La nuit du 13 au 14 décembre prochain verra le pic d'activité de la pluie d'étoiles filantes des Géminides. Cette année, contrairement à l'année dernière, la situation sera idéale, avec une absence quasi-totale de Lune et un radiant très proche du zénith en milieu de nuit. Un taux de 80 par heure, plus d'un météore par minute, pourrait être observé!
Astronomie, Astrophysique, Astroparticules, Cosmologie. L'infini se contemple, indéfiniment. ISSN 2272-5768
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06/12/17
30/12/13
Le Ciel d'Hiver : Persée
Persée est située dans le ciel dans la même zone que le Cocher dont nous avons déjà parlé il y a peu, bien au dessus de Orion qui peut toujours vous servir de guide.
Traçons les principales constellations de l'horizon Sud pour nous y retrouver. Persée se trouve au dessus du Taureau, entre le Cocher à sa gauche, Andromède à sa droite et le W de Cassiopée à l'opposée du Taureau.
Rapprochons nous maintenant de plus près...
La constellation de Persée est riche en objets dignes d'intérêt. Nous allons en visiter douze et pour commencer cette balade au télescope en mode Dobson bien sûr, c'est à dire en repérage "à la main", il nous faut évidemment des repères dans le ciel. Nous prendrons donc comme point de départ l'étoile qui forme l'extrémité en bas à gauche de la constellation et qui se trouve pas très loin du somptueux amas des Pléiades que nous avions visité lors de notre campagne dans le Taureau... Cette étoile s'appelle Dzêta Per. Elle est non seulement un point de repère facile, mais aussi un sujet d'observation à part entière. En effet, Dzeta Per est une étoile multiple très intéressante à scruter. L'étoile principale est d'une couleur blanche tirant sur le bleu, et elle est accompagnée de deux étoiles faibles, nous avons là une étoile triple. Certains y voient même un système à sept étoiles en y associant deux couples de binaires assez proche.
C'est parti pour la géométrie... Depuis Dzêta Per, nous pivotons légèrement notre tube vers la deuxième étoile la plus brillante de Persée, bêta Per, mais nous nous arrêtons à mi-chemin du segment. C'est là que vous pouvez observer NGC 1342, qui est un amas ouvert bien fourni en étoiles, dont la population est assez hétérogène. On y trouve à la fois des spécimens brillants et d'autres de bien plus faible éclat, ce qui n'est pas sans charme.
On ne s'arrête pas en si bon chemin, nous nous dirigions vers bêta Per, et bien nous y allons. Allons regarder de plus près cette brillante étoile qui porte également le nom de Algol. Cette étoile s'est rendue célèbre du fait qu'il s'agit d'une binaire à éclipses, sa magnitude varie fortement, entre 2,12 et 3,39 sur une période de presque trois jours. Les photons d'Algol ont mis 93 ans pour parvenir dans vos yeux.
Nous quittons maintenant Algol pour nous diriger vers une étoile brillante de la constellation voisine, Andromède (Gamma And, aussi appelée Almaak), mais là encore, il faudra s'arrêter à mi-chemin. A cet arrêt, nous descendons légèrement notre télescope. Voilà. Nous avons dans notre oculaire NGC 1023. Il s'agit d'une galaxie de type spirale barrée, de magnitude 10,3, bien brillante pour une galaxie spirale. On voit surtout son noyau brillant et très difficilement ses bras. Sa distance est mal connue, elle varie entre 30 et 64 millions d'années-lumière selon les sources.
De là, nous reprenons nos poignées de rocker pour remonter légèrement vers le zénith en gardant un mouvement parallèle au segment reliant les deux étoiles les plus brillantes de Persée (bêta que nous avons déjà regardée et alpha que nous verrons dans quelques minutes).
Bien, nous y sommes ? Voilà un objet du catalogue de Messier, M 34. M34 est encore un amas ouvert, et avec ses 35 minutes d'arc, il est vaste! Il faut privilégier un faible grossissement et/ou un grand angle pour apprécier ce groupe d'étoiles vieux de 180 millions d'années (un Panoptic 24 mm est pas mal avec une focale de 1200 mm, mais il grossit peut-être encore trop (50 fois)).
