse radiale différentielle mesurée, de l’ordre de 300 km/s. Lorsque l’on considère l’autre composante de vitesse, la vitesse tangentielle, qui est estimée à 300 km/s elle aussi, on arrive à une valeur de vitesse totale de l’ordre de 450 km/s pour J004330.
Cette vitesse différentielle est la plus grande vitesse connue à ce jour pour une étoile massive. Des vitesses plus importantes avaient déjà été observées auparavant, supérieures à 500 km/s, mais uniquement sur des étoiles de faible masse, et dans notre galaxie.
Les auteurs montrent que la vitesse de J004330 est comparable à la vitesse d’échappement du disque de M31 là où elle se trouve. Elle est donc en train de s’échapper complètement de la galaxie d’Andromède. Sauf que… Sauf que la durée de vie restante pour cette supergéante rouge n’est que d’un million d’années seulement, et cette durée est insuffisante pour sortir du disque galactique puisqu’elle ne parcourra que 1500 années-lumière avant d’exploser en supernova…
Il reste maintenant à essayer de comprendre ce qui a bien pu donner une telle vitesse à cette grosse étoile lors de sa naissance.
Source :
A RUNAWAY RED SUPERGIANT IN M31
Kate Anne Evans et Philip Massey
The Astronomical Journal, Volume 150, 149, Number 5 (November 2015)
10/05/15
Découverte d'un gigantesque halo de gaz autour d'Andromède
Des chercheurs ont découvert l'existence d'un gigantesque halo de gaz entourant la galaxie d'Andromède, notre proche voisine. On savait qu'il existait un halo de gaz autour de cette galaxie, mais pas si gros... Le halo qui vient d'être mis en évidence est 6 fois plus gros et 1000 fois plus massif que ce qu'on pensait...
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| Schéma du principe de mesure utilisé par Lehner et al. (NASA/STScI) |
Ce halo de gaz quasi invisible s'étend à plus de 1 million d'années-lumière de part et d'autre de la galaxie d'Andromède (M31), c'est à dire jusqu'à mi-chemin de la distance nous séparant d'elle et aurait une masse totale égale à la moitié de la masse des étoiles contenues dans la galaxie d'Andromède. On peut considérer que les halos de gaz entourant les galaxies sont comme leur atmosphère. Les propriétés physiques de ce type de halo contrôlent le taux de production de la formation de nouvelles étoiles notamment.
Pour ce faire une idée de la taille de ce halo sphérique de gaz, si il était visible à l'oeil nu, il couvrirait sur la voûte céleste près de 100 pleines lunes (la galaxie d'Andromède faisant déjà 6 pleines lunes) ...
Ce gigantesque halo de gaz chaud a été découvert par l'astronome Nicolas Lehner, de l'Université de Notre Dame dans l'Indiana et son équipe, grâce à l'analyse de données produites par le télescope spatial Hubble. L'étude est publiée dans the Astrophysical Journal. Ils ont pour cela étudié la lumière de 18 quasars lointains situés dans des lignes de visées proches de M31.
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| M 31 (NASA/ESA) |
En analysant comment la lumière de ces quasars est absorbée dans certaines longueurs d'ondes, on en déduit la quantité de gaz présente entre le quasar lointain et l'observateur. Le grand intérêt de la galaxie d'Andromède vis à vis d'autres galaxies est sa proximité, c'est à dire son étendue sur le ciel, qui permet d'utiliser un nombre intéressant de quasars répartis un peu tout autour de la galaxie. Des études antérieures avaient été menées sur des galaxies plus lointaines, moins étendues, et étaient parvenues à déterminer la présence d'un halo gazeux mais le plus souvent en observant un seul quasar en arrière plan. Cette étude sur Andromède permet grâce à ses 18 quasars, de déterminer une forme pour le halo de gaz avec une assez bonne précision.
