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30/11/11

Revue de presse cosmoastroparticulière, semaine 48


Cette semaine, Astroparticle Physics offre dans son numéro de décembre un article détaillant la proposition d'une future expérience embarquée en ballon stratosphérique au dessus de l'Antarctique (P.W. Gorham et al. Astroparticle Physics 35 (2011) 242–256). Cette expérience américaine, baptisée EVA (ExaVolt Antenna) devrait prendre la suite d'une expérience actuellement en cours basée sur le même concept, ANITA, dont le but est de détecter des neutrinos de très haute énergie.
Cette détection est effectuée grâce à un effet particulièrement intéressant qui est la production d'ondes radio par les interactions de particules dans des milieux diélectriques comme la glace, l'effet Askaryan . EVA doit "écouter" la glace de l'Antarctique pour récolter environ une trentaine de neutrinos de l'ordre de l'Etaelectronvolt (10^18 eV) par vol.


Dans la livraison de novembre encore chaude d'Astroparticle Physics, une revue (K.N. Abazajiana et al. Astroparticle Physics 35 (2011) 177–184) fait le point sur les différentes méthodes de mesure de la masse des neutrinos -encore eux- par l'utilisation de données astrophysiques et cosmologiques, qui permettent de fournir de puissantes contraintes tout à fait complémentaires de celles obtenues en laboratoire auprès de réacteurs ou d'accélérateurs.
La différence essentielle vient du fait que les données astrophysiques ne fournissent qu'une valeur de la masse totale des trois différents neutrinos alors qu'en "laboratoire", une évaluation de chaque famille séparément (ou presque) est accessible.
Les mesures d'oscillation faites sur terre donne le carré de l'écart de masse entre deux familles de neutrinos de l'ordre de 0.05 eV², ce qui fournit une limite inférieure pour la masse totale. Les observations astrophysiques quant à elles fournissent directement une limite supérieure à cette masse totale, qui est environ 4 à 10 fois supérieure à la limite inférieure, ce qui laisse un champ d'investigation assez important.

Le Journal of Cosmology and Astroparticle Physics (JCAP), dans son numéro 26, donne la parole aux découvreurs de l'anomalie de vitesse des neutrinos (Autiero et al. JCAP11(2011)026).
Ils proposent de relier cette observation hors norme à un phénomène observé - ou plutôt non observé - par l'expérience IceCube. IceCube est une expérience dédiée à la détection de neutrinos, notamment ceux liés à des événements de bursts gamma et devant arriver en coïncidence avec eux.
Comme IceCube ne détecte pas les neutrinos attendus d'après le modèle des bursts gamma (voir aussi ici), et sachant que la source de ces bursts gamma scrutée se situe à une distance très importante de nous, la différence de vitesse des neutrinos telle que mesurée par OPERA, pourrait en être la cause.
Leur vitesse par rapport aux photons gamma serait telle que les neutrinos, émis en coïncidence au départ, arriveraient sur terre environ un siècle avant les photons gamma.
Les auteurs font judicieusement remarquer qu'en revanche, si jamais des neutrinos sont bien détectés en coïncidence avec les bursts gamma un jour dans IceCube, cela réfutera immédiatement les résultats supraluminiques de OPERA.

Enfin le volume 29 du JCAP nous propose un article de Fabio Iocco et al. qui ont quant à eux recalculé la densité de matière noire à partir des effets, pris ensemble - c'est ce qui est nouveau - de microlentilles et de dynamique des structures. En considérant l'hypothèse classique de distribution des baryons dans la galaxie et en prenant en compte la présence de gaz intragalactique, la densité locale de matière noire est calculée entre 0.20 et 0.56 GeV/cm3, ce qui est en total accord avec la densité mesurée par d'autres techniques.
Leur étude permet en outre de rejeter l'hypothèse d'une matière noire fortement comprimée adiabatiquement.


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26/11/11

Revue de presse très cosmoastroparticulière, semaine 47

Revue de presse très cosmoastroparticulière, semaine 47

Cette semaine, la planétologie est à la Une de Nature avec les grands lacs d'Europe, satellite de Jupiter dont on soupçonne plus que fortement la présence d'océans couverts de glace.

Schmidt et al., Nature 479, 502–505 (24 November 2011) font une analyse de données d'archives de Galileo sur Europe, guidés par une comparaison avec les processus observés sur Terre dans les volcans sous-glaciaires et les plateaux de glace.
Leurs résultats suggèrent que les interactions de l'eau glacée sont à l'origine des morphologies différentes et de la topologie singulière des terrains chaotiques observés sur une couche de glace de seulement 3 km. La topographie en contrebas de Thera Macula indique que Europe est dans une phase de resurfaçage active sur une lentille d'eau comparable en volume aux Grands Lacs d'Amérique du Nord.

Du côté de Science, cette semaine, on se penche sur l'origine des rayons cosmiques galactiques.
Ackermann et al., Science 334 no. 6059, 1103-1107 (25 November 2011), ont identifié à l'aide du télescope Fermi, une superbulle à l'origine d'une source de rayons cosmiques.
Le LAT (Large Area Telescope) du télescope gamma spatial Fermi a pu détecter l'émission gamma de rayons cosmiques "jeunes". Leur localisation a été précisée dans un "cocon" peuplé de superbulles de gaz chaud ionisé parcouru en tous sens par des ondes chocs.
Cette détection de rayons gamma complète les informations obtenues à partir des mesures des rayons cosmiques antérieures et de leur composition isotopique. L'abondance isotopique mesurée par le spectromètre à rayons cosmiques du satellite de la NASA Advanced Composition Explorer sont notamment compatibles avec une source de rayons cosmiques comprenant un mélange d'environ 20% d'éjectas d'étoiles massives (vent stellaire et éjectas de coeurs effondrés de supernovae) et d'environ 80% de matière interstellaire normale (ISM) avec des abondances du système solaire.
En outre, des mesures des abondances élémentaires, du Carbone au Strontium , montrent une amélioration dans le tri en masse par rapport à celle obtenue avec les abondances "normales" de type ISM.
Les observations de Fermi rapportés par Ackermann et al., avec des mesures de la composition isotopique élémentaires des rayons cosmiques, suggèrent que les associations OB et leurs superbulles sont probablement la source d'une fraction importante des rayons cosmiques galactiques.

Toujours dans ce numéro de Science et toujours grâce au télescope gamma Fermi, on apprend cette semaine la détection de rayons gammas de très haute énergie (> 100 méga-électron volts) en pulsation, provenant du pulsar J1823-3021A situé dans l'amas globulaire NGC 6624 (Fermi LAT Collaboration, Science, Vol. 334 ,6059 pp. 1107-1110 (25 November 2011)). Sa lumnosité γ, Lγ = (8,4 ± 1,6) × 1034 ergs par seconde, est la plus élevée observée à ce jour pour un pulsar milliseconde (MSP), et il représente la quasi totalité de l'émission gamma de l'amas.
La non détection d'émission gamma dans l'amas dans la phase hors pulse implique que cet amas contient moins de 32 MSP émetteurs gamma, et non pas 100 comme précédemment estimé. La luminosité γ indique en outre que le taux anormalement élevé de changement de sa période est causée par la valeur intrinsèque du ralentissement de sa rotation. Il en est conclu que J1823-3021A possède le plus grand champ magnétique et est le plus jeune MSP jamais détecté et que ces objets pourraient être anormaux, et se formant à des taux comparables à ceux des MSP "normaux".


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