A partir de M34, nous allons poursuivre le mouvement que nous avions commencé en restant parallèle à l'axe beta-alpha Per et en montant. Un peu avant d'arriver au niveau de Alpha Per, nous tombons sur une étoile qui est visible à l’œil nu, c'est Thêta Per. Cette étoile est une étoile double. Les deux composantes qui font tout l'attrait de cet objet sont à l'opposé l'une de l'autre : l'une est brillante et jaune (magnitude 4,1), tandis que sa compagne est faible (magnitude 10) et bien bleue. On adore.
Nous abordons maintenant la deuxième partie de notre voyage en Persée... Nous quittons Thêta Per et bifurquons vers la droite. Je vous emmène voir M76, la nébuleuse du petit Haltère. Pour la trouver à partir de Thêta Per, il faut pivoter jusqu'à atteindre le segment qui relie Gamma And, que nous avons déjà utilisée tout à l'heure, et l'étoile de Cassiopée qui forme la pointe du premier V du W (Delta Cas, pour les intimes). M76 doit son nom à sa forme, on l'aura deviné. Assez similaire à la nébuleuse de l'Haltère (M27), c'est une nébuleuse planétaire, du gaz expulsé par une étoile géante en fin de vie. M76, avec sa magnitude de 10,1 est l'un des objets du catalogue de Messier les moins brillants.
Place maintenant au grand spectacle ! Vous avez bien en vue Delta Cas que nous avons utilisée pour nous repérer, à sa gauche se trouve l'étoile formant l’extrémité de Persée (Eta Per). Traçons donc ce segment imaginaire entre les deux étoiles et prenons-en le milieu, c'est là que nous allons en quittant notre nébuleuse planétaire, tout droit en montant.
Et qu'avons-nous là sous l'oeil ? Le Double amas de Persée, aussi connu par ses numéros du New General Catalogue : NGC 869 et 884. C'est une splendeur du ciel d'hiver, un joyau ! Deux amas ouverts très riches, très denses, très brillants, presque collés l'un à l'autre. Un pur régal pour les yeux. Avoir avec un grossissement assez faible est préférable pour profiter pleinement du spectacle.
![]() |
| le double amas de Persée |
Après quelques minutes d'admiration de ces centaines d'étoiles vivant ensemble, nous devons repartir poursuivre notre voyage. A gauche toute, nous allons sur Eta Per, juste à côté. Eta Per est en fait une étoile quadruple ! Elle est constituée de deux couples, l'un brillant, l'autre moins. Le couple principal offre un beau contraste de couleurs comme on les aime : orange et bleu... Miam...
Notre périple n'est pas terminé, il faut se diriger maintenant vers l'étoile la plus brillante de Persée. Inutile de vous indiquer le chemin, c'est évident. Alpha Per est en fait une étoile qui fait partie d'un amas ouvert très vaste lui aussi. Il est appelé l'amas de Alpha Persei. Il faut le voir non seulement pour son étendue mais pour son contenu. Mais il est si vaste qu'un télescope, même avec l'oculaire de plus grande focale (donc de plus faible grossissement), n'est pas intéressant. C'est surtout aux jumelles (ou bien avec le chercheur de votre cher Dobby) qu'on appréciera à sa juste valeur ce très bel amas ouvert, presqu'aussi beau que les Pléiades.
Allez, pour finir notre tour de Persée, nous allons remettre l'oeil à l'oculaire, pour allez voir deux derniers objets du New General Catalogue, tout d'abord la nébuleuse NGC 1491, que l'on localisera en s'arrêtant à un quart du chemin séparant alpha Per et Capella, dans le Cocher, qu'on reconnait aisément par sa luminosité. Au quart de ce chemin, donc, on rencontre trois étoiles formant un petit triangle rectangle, bien visibles. NGC 1491 se trouve dans le prolongement du grand côté de ce petit triangle. C'est une jolie petite nébuleuse en émission. Tout cet hydrogène flottant dans le vide, tous ces petits protons et électrons...
Le dernier objet de Persée pour ce soir est tout proche de NGC 1491, en direction de Capella, c'est un fort joli amas ouvert du nom de NGC 1528. Découvert par Herschel il y a 223 ans, il est très agréable à admirer, montrant une densité d'étoiles presque homogène sur toute sa surface, et nous permet de quitter Persée sur la pointe des pieds pour aller rêver à d'autres cieux...