Pour arriver à ce résultat, l'équipe menée par Nicolas Lehner a exploité 5 ans de données archivées d'observations du télescope Spatial Hubble dans la région proche d'Andromède. Pour essayer de comprendre l'origine d'un halo gazeux si vaste, des simulations des grandes structures indiquent que le halo se serait formé en même temps que la galaxie. Les chercheurs américains ont également pu déterminer la composition chimique du halo et montrent qu'il est très enrichi en éléments lourds (plus lourds que l'hélium), ce qui signifie qu'il s'agit de matière produite par des explosions d'étoiles, des supernovas. On estime que sur la durée de vie de la galaxie d'Andromède, la moitié des éléments lourds produits par ses étoiles se retrouvent éjectée du disque galactique pour se retrouver dans le halo sphérique.
Il est bien sûr tentant d'estimer si notre propre galaxie possède elle aussi un aussi vaste halo de gaz chaud. Mais la mesure est assez difficile du fait que nous baignons à l'intérieur et on n'a pas de point de comparaison hors-halo. Ce qui est sûr, c'est que si les deux galaxies possèdent un halo de taille similaire, ces deux halos doivent se toucher! On pourrait dire que la galaxie d'Andromède et la Voie Lactée ont commencé leur fusion, théoriquement prévue dans 4 milliards d'années.
Source :
Evidence for a Massive, Extended Circumgalactic Medium Around the Andromeda Galaxy
N. Lehner et al.
The Astrophysical Journal 804 79 (4 mai 2015)
07/01/15
La Galaxie d'Andromède dévoilée par Hubble
C’est déjà probablement l’une des images astronomiques de l’année 2015. Elle montre une portion de la galaxie d’Andromède avec des détails inouïs. Cette image a été dévoilée à la conférence de l’American Astronomical Society qui a lieu en ce moment à Seattle. Cette image a été produite grâce au télescope spatial Hubble et à l’assemblage de plus de 7000 images.
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| Portion de la Galaxie d'Andromède imagée par Hubble (PHAT/Hubble/NASA).Cliquez sur l'image pur découvrir l'image zoomable, presque à l'infini... |
C’est un projet appelé PHAT (Panchromatic Hubble Andromeda Treasury) qui a pour objectif de produire la cartographie la plus détaillée de notre plus proche voisine de la famille des grosses galaxies. PHAT exploite les trois imageurs du télescope spatial Hubble, dans l’infra-rouge, le visible et l’ultra-violet, puis assemble une mosaïque de milliers de clichés, 7398 très exactement, qui ont été enregistrés entre juillet 2010 et octobre 2013. Le résultat a été dévoilé le 5 janvier au meeting AAS225.
L’image couvre seulement un quart de la galaxie d’Andromède, mais avec 100000 pixels de large !... C’est dire si on peut distinguer des étoiles individuelles dans cette galaxie pourtant distante de 2,5 millions d’années-lumière. Et ce que parviennent à déduire les astrophysiciens à partir de ces détails observés pour la première fois par des yeux humains, c’est que la galaxie d’Andromède semble avoir subi une collision avec une autre galaxie il y a de ça environ 2 milliards d’années. Etudier la galaxie d’Andromède est très utile car comme elle est très similaire à notre propre galaxie, cela revient un peu à observer notre galaxie vue de l’extérieur.
Le projet PHAT a ainsi pu recenser 117 millions d’étoiles individuelles dans la galaxie d’Andromède, couvrant une région de 61000 années-lumière de large. Et cette cartographie, grâce à l’utilisation d’images en infra-rouge révélant l’émission de poussières, traceur du gaz nourricier des étoiles, offre de nouvelles informations sur les processus de formation d’étoiles. Et à l’aide de la couleur des étoiles, on parvient à déterminer leur âge, ce qui permet de reconstruire avec une grande résolution spatiale l’histoire de la galaxie sur les derniers 500 millions d’années. Les astrophysiciens arrivent ainsi à voir comment évoluent les zones de formation d’étoiles dans les bras spiraux d’Andromède en fonction du temps. La vidéo ci-dessous montre cette évolution de la formation d'étoiles, reconstruite à partir de ces observations.
