lundi 21 mai 2018

Une nébuleuse filamenteuse très complexe au centre de l'amas de galaxies de Persée


SITELLE est une caméra unique au monde, un spectrographe imageur monté sur le télescope Canada-France-Hawaï. Des astrophysiciens canadiens viennent de révéler grâce à cet instrument la dynamique très complexe d'une vaste nébuleuse entourant la galaxie NGC 1275, située au coeur de l'amas de Persée à 250 millions d'années-lumière. 

L'amas de Persée est un amas de galaxies gigantesque qui comprend plusieurs milliers de galaxies. NGC 1275 en est la galaxie principale, la plus brillante, une galaxie qui est immergée dans un océan de gaz chaud ayant une température moyenne de plusieurs millions de degrés? Ce gaz constitue une grande majorité de la masse lumineuse totale de l'amas de Persée. L'environnement de la galaxie NGC 1275 est complexe : le gaz chaud a tendance à se refroidir et tomber vers la galaxie mais son trou noir supermassif central produit des jets de particules très énergétiques qui produisent de vastes bulles dans le gaz chaud, visibles par l'émission radio qu'elles produisent, et qui elles, empêchent le gaz de se refroidir. Les astrophysiciens canadiens observent l'environnement proche de NGC 1275 dans de très nombreuses longueurs d'ondes avec SITELLE. Ils ont réussi à déterminer des détails inédits dans la nébuleuse entourant NGC 1275 découverte il y a 60 ans : l'existence d'un très grand réseau de minces filaments intriqués, s'étendant sur plus de 250000 années-lumière, soit 2,5 fois plus grand que notre galaxie. La dynamique de cette structure est encore très mal comprise. Les chercheurs émettent deux hypothèses : soit il s'agit de gaz chaud en train de se condenser dans son mouvement de chute vers la galaxie, ou à l'inverse il pourrait s'agir de gaz éjecté par l'effet des bulles créées indirectement par le trou noir supermassif et ses jets de particules.


La force du spectrographe imageur SITELLE est qu'il permet d'imager toute la galaxie NGC 1275 et son environnement, grâce à son très grand champ (11' x 11'), à différentes longueurs d'ondes simultanément : chaque pixel de l'image fournit un spectre.
Les chercheurs ont ainsi pu mesurer la vitesse radiale (le long de la ligne de visée) de chacun des filaments de NGC 1275, révélant leur dynamique propre dans un luxe de détails inédit. Leur mouvement se trouve être très complexe, sans mouvement uniforme, mais à l'inverse, un mouvement très chaotique. La carte de vitesses ne montre aucune tendance générale ni rotation, ce qui ne permet pas à Marie-Lou Gendron-Marsolais (Université de Montréal) et ses collègues de conclure sur l'origine des filaments. Mais cette étude montre la puissance de l'instrument SITELLE pour explorer l'environnement des grosses galaxies, en plus de nous offrir de magnifiques images.


Source

Revealing the velocity structure of the filamentary nebula in NGC 1275 in its entirety
M. Gendron-Marsolais et al.
à paraître dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society Letters

Illustration

La structure filamenteuse autour de la galaxie NGC 1275 (SDSS/CFHT)

samedi 19 mai 2018

Première mesure de la pression interne dans un proton

Pour la première fois, une mesure de la pression régnant à l’intérieur du proton a été mesurée, et elle est absolument énorme, bien plus élevée que la pression que l’on rencontre au cœur des étoiles à neutrons !...



mercredi 16 mai 2018

Nouveau record de distance pour l'oxygène, trace des premières étoiles


Une grande collaboration d'astronomes japonais, européens et chiliens vient de découvrir de l'oxygène dans une galaxie située seulement 530 millions d'années après le Big Bang, laissant penser que les toutes premières étoiles qui l'ont produit existaient 250 millions d'années après le Big Bang, un nouveau record.




lundi 14 mai 2018

Nouvelle preuve de la présence de panaches d'eau sur Europe


Alors que des signatures apparaissant dans des images de Hubble de 2012, 2014 et 2016 semblent indiquer la présence de panaches d'eau sortant de la surface de Europe (satellite glacé de Jupiter possédant un océan interne), ces données étaient encore sujettes à incertitude, voire controversées, étant à la limite de sensibilité du télescope spatial. Aujourd'hui, une réanalyse de données de la sonde Galiléo qui avait survolé Europe en 1997 à un peu moins de 200 km d'altitude, donnent une preuve supplémentaire et indépendante de l'existence de tels panaches d'eau vaporisée, à l'image de ce que Cassini avait découvert en 2005 sur Encelade.




dimanche 13 mai 2018

Mars : Impact d'une forte éruption solaire sur la perte d'hydrogène atmosphérique