Voir aussi :
Le Ciel d'Hiver : OrionLe Ciel d'Hiver : le Taureau
Le Ciel d'Hiver : les Gémeaux
Le Ciel d'Hiver : Le Cocher
Le Ciel d'Hiver : Persée
Cartes produites avec Stellarium 0.12.1
23/12/13
Le Ciel d'Hiver : Le Cocher
Le Cocher (Auriga) est une petite constellation. Facilement repérable grâce à son étoile principale très brillante, Capella (magnitude 0,05) qui est une étoile parmi nos voisines les plus proches (il faut seulement 42 ans à ses photons pour arriver dans nos rétines).
Le Cocher se trouve exactement au dessus de la constellation d'Orion, surplombant les gémeaux à gauche et le Taureau à droite. Traçons les lignes des constellations pour mieux se figurer la forme presque circulaire du Cocher, qui est en fait un hexagone :
Rapprochons nous maintenant de plus près pour débusquer les beaux objets qui peuplent le Cocher. Vous verrez que les repérages sont aisés grâce à la forme simple de cette constellation hivernale.
Nous y voilà ! Nous scrutons Capella pour commencer notre tour de calèche. Juste à droite de Capella, vous voyez une étoile assez brillante, c'est Epsilon Aurigae.
Epsilon Aurigae est une étoile géante, et particulière, car elle subit des éclipses, son éclat varie fortement à périodes régulières car quelque chose d'encore plus gros qu'elle lui tourne autour (et on ne sait pas ce que c'est...). La période d'éclipse est de 27 ans environ, sachant qu'une éclipse pour epsilon aurigae dure près de 2 ans. La dernière s'est finie en août 2011, rendez-vous en 2036 pour la prochaine...
Maintenant que vous avez bien en tête la forme du Cocher, nous pouvons faire un peu de géométrie. Je vous emmène voir un amas ouvert nommé M38. Il vous suffit de tracer le segment reliant théta Aur (sur le côté gauche en mettant Capella en haut), et l Aur (sur le côté droit). Presque exactement au milieu de ce segment se trouve M38, qui est un très bel amas ouvert, où les groupes d'étoiles peuvent sembler former des sortes de croix.
Tout juste à côté de M38, se trouve un autre amas d'étoiles de type ouvert, c'est NGC1907, certes plus petit, mais bien dense pour un amas ouvert. Muni d'un oculaire à grand angle et faible grossissement, c'est un ravissement de pouvoir voir les deux amas dans le même champ...
| IC 405 (source wikimedia) |
Poursuivons notre périple. Depuis le couple M38-NGC1907, nous traçons un segment de droite pour rejoindre l Aur que nous avons déjà repérée précédemment (sur le côté droit de l’hexagone). Là encore, nous nous arrêtons à mi-chemin, et nous arrivons sur un objet très joli, une nébuleuse nommée IC 405.
Cette nébuleuse est à la fois une nébuleuse en émission et en réflexion, elle entoure une étoile bleue variable (AE Aurigae).
Elle est aussi appelée la 'Flaming Star Nebula', ce qu'on peut comprendre en la voyant.
Allez, on redémarre. Nous glissons lentement en restant parfaitement parallèle à la droite qui relie l Aur à Alnath (le segment sud-Est de l’hexagone). Dans ce mouvement parallèle, nous devons parcourir seulement un tiers de la distance du segment qui nous a donné la direction. Vous y êtes ?
L'objet que nous visitons maintenant s'appelle IC 410, il s'agit encore d'une nébuleuse en émission, ses photons mettent 12000 ans pour nous parvenir. IC 410 a la particularité de contenir dans sa surface un autre objet, un amas ouvert du nom de NGC 1893. Bien qu'on ait l'impression que l'amas d'étoile est tapi au cœur de la nébuleuse, il est en fait situé en avant-plan, 2000 années-lumières les séparant...
Nous poursuivons notre route à partir de IC 410 en nous dirigeant vers la gauche en direction de Théta Aur qui orne le côté gauche de notre hexagone. Arrêtons-nous à mi chemin et descendons très légèrement. Stop. Nous y sommes. Voilà M36. Joli amas ouvert, un peu dans le même genre que M38, mais avec un peu moins d'étoiles, en revanche plus brillantes pour la plupart.