En traitant les données de cette façon, la plus forte surprise de l’équipe américaine a été de constater qu’une structure « bien connue » de la galaxie d’Andromède, l’anneau de 10000 pc, un anneau de formation d’étoiles de la galaxie qu’on pensait être transitoire, existe en fait depuis 500 millions d’années... Et comme il faut nécessairement un apport de gaz frais pour fabriquer de nouvelles étoiles, la région a dû recevoir une grande quantité de gaz ou bien il existe un processus encore mystérieux que les astrophysiciens ne comprennent pas.
Ce qu’on vu également les chercheurs en analysant la répartition des étoiles en fonction de leur âge, c’est qu’il existe une grande vague d’étoiles naissantes qui parcourt toute la galaxie de part en part. Ces indices tendent à conclure à l’existence d’un événement majeur qui aurait touché toute la galaxie il y a plusieurs milliards d’années, comme une collision.
L’histoire passée d’une galaxie ne peut se résoudre qu’en résolvant cette dernière en ses plus petits constituants que sont les étoiles. La galaxie d’Andromède est sans doute le meilleur laboratoire et est encore loin d’avoir tout dit.
Source :
Galaxy seen shuddering from ancient collision
Ron Cowen
Nature, 05 January 2015
23/07/14
Les Galaxies Naines Semblent Bien Tourner dans un Même Plan
Donc, notre galaxie et sa voisine la galaxie d'Andromède ne seraient pas des exceptions.... On pouvait quand-même s'y attendre, il n'y avait aucune raison pour que ces deux galaxies soient spécifiques quant à la rotation de leurs galaxies satellites.
Je vous avais relaté l'observation de l'existence d'une sorte de plan de rotation des galaxies naines autour de la galaxie d'Andromède en janvier 2013. Et il faut dire que cette nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre dans les grands médias, au-delà des journaux et blogs scientifiques, mais pas forcément pour des raisons scientifiques...
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| Vue d'artiste du phénomène observé (credit : Geraint Lewis) |
Si vous vous en souvenez, cette étude avait fait la une de la revue Nature, ce qui est très bien pour leurs auteurs, mais ce qui a déclenché ce gros buzz à l'époque c'est que le nom du premier auteur de l'article était celui d'un gamin de 15 ans, le fils de l'astronome étant à l'origine de cette recherche avec toute une équipe d'astrophysiciens internationaux. Et ledit gamin ayant fait un petit stage de découverte de 3ème à l'observatoire où travaille son père avait été opportunément propulsé en premier auteur de l'article, les médias criant alors tous au "génie qui défie Einstein"... alors que...
Bon, et bien, aujourd'hui, on remet ça ! Il se trouve que cette toute nouvelle étude, qui prend la suite de cette dernière, a également été publiée dans le fameux Nature, et que son premier auteur est à nouveau ce gamin qui affirme travailler pour (défense de rire) le Lycée International de Strasbourg (très connu dans le monde de l'astrophysique comme chacun le sait...). Evidemment, son bon papa, astronome à l'observatoire de Strasbourg, est le deuxième auteur dans la liste (et ne s'y trompons pas probablement le véritable premier auteur).
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| La Une de Nature du 3 janvier 2013 |
Bon, venons à la science car c'est ce qui est intéressant ici. L'étude de janvier 2013 avait montré que les galaxies naines associées à la grosse galaxie M31 gravitaient autour d'elle dans le même plan, ce qui est totalement incompris, puisque d'après ce que l'on croit savoir sur les galaxies, les galaxies satellites doivent tourner autour de leur galaxie géante n'importe comment, sans direction privilégiée. Et il se trouve qu'on avait également quelques indices montrant que les galaxies naines situées autour de notre galaxie semblaient elles aussi alignées dans un même plan.
