samedi 31 décembre 2016

Le plus grand relevé numérique du ciel mis à disposition du public


L'Institut d'Astronomie de l'Université de Hawaï et le Space Telescope Science Institute (STScI) viennent de rendre publiques les données du relevé Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope & Rapid Response System), le plus grand relevé numérique du ciel à ce jour, contenant plus de 3 milliards d'objets, étoiles de la Voie Lactée ou autres galaxies, des données désormais accessibles à tous.




Les relevés de Pan-STARRS 1 permettent depuis le 19 décembre à quiconque d'accéder à des millions d'images et à une base de données contenant des mesures de précision sur des milliards d'objets, de quoi donner de la matière aux spécialistes pour de très nombreuses études futures. Cette immense base de données pèse environ 2 Pétaoctets. Les données enregistrées durant 4 années par le télescope Hawaïen de 1,8 m de Pan-STARRS a déjà permis de découvrir des astéroïdes géocroiseurs, des objets de la ceinture de Kuiper, ainsi que des planètes errantes, elles ont également permis de produire une cartographie en trois dimensions de la poussière de notre galaxie ou encore de nouvelles supernovas, ainsi que des quasars distants.
Pan-STARRS a débuté ses opérations en mai 2010 au sommet du Haleakala, il scrute la totalité du ciel visible depuis Hawaï en plusieurs longueurs d'onde, visible et infra-rouge. Un des objectifs de Pan-STARRS, fruit d'une grande collaboration réunissant 10 institutions de 4 pays, était de détecter les objets en mouvement, transitoires ou variables, comme les astéroïdes menaçants par exemple. Durant ces quatre ans d'observations, le ciel a été entièrement enregistré 12 fois dans chacune des 5 longueurs d'ondes utilisées. 


Cette immense base de données qui est mise à disposition de tout le monde n'est que la première phase du projet : il s'agit de ce que les chercheurs appellent le "ciel statique", c'est à dire les valeurs moyennes mesurées pour chaque objet concernant la position, la luminosité et la couleur. En 2017 seront rendues publiques ces mêmes données mais à différentes époques, découpées durant quatre ans, fournissant ainsi une vue dynamique, l'évolution de ces paramètres pour chacun des milliards d'objets recensés.
La base de données est accessible via une interface internet fournie par le STScI de Baltimore qui abrite de nombreuses archives informatiques de télescopes spatiaux et d'autres grands relevés. C'est notamment au MAST (Mikulski Archive for Space Telescopes) que sont conservées toutes les données du télescope Hubble, du télescope Kepler, de GALEX et de bien d'autres missions spatiales depuis le début des années 1970. Les données de Pan-STARRS sont le dix-neuvième jeu de données astrophysiques de grande taille gérées au MAST.
Si Pan-STARRS est aujourd'hui la plus vaste cartographie numérique du ciel, elle devrait être supplantée à partir de 2022 par le Large Synoptic Survey Telescope (LSST), en cours de construction au Chili et qui enregistrera pas moins de 37 milliards d'objets (galaxies et étoiles) en générant 15 téraoctets de données par nuit durant 10 ans... 

La base de données de Pan-STARRS est accessible ici : http://archive.stsci.edu/panstarrs/search.php

La base d'images est accessible là : http://ps1images.stsci.edu/cgi-bin/ps1cutouts



Illustrations :

1) Carte du ciel produite par Pan-STARRS, où on distingue aisément la Voie Lactée et sa poussière de couleur brune (Danny Farrow, Pan-Starrs1 Science Consortium / Max Planck Institute for Extraterrestrial Physics)

2) Le télescope de 1,8 m du programme Pan-STARRS (NASA, ESA, STScI, University of Hawaii, and the Pan-STARRS1 Consortium; R. Ratkowski)