Le Cocher semble être la constellation des amas ouverts... Pour clore ce tour du Cocher, nous allons admirer peut-être l'un des plus beaux amas ouverts du ciel d'hiver, M37. Le trouver n'est pas trop difficile : depuis M36, nous devons traverser le segment Theta Aur - Alnath en parcourant deux fois la distance séparant M36 de la droite. Simple, non ?
M37 est un amas vieux de 300 millions d'années, il compte environ 150 étoiles, dont une bonne douzaine de géantes rouges. Il pourrait presque faire penser à un petit amas globulaire si on n'y faisait pas attention.
| M 37 (http://www.ngc7000.org) |
Notre tour du Cocher arrive à son terme, nous n'avons pas rencontré de galaxies ce soir, ce sera pour une autre fois. Le temps est venu d'aller nous réchauffer avant de partir à la découverte d'autres splendeurs du ciel d'hiver...
Voir aussi :
Cartes produites avec Stellarium 0.12.1
21/12/13
Le Ciel d'Hiver : Les Gémeaux
Tout juste au dessus légèrement à gauche de la constellation d'Orion, que vous admirez plein Sud en milieu de nuit, se trouvent deux frères qui se donnent la main... Les Gémeaux (Gemini) de la mythologie, Castor et Pollux, fils de Léda et Zeus. Castor et Pollux sont en fait les étoiles principales de cette constellation des Gémeaux.
Suivez le guide :
Voir aussi :
Le Ciel d'Hiver : Orion
Le Ciel d'Hiver : le Taureau
Le Ciel d'Hiver : les Gémeaux
Le Ciel d'Hiver : Le Cocher
Suivez le guide :
Approchons nous de cette constellation pour y découvrir les objets à voir ou à revoir....
La tête de notre premier jumeau s'appelle Pollux, alors qu'elle est la plus brillante de la constellation, elle est classée comme étant béta Gem, une étrangeté historique. La tête de son frère n'est autre que Castor. Et c'est en fait cette seconde étoile qui possède un intérêt certain, bien plus que Pollux.
En effet, Castor, que vous devrez absolument aller voir de près n'est pas une simple étoile, mais un système multiple!
Castor possède deux composantes principales, blanches et brillantes, séparées par 6'' d'arc, mais chacune de ces composantes se trouve être elle-même un système binaire ! Et une troisième composante, elle-même également binaire gravite à 72'' de là. Castor est ainsi une étoile sextuple !! Une belle curiosité cise à 50 ans de nous pour la lumière.
Promenons nous plus avant parmi ces Gémeaux, nous nous dirigeons depuis Castor vers la main partagée par les deux frangins en descendant, et on s'arrête après avoir fait 3/4 du chemin. Ici se trouve un duo là encore, mais qui forme un unique objet en réalité. Il s'agit de NGC 2371 et 2372, qui sont deux lobes d'une même nébuleuse planétaire. Ces deux lobes sont symétriques et sont presque séparés, ce qui leur a valu un numéro chacun dans le New General Catalogue...
Poursuivons en nous rendant sur la main droite de Pollux. Cette étoile s'appelle Kappa Gem, elle vaut le coup d'oeil par sa nature double, étoiles séparées par 7.2'', une composante est jaune (magnitude 3.7) et l'autre blanche (magnitude 8.2).
Nous descendons maintenant légèrement en direction du genou de Pollux, pour trouver un peu au milieu de nulle part NGC 2420, un amas ouvert sympathique composé d'étoiles faibles, qui a l'avantage de très bien se détacher de son environnement.
Mais tout cela n'était qu'un échauffement, vous vous en doutez.... Nous allons passer au sérieux! Quand on est dans les Gémeaux, il faut aller voir l'une des plus célèbres nébuleuses planétaires du ciel, pas moins!
Il s'agit de la Nébuleuse du Clown (NGC 2392), qui a la particularité de montrer son étoile centrale (bien brillante avec une magnitude de 10.5). Cette nébuleuse planétaire est magnifique. On peut y déceler des détails dans son disque avec un télescope de plus de 200 mm.
Allez ensuite vous reposer les yeux non loin de là en vous rendant sur le ventre de Pollux et l'étoile Wasat.
Cette étoile double est amusante de par la différence d'éclat entre ses deux composantes (3.5 et 8.2) séparées par 5.4'', la plus faible des deux étant nettement jaune, presque orange.