Les astronomes français et australiens ont donc voulu savoir si on pouvait observer le même phénomène sur d'autres galaxies plus lointaines. Ils se sont donc plongés dans une vaste base de données de galaxies, le Sloan Digital Sky Survey pour en extraire les données de décalage spectral des galaxies naines satellites de plusieurs centaines de grandes galaxies.
Ils montrent qu'il existe effectivement un effet systématique : en regardant des galaxies naines diamétralement opposées autour d'une galaxie géante donnée, ils montrent qu'elles ont des vitesses anti-corrélées : l'une va dans une direction et l'autre dans la direction opposée. Et lorsqu'on observe la distribution spatiale d'autres galaxies naines plus éloignées du centre galactique, elles se retrouvent avec une forte probabilité dans un plan défini par l'axe joignant la paire de galaxies naines anti-corrélées. Les galaxies naines semblent donc tourner systématiquement autour des grosses galaxies dans un même plan.
Cette confirmation va poser quelques soucis aux astrophysiciens qui vont devoir revoir pas mal de leurs modèles concernant les galaxies : un truc cloche mais quoi ? Matière noire ? Gravitation ? Modèle de formation des galaxies ? Nature des galaxies naines ? Un peu tout ça en même temps ? C'est avec de nouvelles observations incomprises que l'astrophysique avance. En ce sens, cet article est une très bonne nouvelle, même si le prénom qui sera cité en parlant de cette étude n'est sans doute pas vraiment l'auteur principal de ce travail...
Référence :
Velocity anti-correlation of diametrically opposed galaxy satellites in the low-redshift Universe
Neil Ibata, Rodrigo Ibata, Benoit Famaey & Geraint Lewis
Nature (2014), Published online 20 July 2014
15/07/14
26 Nouveaux Trous Noirs pour Andromède
C'est l'année dernière qu'une équipe d'astronomes américains a découvert pas moins de 26 nouveaux trous noirs dans la galaxie d'Andromède, ce qui porte à 35 le nombre de trous noirs connus dans cette galaxie sœur de la nôtre.
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| La galaxie d'Andromède (zoom sur le centre en rayons X) (NASA/Chandra X Ray Lab) |
C'est bien évidemment le plus grand nombre de trous noirs jamais trouvés dans une galaxie autre que la nôtre. Cette découverte a été effectuée grâce au télescope spatial Chandra spécialisé dans la détection des rayons X.
L'équipe du Harvard-Smithonian Center for Astrophysics a utilisé 152 sessions d'observations sur Chandra espacées sur 13 ans pour trouver ces 26 trous noirs, ce qui fait en moyenne deux trous noirs trouvés par an. Pas mal pour des objets invisibles...
Les trous noirs en question sont des trous noirs stellaires, des résidus d'étoiles ayant explosé, ayant un masse comprise entre 4 fois et 10 fois celle du Soleil, rien de commun avec des trous noirs supermassifs dont nous parlons souvent ici.
Ils ont tout de même un petit point commun, c'est que leur disque d'accrétion subit les mêmes phénomènes physiques, bien qu'à une échelle différente : l'échauffement du gaz en rotation autour de trou produit une émission intense de rayons X. Et ce sont ces rayons X que Chandra parvient à détecter et localiser.
Sept des 35 candidats trous noirs se situent dans un rayon de 1000 années-lumière seulement du centre de la galaxie, ce qui est un nombre plus important que celui des trous noirs similaires connus dans le centre de notre galaxie. Mais cette concentration n'est pas vraiment une surprise car le bulbe central d'étoiles d'Andromède est plus gros que celui de la Voie Lactée, et donc doit logiquement former plus de trous noirs stellaires.
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| Les trous noirs détectés dans le centre d'Andromède (cercles) (Chandra X-Ray Observatory) |
Il existe une autre différence au sujet des trous noirs peuplant les deux galaxies voisines : parmi ces 35 trous noirs d'Andromède, 8 se trouvent à l'intérieur d'amas globulaires, ces regroupements sphériques de vieilles étoiles, alors qu'aucun trou noir n'a encore pu être observé dans un amas globulaire de notre Voie Lactée...
