08/06/2012

2 Erreurs Expérimentales pour OPERA, deux !

Alors ça y est, la collaboration OPERA a enfin admis l'erreur expérimentale qui les avait conduit à faire l'annonce rocambolesque que l'on sait à l'automne dernier. C'est au cours d'une conférence sur la physique du neutrino qui se déroule en ce moment-même à Kyoto (NEUTRINO 2012) que les physiciens de OPERA ont détaillé l'origine de leur erreur. 
Il faudrait en fait plutôt dire leurs erreurs, car elles sont au nombre de deux, rien de moins.
 On se souvient qu'ils trouvaient un temps de vol trop court de 60 ns. Et bien comme je l'avais déjà relaté ici il y a un moment, il existait bien une erreur de connexion de fibre optique sur une carte informatique, et on sait maintenant que cette erreur produisait un écart sur le temps de vol de -74 ns. 

Ca ne fait pas 60 ns me direz vous. Oui, car il y a la deuxième erreur, dans l'autre sens celle-ci, qui est due à un biais dans l'horloge utilisée (ou dans sa synchronisation) : + 15 ns.

Et voilà comment nous avons -74+15 = -59 ns, qui est donc égal (je vous fait cadeau d'une petite nanoseconde) à l'une des plus joyeuses découvertes de l'année 2011 avec l'apparition de tas de théories farfelues, des brainstormings douloureux, des fous rires... et qui a finalement valu plus d'une démission de physiciens en France comme en Italie...

Ce qui est assez amusant, c'est que les physiciens impliqués parviennent encore à positiver ces résultats en annonçant que c'est la mesure de vitesse des neutrinos la plus précise à ce jour (la nouvelle mesure bien sûr).... La différence de TOF (temps de vol) par rapport à la lumière est de 1.6 ns +- 1.1 ns (stat) [+6.1 -3.7] (sys).

Trois autres expériences ont également remesuré cette vitesse et obtiennent des résultats similaires, toujours compatibles avec la vitesse de la lumière :
BOREXINO : 2.7 ns +-1.2 (stat) +-3 (sys)  ns
ICARUS       : 5.1 ns +-1.1 (stat) +-5.5 (sys)  ns
LVD             : 2.9 ns +-0.6 (stat) +-3 (sys)  ns

En tous cas, l'affaire supraluminique est maintenant définitivement close... Et OPERA peut retourner à ses fondamentaux, c'est à dire l'étude de l'oscillométrie des neutrinos, ils annoncent d'ailleurs la détection de leur deuxième neutrino tau, une belle mesure celle-ci.