Avant de finir en beauté comme à notre habitude, je vous envoie voir un petit amas assez difficile à voir. C'est NGC 2158, composé d'étoiles faibles et qui se situe du côté Castor, plus exactement à côté de son pied gauche. Voir cet amas est un très bon indicateur de la qualité de votre ciel...
Alors nous arrivons à la fin de notre voyage dans les Gémeaux, et je vous invite au clou du spectacle : tout juste à côté de NGC 2158, vous trouverez sans mal M35,qui est probablement l'un des plus beaux amas ouverts de notre ciel. On peut y voir une sorte de chaîne d'étoiles qui traverse son centre. De nombreuses étoiles doubles y sont cachées, saurez-vous les trouver ?
| M35 et NGC 2158 |
Voir aussi :
Le Ciel d'Hiver : le Taureau
Le Ciel d'Hiver : les Gémeaux
Le Ciel d'Hiver : Le Cocher
Cartes produites avec Stellarium 0.12.1
07/01/13
Le Ciel d'Hiver : Les Gémeaux
Les GEMEAUX
Tout juste au Nord de la constellation d'Orion, se trouvent deux frères qui se donnent la main... les Gémeaux (Gemini) de la mythologie, Castor et Pollux, fils de Léda et Zeus. Castor et Pollux sont en fait les étoiles principales de cette constellation des Gémeaux.
Approchons nous de cette constellation pour y découvrir les objets à voir ou à revoir....
La tête de notre premier jumeau s'appelle Pollux, alors qu'elle est la plus brillante de la constellation, elle est classée comme étant béta Gem, une étrangeté historique. La tête de son frère n'est autre que Castor. Et c'est en fait cette seconde étoile qui possède un intérêt certain, bien plus que Pollux.
En effet, Castor, que vous devrez absolument aller voir de près n'est pas une simple étoile, mais un système multiple!
Castor possède deux composantes principales, blanches et brillantes, séparées par 6'' d'arc, mais chacune de ces composantes se trouve être elle-même un système binaire ! Et une troisième composante, elle-même également binaire gravite à 72'' de là. Castor est ainsi une étoile sextuple !! Une belle curiosité cise à 50 ans de nous pour la lumière.
Promenons nous plus avant parmi ces Gémeaux, nous nous dirigeons depuis Castor vers la main partagée par les deux frangins en descendant, et on s'arrête après avoir fait 3/4 du chemin. Ici se trouve un duo là encore, mais qui forme un unique objet en réalité. Il s'agit de NGC 2371 et 2372, qui sont deux lobes d'une même nébuleuse planétaire. Ces deux lobes sont symétriques et sont presque séparés, ce qui leur a valu un numéro chacun dans le New General Catalogue...
Poursuivons en nous rendant sur la main droite de Pollux. Cette étoile s'appelle Kappa Gem, elle vaut le coup d'oeil par sa nature double, étoiles séparées par 7.2'', une composante est jaune (magnitude 3.7) et l'autre blanche (magnitude 8.2).
Nous descendons maintenant légèrement en direction du genou de Pollux, pour trouver un peu au milieu de nulle part NGC 2420, un amas ouvert sympathique composé d'étoiles faibles, qui a l'avantage de très bien se détacher de son environnement.
Mais tout cela n'était qu'un échauffement, vous vous en doutez.... Nous allons passer au sérieux! Quand on est dans les Gémeaux, il faut aller voir l'une des plus célèbres nébuleuses planétaires du ciel, pas moins!
Il s'agit de la Nébuleuse du Clown (NGC 2392), qui a la particularité de montrer son étoile centrale (bien brillante avec une magnitude de 10.5). Cette nébuleuse planétaire est magnifique. On peut y déceler des détails dans son disque avec un télescope de plus de 200 mm.
Allez ensuite vous reposer les yeux non loin de là en vous rendant sur le ventre de Pollux et l'étoile Wasat.
Cette étoile double est amusante de par la différence d'éclat entre ses deux composantes (3.5 et 8.2) séparées par 5.4'', la plus faible des deux étant nettement jaune, presque orange.
Avant de finir en beauté comme à notre habitude, je vous envoie voir un petit amas assez difficile à voir. C'est NGC 2158, composé d'étoiles faibles et qui se situe du côté Castor, plus exactement à côté de son pied gauche. Voir cet amas est un très bon indicateur de la qualité de votre ciel...
