Les étoiles les plus massives se forment au sein d’amas denses où les interactions gravitationnelles avec des étoiles voisines sont communes. Les deux étoiles massives en formation les plus proches de nous, nommées BN (environ 10 masses solaires) et Source I (6 masses solaires) sont localisées juste derrière la grande nébuleuse d’Orion ; elles apparaissent avoir été éjectées dans des directions opposées par de telles interactions, et elles ne sont pas seules…
Astronomie, Astrophysique, Astroparticules, Cosmologie. L'infini se contemple, indéfiniment. ISSN 2272-5768
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03/02/17
25/02/15
Aux Origines de la Nébuleuse d'Orion
La grande nébuleuse d'Orion (M42) est un incontournable de la constellation du même nom, et donc un incontournable du ciel d'hiver, la saison idoine pour observer les joyaux d'Orion. Cette magnifique nébuleuse qui est si vaste et brillante qu'elle peut être vue à l’œil nu malgré sa distance de 1350 années-lumière, a pourtant des origines assez mal comprises.
On sait qu'il s'agit d'une nurserie stellaire, là où naissent des centaines d'étoiles par condensation de gaz, mais d'où vient tout ce gaz est resté longtemps un mystère. De nouvelles observations grâce à une nouvelle technique d'imagerie de la région de M42 viennent de montrer l'existence d'un très vaste anneau de poussière de plusieurs centaines d'années-lumière, dont la nébuleuse ne fait qu'une petite partie. Cette découverte, publiée dans The Astrophysical Journal par une équipe internationale, dont un astronome français, donne des indices sur l'origine de la Grande Nébuleuse : des explosions d'étoiles massives qui auraient été situées au centre de l'anneau actuel auraient pu éjecter quantité de poussière et de gaz qui par la suite aurait pu produire la nurserie d'Orion.
L'équipe animée par Eddie Schafly, du Max Planck Institute for Astronomy a trouvé cet anneau de poussière en utilisant le télescope Pan-STARRS de 1,8 m à Hawaï. Ils cherchaient de la poussière interstellaire en observant le rougissement caractéristique de la lumière d'étoiles lointaines produit par la présence de poussière. Ils ont cartographié ainsi la zone d'Orion en trois dimensions par l'observation de plus de 20 millions d'étoiles. Le diamètre de l'anneau découvert fait exactement 330 années-lumière de diamètre, il est si grand qu'on pourrait y inclure 27 pleines lunes... Et la grande nébuleuse d'Orion s'y trouve dans une de ses sections les plus denses.
Les astrophysiciens proposent un scénario pour l'origine de la nébuleuse d'Orion à partir de la découverte de cet énorme anneau de poussière : il y a environ 10 millions d'années (la nébuleuse n'existait pas), un groupe d'étoiles massives apparurent. Ces étoiles très chaudes et lumineuses auraient émis un intense rayonnement UV qui ionise l'hydrogène interstellaire autour d'elles. Ce rayonnement produit une sorte de bulle de gaz et de poussière en expansion, qui se serait accéléré encore davantage lorsque les étoiles massives auraient explosé en supernovas.
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| La nébuleuse d'Orion (M42) imagée par le télescope spatial Hubble (ESA/NASA) |
Puis une partie de la surface de la bulle aurait pu être suffisamment dense pour se recontracter sous l'effet de la gravitation et former de toutes nouvelles étoiles, notamment cette région très riche, rendant lumineux le gaz et la poussière, qu'on admire aujourd'hui tous les hivers sous le nom de Nébuleuse d'Orion.
Ce scénario est bien évidemment une première ébauche et nécessitera d'être confirmé. Pour cela, il faudra montrer que l'anneau de poussière est en expansion. Mesurer sa vitesse d'expansion permettra d'autre part de remonter le temps et de savoir quand à débuté cette expansion, et donc de déterminer assez précisément la séquence des événements qui ont donné naissance à la nébuleuse d'Orion.
La découverte de cet anneau de poussière s'avère une découverte importante pour mieux comprendre les phénomènes de formation d'étoiles, bien au-delà du cas particulier de la nurserie d'Orion...
Source :
Three-dimensional Dust Mapping reveals that Orion Forms Part of a Large Ring of Dust
E. F. Schlafly et al.
ApJ 799 116 (2015)
28/12/12
Le Ciel d'Hiver : Orion
S'il n'y avait qu'une constellation à observer dans le ciel d'hiver ce serait Orion. Il vous suffit de regarder en direction du Sud, et on ne voit qu'elle, avec sa forme si particulière... Et nous allons voir qu'Orion nous offre presque tous les types d'objets astronomiques que l'on puisse admirer...
Traçons maintenant les différentes constellations qui entourent Orion. Le Taureau, les Gémeaux, La licorne et le Petit et le Grand Chien ainsi que le Lièvre viennent entourer l'archer céleste.
Rapprochons nous maintenant un peu d'Orion... et découvrons toutes les merveilles qui s'y cachent...
Faisons donc une petite liste et traçons sur cette carte les différents objets remarquables d'Orion... Avant d'en faire le tour.
Nous commençons notre découverte par l'étoile la plus brillante de la
constellation, qui montre une belle couleur rouge-orangée, c'est Bételgeuse (alpha Ori).
Quand on observe Orion, il faut toujours surveiller Bételgeuse, pour la
simple raison que cette étoile qui est une supergéante rouge située à
400 années-lumières seulement, peut exploser d'une minute à l'autre en
une formidable explosion qui la rendra aussi lumineuse que la pleine
lune et la rendra même visible en plein jour... Il faut donc y garder un œil des fois que ça arrive pile au moment où vous levez la tête...
