11/09/2011

Trois géantes gazeuses et des sangliers...

 Et voilà, de retour aux affaires astronomiques... Malgré un vent assez pénible, le ciel étant parfait, je ressors mon ami Dobson resté trop longtemps remisé à prendre la poussière...
Bon, oui, il ne s'agira pas de ciel profond, évidemment, la lune étant presque pleine, on y voit comme en plein jour... Non, j'ai décidé de regarder un trio gazeux. Plus exactement le trio de nos géantes gazeuses préférées.
Au programme de cette soirée : Neptune, située presque à l'aplomb de la lune, à environ une dizaine de degrés seulement... Autant dire un petit challenge en soi.
Ensuite, direction Uranus, assez simple à trouver grâce au carré de Pégase, et pour finir, celle qui fut la première lumière de ce Dobson, et qu'on avait quittée il y a de longs mois : Jupiter...

Arrivé sur mon site préféré au milieu de la garrigue vers 23h. L'éclairement lunaire est vraiment énorme, on y voit vraiment comme en plein jour... Et je vérifie tout de suite que je peux voir le carré de Pégase, qui sera mon repère pour Uranus. C'est limite, mais OK. Ouf.
Reprenons dans l'ordre, on commence par Neptune, déjà entraperçue à la fin du printemps si je ne m'abuse. Mais cette fois, point de repère, à part cette lune terrifiante. Allons-y... C'est armé de mon seul telrad que je me mets en quête.... D'après mon Stellarium, Neptune se trouve à 1,5 cercle environ, c'est tout ce que je sais. Autant dire que je tâtonne un peu. La méthode ? Positionner au telrad, regarder au viseur, chercher le point le plus bleu et brillant dans le champ puis regarder dans mon oculaire le plus gros (25 mm) pour vérifier si ça ressemble à la Neptune que j'avais vue la dernière fois... Et si ça colle, passer le 3.5 mm.
Il m'a fallu sans doute une bonne heure pour la trouver, je dois dire. Mais très heureux de retrouver ce petit point bleu, très petit certes, mais bien là. Challenge réussi.

Passons à la suite maintenant. Le carré de Pégase est toujours limite visible (bon on ne voit que les quatre étoiles du carré, rien d'autre...). Et pour localiser Uranus, il "suffit" de poursuivre le côté du carré le plus éloigné de la Lune et de descendre de la même distance que le côté. Vous me suivez ? Et bien sûr, tout ça en aveugle comme avant, alors après c'est viseur, à la recherche d'un point brillant et bleu si possible puis oculaire à faible grossissement puis on grossit. Méthode chevaline s'il en ait, mais il faut bien s'adapter.

Je dirais que vingt minutes m'ont suffit pour trouver ma chère Uranus, que mon ami Dobson voit pour la première fois. Ce joli petit disque bleu-vert, tout seul suspendu dans un ciel tout sauf noir. C'est beau, mais manque cruellement de fond étoilé...

Il est 0h40 et une petite pause café/casse-croûte s'impose avant de se jeter à corps perdu dans le monde Jovien.
Pour le coup, il m'a fallu quelques secondes pour fixer Jupiter directement dans mon Nagler 3.5 mm. C'est simple, après la Lune, ce soir, on ne voit qu'elle!... Bref, d'emblée à 340x, ça fout le tournis. Ca doit faire 5 mois que je ne l'avais plus regardée, cette Jupiter. Mais que c'est beau! Que de détails... Je n'avais pas encore ce Nagler 3.5 mm la dernière fois... Mais là je suis sous le charme de tous ces détails, de nombreuses bandes équatoriales, ces teintes oranges, blanches, de très fines bandes au Sud. J'ai presque l'impression de distinguer l'aplatissement du disque, il ne m'apparaît pas rond mais bien aplati...
Soudain, un bruit dans le silence de la nuit.
Qu'est ce que c'est que ça ?
Un grognement, ou plutôt un bruit de cochon... ça bouge dans les fourrés tout près. D'autres bruits de fouissement, c'est tout près. Je suis figé, j'ai Jupiter dans l’œil gauche et je surveille le fourré d'à côté de l’œil droit (le fourré est à ma gauche...). Je me souviens qu'un sanglier n'est pas que herbivore mais que ça bouffe de tout, ça pourrait même avaler une optique de pointe à 8 lentilles.... ;-), ou encore un gars hilare penché sur un tube blanc au milieu de nulle part...
Bref, ça farfouille en grognant comme ça une bonne dizaine de minutes sans que je parvienne à voir les bestioles... Pendant ce temps, je ne pense même pas à changer d'oculaire, je reste à 342X, mais en fait le vent est gênant, il fait bouger le tube, ce qui fait danser Jupiter et ses satellites (c'est bien le vent, oui, oui, ce n'est pas moi qui tremble, je ne vais pas me laisser intimider par un vulgaire cochon poilu).
Enfin, le silence revient. Et Jupiter est toujours là, majestueuse. Et je dégrossis enfin, passant à un Nag13+barlowX2, pour un grossissement sympathique de 185X.
Le spectacle est parfait, plus que parfait. Subjectif. Il ne manque qu'une seule chose finalement, c'est la grosse tâche, aaah... faudrait attendre encore un moment pour que la rotation fasse son boulot... mais je n'aurais pas le courage ce soir (matin). Restons sur cette image magnifique et gardons le grosse tâche pour plus tard. L'hiver sera long...
Il est presque 2h00 quand je remballe dans une humidité saisissante. Les sangliers sont déjà couchés, ouais, mais eux n'ont jamais vu Ganymède...


Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm, Barlow TV x2 filtres Moon et OIII, Guided by Telrad

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