Alors nous arrivons à la fin de notre voyage dans les Gémeaux, et je vous invite au clou du spectacle : tout juste à côté de NGC 2158, vous trouverez sans mal M35,qui est probablement l'un des plus beaux amas ouverts de notre ciel. On peut y voir une sorte de chaîne d'étoiles qui traverse son centre. De nombreuses étoiles doubles y sont cachées, saurez-vous les trouver ?
| M35 et NGC 2158 |
02/01/13
Le Ciel d'Hiver : le Taureau
En ce moment, le majestueux Jupiter se trouve dans le Taureau, exactement entre Aldébaran et les pléiades, objets emblématiques de cette constellation, l'occasion pour nous de nous rappeler quelles sont les beautés à observer dans le Taureau en cet hiver...
Le TAUREAU
Tout juste située à côté d'Orion se trouve la constellation du Taureau, qui recèle elle aussi quelques merveilles. Il vous suffit de regarder en direction du Sud, vous reconnaissez facilement Orion et son baudrier, regardez à sa droite, légèrement plus haut, vous distinguez une étoile très orangée, c'est l'étoile principale du Taureau, Aldébaran. Non loin de là, vous pouvez certainement voir un petit groupe de six ou sept petites étoiles très serrées, une sorte de Grande Ourse miniature, les Pléiades, c'est un joyaux sur lequel nous reviendrons...
Et nous allons voir que le Taureau a aussi d'autres cordes à son arc..
Et nous allons voir que le Taureau a aussi d'autres cordes à son arc..
Traçons maintenant les différentes constellations qui entourent Orion pour bien repérer le Taureau.
Vous le voyez ? Rapprochons nous maintenant de plus près pour en explorer les objets intéressants...
Nous commençons notre périple taurin par un coup d’œil sur l'étoile qui nous a permis de localiser si facilement la constellation : Aldébaran. Cette étoile possède une couleur très spécifique, d'un orange cuivré.
Je vous invite ensuite à remonter en direction de l'étoile brillante qui surplombe Orion et le Taureau et qui s'appelle Alnath. Vous vous arrêterez sur NGC1647 qui est un grand amas ouvert composé de nombreuses étoiles assez brillantes. Cet amas doit être privilégié à faible grossissement pour bien en profiter.Nous poursuivons notre montée vers le Nord pour retrouver un autre amas ouvert, NGC 1746, lui aussi assez étendu, mais moins dense que NGC 1647. Cet amas devra être observé avec un grossissement encore plus faible que précédemment, moins de 40X.
Vous poursuivrez votre voyage cette fois-ci en bifurquant légèrement vers Orion et Bellatrix. A environ 1/3 de la distance séparant NGC 1746 et Bellatrix se trouve une belle curiosité. La encore il s'agit d'amas ouverts. Mais il y en a deux. Très proches l'un de l'autre, et suffisamment différents.
Alors que NGC 1807 est un amas ouvert plutôt petit et peu peuplé, NGC 1817, lui, est un bel amas ouvert, bien plus riche et plus dense que NGC 1807, ces étoiles sont en revanche assez faibles.
Nous continuons ensemble notre exploration du Taureau en remontant tout en haut, pas loin de Alnath avec un objet historique. Historique parce qu'il est le premier qu'a catalogué Charles Messier en lui affectant le numéro M1, mais aussi par son histoire... En effet M1 est la nébuleuse du Crabe, dont l'origine est très bien connue, puisqu'il s'agit des restes gazeux d'une étoile qui a explosé en 1054, il y a presque 1000 ans maintenant. Cette supernova a été observée à l'époque par les astronomes chinois qui en ont écrit l'observation...
C'est aujourd'hui une nébuleuse brillante de forme un peu oblongue. On reconnaît facilement sa
silhouette si caractéristique à grossissement fort.
| M1 |
Quittons maintenant le monde nébuleux et je vous emmène voir une étoile, disons plutôt des étoiles. Entre M1 et Alnath se trouve la dénommée 118 Tau qui a l'intérêt d'être une étoile double (magnitudes 5.8 et 6.7), séparées par 4.7'', une blanche et sa compagne légèrement bleutée.