Nous descendons maintenant dans le dos de l'archer pour trouver une nébuleuse assez brillante, M78 (magnitude 8.0), qui enveloppe trois étoiles dont deux brillantes et une autre plus faible. Cette nébuleuse est presque ronde. Le
champ autour est pauvre en étoiles car caché par un nuage
plus sombre.
Non loin de là un peu plus bas, nous rencontrons une autre petite nébuleuse, NGC 2024 aussi appelée la nébuleuse de la Flamme, qui se trouve juste à côté de la très brillante Alnitak. Il est préférable de ne pas intégrer Alnitak dans le champ de vue pour bien profiter de NGC 2024.
Juste en dessous de Alnitak, nous trouvons un petit joyau, l'étoile Sigma Ori, qui est une étoile non pas double, mais quadruple ! (magnitudes respectives : 3.7, 8.8, 6.6 et 6.3). Ces quatre composantes sont étonnamment alignées...
Descendons encore doucement en direction du point central qui fait l'identité de Orion, mais arrêtons juste avant, nous arrivons sur un amas ouvert, dénommé NGC 1981 peu fourni mais montrant toutefois de belles étoiles brillantes. Et on peut y voir deux doubles parmi les six étoiles principales de
l'amas.
Encore un petit effort et nous arriverons bientôt au Graal d'Orion. Nous descendons très doucement pour trouver une nébuleuse un peu ronde, M43, qui est un petit peu la tête de celle qui nous attend juste en dessous, cette pure merveille du ciel, ce Graal hivernal, la Grande Nébuleuse d'Orion, alias M42, qui vient s'éclairer par la quadruple Théta Ori, appelé aussi le trapèze, qui est en fait accompagnée de deux autres étoiles plus faibles.
M42 se déploie majestueusement tel un oiseau immortel, visible à l’œil nu sous un bon ciel, déjà impressionnant aux jumelles et somptueux au télescope... Sans doute la plus belle nébuleuse du ciel.
M42 se déploie majestueusement tel un oiseau immortel, visible à l’œil nu sous un bon ciel, déjà impressionnant aux jumelles et somptueux au télescope... Sans doute la plus belle nébuleuse du ciel.
On quitte avec regret M42 pour descendre un peu en dessous et trouver Iota Ori, qui est une étoile double figurant le bout de l'épée de notre cher guerrier. Elle est d'ailleurs entourée d'une nébulosité qu'elle éclaire (NGC 1980 pour la nommer).
Nous bifurquons maintenant pour aller sur le pied de notre archer préféré et retrouver la très brillante Rigel
(béta Ori) qui est en fait une étoile double avec deux composantes
bleues, une très brillante et l'autre très faible, à chercher dans la
lumière aveuglante de la première...
Il nous faut maintenant remonter vers le Nord, en direction de l'arc. Nous tombons sur NGC 1788 qui est
une nébuleuse à réflexion assez peu contrastée. Elle possède une forme singulière puisqu'elle semble être formée de deux lobes chacun centré sur une étoile,
le lobe brillant correspondant à l'étoile la plus faible des deux.
Avant de remonter franchement vers le Nord, revenons quelque peu vers le centre de la constellation, en direction de ce trio caractéristique... Nous nous arrêtons sur une étoile brillante, qui porte le petit nom de Eta Ori, en fait une étoile double dont les composantes (magnitudes 3.6 et 4.7) ne sont séparées que par 1.7 seconde d'arc, que vous vous amuserez à séparer (un bon télescope d'au moins 200 mm est requis ici).
Dirigeons nous vers l'arc justement. Je vous convie à jeter un œil averti sur cette étoile brillante : Rho Ori. Jolie étoile double (magnitudes 4.6 et 8.5) composée d'une étoile orange brillante et d'une compagne plus faible bleutée séparée par 7'' d'arc.
Continuons encore notre remontée jusqu'au bout de l'Arc céleste. Ici se cache NGC 1662, petit amas ouvert assez peu fourni, mais amusant, avec une étoile bien jaune trônant en plein milieu.
Nous continuons notre tour en nous dirigeant vers ce qui figure la tête d'Orion, savoir l'étoile Lambda Ori, et je devrais plutôt dire les étoiles Lambda car c'est là encore une étoile quadruple ! Avec deux composantes très proches et deux autres plus éloignées... Un très beau petit système.
Allez, il vous reste encore deux objets à aller voir, tout d'abord, allez en direction de Bételgeuse à partir de Lambda Ori mais arrêtez vous à un tiers du chemin. Qu'y a-t-il à voir ici ? Pour changer, il s'agit d'une petite nébuleuse planétaire qui a la particularité de ne pas apparaître tout à fait uniforme : NGC 2022.
Nous terminons ce tour d'Orion par le bel amas ouvert NGC 2169, qui se trouve comme perché tout en haut de cette constellation. Plusieurs membres de ce sympathique amas sont en fait des étoiles doubles.
Il ne manque à Orion finalement que quelques galaxies et quelques amas globulaires pour en faire une constellation plus que parfaite.
Mais elle a pour elle de posséder la Grande Nébuleuse, ce qui vaut évidemment toutes les galaxies...
Mais elle a pour elle de posséder la Grande Nébuleuse, ce qui vaut évidemment toutes les galaxies...
Voir aussi :
Le Ciel d'Hiver : Orion
Le Ciel d'Hiver : le Taureau
Le Ciel d'Hiver : les Gémeaux
Le Ciel d'Hiver : Le Cocher
Le Ciel d'Hiver : le Taureau
Le Ciel d'Hiver : les Gémeaux
Le Ciel d'Hiver : Le Cocher
Cartes produites avec Stellarium 0.12.1
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