09/11/2014

Comète Siding Spring + Mars : Premiers résultats d'analyses

C'était le 19 octobre dernier, la comète Siding Spring frôlait Mars sous les yeux très proches de plusieurs sondes en orbite autour de la planète rouge. Les scientifiques opérant ces sondes initialement dédiées à l'étude de Mars avaient bien sûr profité de cette occasion rarissime pour étudier la comète et ses interactions avec l'atmosphère martienne. Les premiers résultats viennent d'être rendus publics par les équipes américaines exploitant la sonde MAVEN.



En fait, les trois sondes MAVEN, MRO et Mars Express ont toutes les trois pu observer comment la comète a introduit de grandes quantités d'ions (des atomes ionisés) dans l'atmosphère de Mars, où plutôt son ionosphère, là où se concentre les couches de gaz ionisé.

Vue d'artiste de Siding Spring approchant Mars avec les sondes à l'affût
(NASA/JPL)
Siding Spring est passé à seulement 139500 km de Mars et sa queue a impacté l'atmosphère de la planète rouge. Se faisant, elle a produit dans l'atmosphère une pluie d'étoiles filantes monumentale comme les martiens n'en avaient pas vue depuis bien longtemps. Le nombre de météores a été évalué à de l'ordre de 1000 par heure...
Rétrospectivement, les scientifiques qui opèrent les sondes en orbite autour de Mars se réjouissent d'avoir modifié leurs trajectoires pour leur éviter de se trouver pile dans la queue de la comète... et pour pouvoir analyser plein de choses.
MAVEN a été exploité via son instrument IUS (Imaging Ultraviolet Spectrograph) qui a pu observer une émission intense d'ions de magnésium et de fer juste après la pluie de météores. Cette émission ultraviolet a dominé tout le spectre UV de Mars durant plusieurs heures avant de se dissiper lentement dans les deux jours suivants.
Un autre instrument de MAVEN, le NGIMS (Neutral Gas and Ion Mass Spectrometer) a permis de déterminer la composition d'une bonne partie de la poussière ayant impacté Mars. Huit types d'atomes ionisés ont été détectés, notamment du sodium, du magnésium et du fer. Cette mesure est la toute première mesure directe de la composition de la poussière d'une comète venant du nuage d'Oort.
La sonde européenne Mars Express, quant à elle, à observé une énorme augmentation de la densité d'électrons juste après l'approche la plus faible de la comète. C'est l'instrument MARSIS (Mars Advanced Radar for Subsurface and Ionospheric Sounding) qui a produit cette mesure. Ce pic d'ionisation dans l'atmosphère martienne a eu lieu à une altitude sensiblement plus basse que celle du maximum d'ionisation habituellement observé. Ce pic d'ionisation semble directement lié aux fines particules cométaires qui se désintégraient en brûlant dans l'atmosphère de Mars.

Ensuite, l'instrument SHARAD (Shallow Subsurface Radar) de la sonde MRO a lui aussi mis en évidence l'effet de la comète sur l'ionosphère en montrant que la denstié d'électrons produite dans l'ionosphère était supérieure à entre 5 et 10 fois la normale.
Mais MRO est aussi muni d'un excellent imageur, HiRISE (High Resolution Imaging Science Experiment) qui a permis de réveler une taille du noyau cométaire plus petite qu'estimée auparavant, avec seulement 2 km, et une période de rotation de 8 heures, ce qui en revanche confirme les observations antérieures effectuées avec Hubble. Les planétologues de MRO ont également essayé de détecter des composés chimiques en analysant le spectre de la lumière avec le spectromètre imageur CRISM (Compact Reconnaissance Imaging Spectrometer for Mars), mais sans pouvoir mettre en évidence la présence d'un composé particulier.

En plus de ces mesures qui ont été faites dans les minutes ou les heures ayant suivi le passage frôlant de Siding Spring, les sondes martiennes continuent aujourd'hui à mesurer l'atmosphère de Mars pour déceler d'éventuelles perturbations à caractère de long terme que la comète a pu induire.

Source : 
MAVEN collaboration
University of Boulder Colorado
http://lasp.colorado.edu/