Redescendons maintenant de l'autre côté du Taureau. Nous nous dirigeons vers les Pléiades, mais en s'arrêtant à mi-chemin environ. Il y a là deux étoiles doubles dignes d'intérêt, situées non loin, à moins de 2° l'une de l'autre : Phi Tau et Khi Tau. Phi Tau a ma préférence du fait de son beau contraste de couleurs : jaune et bleu, mais Khi est amusante à séparer, même si le jeu en est facile.
Avant de finir en beauté par le plus bel objet du Taureau, nous devrons passer quand même quelques minutes, voire un peu plus sur un objet difficile à voir. Il s'agit de NGC 1514, une nébuleuse planétaire assez étendue,
pas tout à fait ronde, qui est située autour d'une étoile brillante. L'utilisation d'un filtre de type OIII est vivement recommandé afin de bien discerner les contour de cette nébuleuse planétaire.
Nous arrivons maintenant au clou du spectacle que peut nous offrir le Taureau, avec cet amas que nous avons déjà vu au départ de notre voyage. Nous le voyons bien à l’œil nu, et c'est probablement avec de simples jumelles que vous pourrez admirer le mieux M45, les Pléiades, ce magnifique amas ouvert très vaste. Si on arrive à distinguer environ une petite dizaine d'étoiles à l’œil nu, M45 recèle en fait pas moins d'une 3000 étoiles.
Et l'usage d'un télescope permettant un grossissement conséquent n'est pas utile, bien au contraire, du fait de l'étendue de l'amas (4 fois le diamètre apparent de la Lune) !
Pour profiter pleinement de la beauté des Pléiades,
privilégiez le champ le plus grand possible! Les voir toutes ensemble
est un pur ravissement.
Voir aussi :
28/12/12
Le Ciel d'Hiver : Orion
S'il n'y avait qu'une constellation à observer dans le ciel d'hiver ce serait Orion. Il vous suffit de regarder en direction du Sud, et on ne voit qu'elle, avec sa forme si particulière... Et nous allons voir qu'Orion nous offre presque tous les types d'objets astronomiques que l'on puisse admirer...
Traçons maintenant les différentes constellations qui entourent Orion. Le Taureau, les Gémeaux, La licorne et le Petit et le Grand Chien ainsi que le Lièvre viennent entourer l'archer céleste.
Rapprochons nous maintenant un peu d'Orion... et découvrons toutes les merveilles qui s'y cachent...
Faisons donc une petite liste et traçons sur cette carte les différents objets remarquables d'Orion... Avant d'en faire le tour.
Nous commençons notre découverte par l'étoile la plus brillante de la
constellation, qui montre une belle couleur rouge-orangée, c'est Bételgeuse (alpha Ori).
Quand on observe Orion, il faut toujours surveiller Bételgeuse, pour la
simple raison que cette étoile qui est une supergéante rouge située à
400 années-lumières seulement, peut exploser d'une minute à l'autre en
une formidable explosion qui la rendra aussi lumineuse que la pleine
lune et la rendra même visible en plein jour... Il faut donc y garder un œil des fois que ça arrive pile au moment où vous levez la tête...
Nous descendons maintenant dans le dos de l'archer pour trouver une nébuleuse assez brillante, M78 (magnitude 8.0), qui enveloppe trois étoiles dont deux brillantes et une autre plus faible. Cette nébuleuse est presque ronde. Le
champ autour est pauvre en étoiles car caché par un nuage
plus sombre.
Non loin de là un peu plus bas, nous rencontrons une autre petite nébuleuse, NGC 2024 aussi appelée la nébuleuse de la Flamme, qui se trouve juste à côté de la très brillante Alnitak. Il est préférable de ne pas intégrer Alnitak dans le champ de vue pour bien profiter de NGC 2024.
Juste en dessous de Alnitak, nous trouvons un petit joyau, l'étoile Sigma Ori, qui est une étoile non pas double, mais quadruple ! (magnitudes respectives : 3.7, 8.8, 6.6 et 6.3). Ces quatre composantes sont étonnamment alignées...
Descendons encore doucement en direction du point central qui fait l'identité de Orion, mais arrêtons juste avant, nous arrivons sur un amas ouvert, dénommé NGC 1981 peu fourni mais montrant toutefois de belles étoiles brillantes. Et on peut y voir deux doubles parmi les six étoiles principales de
l'amas.