Une seule éruption solaire (en septembre 2017) a eu un tel impact sur Mars qu'elle y a produit un échappement d'hydrogène comparable à ce que la planète rouge perd normalement en une année martienne. Le phénomène a été suivi par la sonde MAVEN et les résultats viennent d'être publiés. 




samedi 12 mai 2018

La forme d'un nuage interstellaire révélée en 3D par sismologie magnétique


Pour la première fois, des astronomes ont réussi à déterminer la forme en 3 dimensions d'un nuage de gaz interstellaire. Cette reconstruction fondée sur une méthode inédite, permet en outre de comprendre pourquoi ce nuage d'hydrogène moléculaire n'a pas produit d'étoiles jusqu'à aujourd'hui.




jeudi 10 mai 2018

Découverte d'un couple d'étoiles avec une période orbitale de 38 minutes


Deux étoiles qui se tournent autour l'une de l'autre en seulement 38 minutes, séparées de seulement 300 000 km, soit moins que la distance Terre-Lune, c'est ce que viennent de trouver des chercheurs exploitant le télescope NICER installé sur la station spatiale internationale. Le couple infernal serait composé d'une étoile à neutrons (un pulsar) et d'une naine blanche.




mercredi 9 mai 2018

Etoiles à neutrons : un refroidissement rapide aux neutrinos


Une équipe d'astrophysiciens vient de montrer que des étoiles à neutrons peuvent se refroidir très vite après une période d'accrétion de matière, par l'émission de neutrinos... 




mardi 8 mai 2018

La poussière lunaire potentiellement mortelle


Les futurs astronautes ont de nouveaux soucis à se faire concernant leur santé. Il s'agit ici de la poussière, comme le régolite lunaire. Selon une étude récente, son inhalation peut être fatale, produisant inflammation des voies respiratoires, destruction des neurones, voire cancer.




jeudi 3 mai 2018

Plus de 12 trous noirs supermassifs par galaxie

12,2 trous noirs de plus de 1 million de masses solaires en moyenne par galaxie de la masse de la Voie Lactée, c'est le nombre que trouve une équipe de chercheurs grâce à des simulations avancées des interactions entre galaxies.




mercredi 2 mai 2018

Forme des galaxies et âge de leurs étoiles intimement liés


Une étude systématique sur plusieurs centaines de galaxies montre l'existence d'un lien très clair entre leur forme et l'âge de leurs étoiles : plus leurs étoiles sont vieilles, plus les galaxies sont informes. On connaissait un tel lien pour les galaxies les plus extrêmes des deux côtés : les disques les plus parfaits aux étoiles très jeunes et les elliptiques diffuses aux étoiles très vieilles, on voit maintenant ce lien qui existe tout au long de la vie des galaxies.




samedi 28 avril 2018

Observation de la compagne survivante d'une supernova (et pas innocente)


En 2001 a pu être observée une supernova d'un type assez rare : une supernova de type IIb (SN2001ig), une supernova dite à enveloppe dépouillée. 17 ans plus tard, des astronomes viennent de mettre en évidence l'étoile compagne qui est à l'origine de ce dépouillement, et qui a survécu à la violente explosion de sa compagne d'infortune.  




jeudi 26 avril 2018

Observation de proto-amas de galaxies 1,4 milliards d'années après le Big Bang


Les astrophysiciens pensaient que les premiers amas de galaxies se formaient à partir d’environ 3 milliards d’années après le Big Bang. Mais ce n’est pas ce que montre une observation effectuée conjointement avec les radiotélescopes ALMA et APEX. Les astronomes ont débusqué ce qui ressemble à l’amas de galaxies le plus lointain et précoce vu à ce jour : seulement 1,4 milliards d’années après le Big Bang…



mercredi 25 avril 2018

Gaia livre des données astrométriques exceptionnelles


Il s'agit d'une masse de données considérable. La collaboration exploitant le télescope spatial Gaia vient de rendre public aujourd'hui le deuxième jeu de données astrométriques de Gaia après une première publication préliminaire en septembre 2016. C'est aujourd'hui 1,7 milliards d'étoiles de notre Galaxie qui sont mesurées avec précision pour leur position et 1,3 milliards pour leur distance et leur mouvement propre.




lundi 23 avril 2018

Uranus pue l'oeuf pourri


Uranus pue l'oeuf pourri. Ou si vous préférez, la belle bleue fouette l'odeur acre de nos plus sympathiques geysers ou des plus pénibles boules puantes de nos cancres d'antan. Des astronomes viennent en effet de mesurer la quantité de sulfure d'hydrogène (H2S) présent dans l'atmosphère d'Uranus, et il y en a suffisamment pour que ça ne sente pas la rose, ce qui permet de déduire certains éléments sur la formation de la géante glacée...