Lorsque les deux galaxies fusionneront dans quelques milliards d'années, tous ces petits trous noirs se trouveront dispersés au sein de la galaxie elliptique géante qui résultera de la rencontre.
Référence:
Chandra identification of 26 new black hole candidates in the central region of M31
Barnard, R. et al, 2013, ApJ 770, 148;
arXiv:1304.7780
10/06/14
Dans Les Bras Spiraux d'Andromède
La galaxie d'Andromède est notre galaxie voisine. Elle possède la particularité, comme notre propre galaxie, de posséder des bras en forme de spirales. On appelle ces galaxies justement des galaxies spirales. Mais Andromède a aussi la particularité de montrer des bras spiraux ressemblant étonnamment à des anneaux. Une équipe d'astrophysiciennes américaines vient de publier une étude montrant quelle pourrait bien être l'origine de ces spirales dans la galaxie d'Andromède.
Vidéo de la simulation numérique produite par les auteurs (Nature.com)
Les bras spiraux d'Andromède seraient apparus lors d'une collision entre Andromède et une petite galaxie naine du voisinage il y a environ 900 millions d'années. Pour en arriver à cette conclusion, nos astrophysiciennes ont construit une simulation numérique de la galaxie d'Andromède (M31) et des interactions de ses étoiles constituantes lors de collisions avec la galaxie naine M32.
Avant d'être collisionnée, Andromède est supposée avoir été une galaxie en forme de disque, sans bras (et donc sans chocolat) et M32 supposée abritée un trou noir supermassif. Aujourd'hui, M32 est comme incrustée à l'intérieur de la géante M31, toutes deux situées à environ 2,5 millions d'années-lumière de nous.
La collision aurait généré des ondes comme on peut le visualiser sur la simulation. Mais ces ondes ne sont pas conduites par un impact direct, étoiles contre étoiles ou nuages de gaz contre nuages de gaz, mais par attraction gravitationnelle. Et ce sont ces ondes qui seraient devenues les spirales d'Andromède. Dans leur simulation, Marion Dierickx et ses collègues ont fait collisionner M32 dans une zone externe de M31, plutôt que vers son centre, la probabilité d'un tel "impact" étant beaucoup plus grand.
La simulation animée semble se dérouler très vite mais l'échelle de temps est ici considérable, le "film" se déroule sur plus de 2 milliards d'années (Gyr), M32 démarre au bord du halo de matière sombre d'Andromède, puis commence à plonger à travers son disque à une vitesse de 500 km/s, 1,2 milliards d'années plus tard, puis prend encore près de 900 millions d'années pour revenir en arrière et parvenir à sa position actuelle, où elle est en train de traverser à nouveau Andromède.
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| La Galaxie d'Andromède M31 (NASA/JPL-Caltech/K. Gordon) |
La simulation de Dierickx et al. suggère que les bras d'Andromède que l'on pouvait croire en forme d'anneaux sont bel et bien des bras spiraux, mais vus comme des anneaux depuis chez nous avec une très grande inclinaison.
Cette étude nous donne également des informations sur la naine M32. Jusqu'à maintenant, les astronomes pensaient que les galaxies naines comme M32 étaient compactes parce que leur compagnes géantes leur avaient extirpé leur enveloppe de matière noire, gaz et étoiles. Les auteurs montrent que cela ne doit pas être le cas pour M32 : la galaxie a dû naître compacte, car sa rencontre avec Andromède ne permet pas, selon le modèle développé, de réduire sa taille et sa masse de gaz à celles qui sont observées.
Ces galaxies naines compactes doivent donc être formées par un autre mécanisme, mais lequel ? Encore une petite trouvaille qui ouvre une nouvelle question...
Enfin, les auteurs trouvent par leur simulation que M32 serait un peu plus proche de nous que ce que l'on pensait généralement, une prédiction qui est testable avec de prochaines observations, et qui pourra permettre de valider (ou non) ces travaux numériques.