Encore un petit effort et nous arriverons bientôt au Graal d'Orion. Nous descendons très doucement pour trouver une nébuleuse un peu ronde, M43, qui est un petit peu la tête de celle qui nous attend juste en dessous, cette pure merveille du ciel, ce Graal hivernal, la Grande Nébuleuse d'Orion, alias M42, qui vient s'éclairer par la quadruple Théta Ori, appelé aussi le trapèze, qui est en fait accompagnée de deux autres étoiles plus faibles.
M42 se déploie majestueusement tel un oiseau immortel, visible à l’œil nu sous un bon ciel, déjà impressionnant aux jumelles et somptueux au télescope... Sans doute la plus belle nébuleuse du ciel.
M42 se déploie majestueusement tel un oiseau immortel, visible à l’œil nu sous un bon ciel, déjà impressionnant aux jumelles et somptueux au télescope... Sans doute la plus belle nébuleuse du ciel.
On quitte avec regret M42 pour descendre un peu en dessous et trouver Iota Ori, qui est une étoile double figurant le bout de l'épée de notre cher guerrier. Elle est d'ailleurs entourée d'une nébulosité qu'elle éclaire (NGC 1980 pour la nommer).
Nous bifurquons maintenant pour aller sur le pied de notre archer préféré et retrouver la très brillante Rigel
(béta Ori) qui est en fait une étoile double avec deux composantes
bleues, une très brillante et l'autre très faible, à chercher dans la
lumière aveuglante de la première...
Il nous faut maintenant remonter vers le Nord, en direction de l'arc. Nous tombons sur NGC 1788 qui est
une nébuleuse à réflexion assez peu contrastée. Elle possède une forme singulière puisqu'elle semble être formée de deux lobes chacun centré sur une étoile,
le lobe brillant correspondant à l'étoile la plus faible des deux.
Avant de remonter franchement vers le Nord, revenons quelque peu vers le centre de la constellation, en direction de ce trio caractéristique... Nous nous arrêtons sur une étoile brillante, qui porte le petit nom de Eta Ori, en fait une étoile double dont les composantes (magnitudes 3.6 et 4.7) ne sont séparées que par 1.7 seconde d'arc, que vous vous amuserez à séparer (un bon télescope d'au moins 200 mm est requis ici).
Dirigeons nous vers l'arc justement. Je vous convie à jeter un œil averti sur cette étoile brillante : Rho Ori. Jolie étoile double (magnitudes 4.6 et 8.5) composée d'une étoile orange brillante et d'une compagne plus faible bleutée séparée par 7'' d'arc.
Continuons encore notre remontée jusqu'au bout de l'Arc céleste. Ici se cache NGC 1662, petit amas ouvert assez peu fourni, mais amusant, avec une étoile bien jaune trônant en plein milieu.
Nous continuons notre tour en nous dirigeant vers ce qui figure la tête d'Orion, savoir l'étoile Lambda Ori, et je devrais plutôt dire les étoiles Lambda car c'est là encore une étoile quadruple ! Avec deux composantes très proches et deux autres plus éloignées... Un très beau petit système.
Allez, il vous reste encore deux objets à aller voir, tout d'abord, allez en direction de Bételgeuse à partir de Lambda Ori mais arrêtez vous à un tiers du chemin. Qu'y a-t-il à voir ici ? Pour changer, il s'agit d'une petite nébuleuse planétaire qui a la particularité de ne pas apparaître tout à fait uniforme : NGC 2022.
Nous terminons ce tour d'Orion par le bel amas ouvert NGC 2169, qui se trouve comme perché tout en haut de cette constellation. Plusieurs membres de ce sympathique amas sont en fait des étoiles doubles.
Il ne manque à Orion finalement que quelques galaxies et quelques amas globulaires pour en faire une constellation plus que parfaite.
Mais elle a pour elle de posséder la Grande Nébuleuse, ce qui vaut évidemment toutes les galaxies...
Mais elle a pour elle de posséder la Grande Nébuleuse, ce qui vaut évidemment toutes les galaxies...
Voir aussi :
Le Ciel d'Hiver : Orion
Le Ciel d'Hiver : le Taureau
Le Ciel d'Hiver : les Gémeaux
Le Ciel d'Hiver : Le Cocher
Le Ciel d'Hiver : le Taureau
Le Ciel d'Hiver : les Gémeaux
Le Ciel d'Hiver : Le Cocher
Cartes produites avec Stellarium 0.12.1
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