samedi 5 novembre 2011

Eris : Une soeur jumelle pour Pluton

Voilà qu'on en sait plus sur cette planète naine qui navigue aux confins de notre système, la dénommée Eris. Elle a pu être caractérisée très précisément grâce à son passage devant une étoile lointaine, une occultation.
Cet événement a été observé fin 2010 par des télescopes de l'ESO (European Southern Observatory), parmi lesquels le télescope Belgo-suisse TRAPPIST qui est installé à l'Observatoire de La Silla.

Concernant sa taille, Eris est presque une jumelle parfaite de Pluton, puisque son diamètre a été évalué à 2326 +- 12 km. C'est une très bonne précision, bien meilleure que celle avec laquelle on connaît Pluton (2350 +- 50 km), qui est elle plus difficile à estimer du fait de l'existence d'une atmosphère qui "floute" le profil de lumière lors d'une occultation.

Point d'atmosphère visiblement sur Eris, mais en revanche sa surface est très réfléchissante, avec ce qu'on appelle un albedo de 0.96 (96% de la lumière est réfléchie à sa surface), ce qui fait de Eris l'un des objets les plus réflechissants de notre système solaire, après Encélade, le satellite glacé de Saturne...

D'où vient ce fort albedo ? Pour le savoir, le spectre d'absorption a été étudié et il a été montré la présence d'azote et de méthane; on serait alors en présence d'une surface de glace à deux saveurs, toutes deux  d'un blanc magnifique : azote/méthane, hummm....
En revanche, point de batailles de boules de neige en perspectives sur Eris... cette couche de glaces ne ferait que moins de 1 mm d'épaisseur à la surface de l'astre.

Vue d'artiste de Eris (ESO)
Il semblerait que cette couche de glace puisse résulter simplement de la condensation sous forme de givre d'une atmosphère d'azote et de méthane lorsqu'Eris s'éloigne du soleil sur son orbite très allongée.
Ce qui veut dire aussi que quand Eris est au plus près de notre bonne étoile, à environ 5.7 milliards de kilomètres tout de même, excusez du peu, la couche de glace pourrait se sublimer (redevenir du gaz), et Eris devenir très sombre...

Ce n'est pas tout, on les chercheurs exploitant TRAPPIST ont également pu estimer la température de surface de Eris (du moins la surface éclairée faisant face au soleil), et celle-ci vaut 33 K, soit -238°C. A gla gla.... et c'est beaucoup plus froid de l'autre côté (côté dans l'obscurité).

Dernière caractéristique qui a pu être calculée précisément sur Eris, sa densité ! Et pour calculer ça, il faut connaître sa masse et son volume et diviser l'un par l'autre. Le volume est connu grâce au diamètre mesuré. Reste la masse. Il se trouve que Eris possède un petit satellite, qui se prénomme Dysnomia.
Il suffit de mesurer le mouvement de Dysnomnia autour de Eris pour calculer sa masse. Et elle vaut 1,66 x 1022 kg - ce qui est seulement égal à 22% de la masse de la Lune - !...

La densité de Eris a donc été estimée à 2.53 (pour info la Lune est plus dense, 3.33, ce qui explique en partie la différence de masse).

Avec la valeur de densité, on en déduit des hypothèses quant à la nature interne de Eris, qui est probablement rocheux, avec une petite couche de glace, donc...


sources : ESO, Nature



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