Référence :
Signatures of the M31-M32 Galactic Collision
M. Dierickx, et al.
http://arxiv.org/abs/1405.3990 (2014).
A paraître dans Astrophysical Journal Letters
14/12/13
Une Solution Simple au Mystère d'Andromède
Vous vous en souvenez certainement, c'était au tout début de l'année 2013, on apprenait une chose étrange, que les galaxies naines situées autour de la galaxie d'Andromède formaient une disque de rotation autour de la galaxie géante. Ce fut d'ailleurs l'occasion d'un gros buzz médiatique à cause du premier auteur de l'article qui était paru dans Nature (qui avait mis Andromède en couverture), qui était un gamin de 15 ans que son père avait accueilli dans son labo pour un stage de découverte et qui le propulsa opportunément en premier auteur du papier... Mais passons, on l'a déjà oublié, ce "génie incroyable"...
En revanche, personne n'a oublié ces galaxies naines qui forment vraiment un disque autour de M31, alias la galaxie d'Andromède, notre plus proche voisine. Et moins d'un an après, une piste intéressante est proposée pour expliquer ce phénomène.
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| M31 |
Pour étudier ce cas, les astronomes américains Ed Shaya et Brent Tully (le même qui avait donné son nom à la fin des années 70 à la relation de Tully-Fisher utilisée pour déterminer des distances de galaxies) se sont lancés dans la reconstruction des orbites de nos voisines galactiques depuis les temps reculés de l'Univers en suivant leur évolution temporelle pour voir quand et comment elles ont pu former ce disque de rotation.
De par l'expansion de l'Univers, de nombreuses galaxies qui étaient proches de la nôtre dans des temps reculés, sont aujourd'hui très éloignées. Les chercheurs ont réussi à isoler des moments clés et des acteurs clés. Parmi ces deux acteurs figurent deux très vastes structures : La Feuille Locale (Local Sheet) et le Vide Local (Local Void). Sous ces noms étranges se cachent de vastes structures regroupant pour la première un grand nombre de galaxies et de groupes de galaxies et pour la seconde son corollaire, une grande zone dépourvue de galaxies. Notre galaxie fait partie de cette Feuille Locale.
Shaya et Tully montrent que Andromède, dans l'Univers jeune, serait passé de la zone du Vide Local (qui n'est tout de même pas complètement vide), dans la zone de la feuille Locale. En collisionnant ce grand mur galactique, Andromède aurait entrainé avec elle une petite quantité de galaxies naines par son attraction gravitationnelle.
Andromède étant ensuite attirée par notre Voie Lactée, il s'ensuit la formation d'une chaîne de galaxies naines alignées entre elles et avec notre galaxie, et que nous voyons comme un disque autour d'Andromède...
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| Distribution spatiale d'environ 100 000 galaxies,révélant des structures à grande échelles et des vides dans l'Univers local (M. Colless ANU/2dF/Galaxy Redshift Survey) |
La distribution spatiale et le mouvement des galaxies naines n'est qu'un des problèmes rencontrés par les astrophysiciens qui explorent les conséquences du modèle standard de la cosmologie à des échelles pour lesquelles ce modèle n'était pas conçu initialement.
Le nombre de galaxies naines, ainsi que leur distribution de masse, leur contenu en matière noire, sont tous des tests très utiles en cosmologie et posent pour la plupart d'entre eux de sérieuses questions, notamment en regard des modèles de formation des structures à grande échelle, grands amas de galaxies ou même fond diffus cosmologique...
Ce que fournissent Ed Shaya et Brent Tully n'est certainement pas une réponse définitive, mais leur approche permet de montrer que des alignements étranges comme celui observé autour d'Andromède et de la Voie Lactée peuvent être expliqués sans apporter de modifications fondamentales au modèle standard.
Référence :
E. J. Shaya, R. B. Tully
Mon. Not. R. Astron. Soc. 436, 2096-2119 (2013)
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