jeudi 5 décembre 2019

Des systèmes d'étoiles triples détectables par leur accrétion pulsée


On connait bien ce qui se passe lorsqu'une étoile accrète de la matière à partir d'une étoile compagne au sein d'un système binaire. Mais on en sait beaucoup moins dans le cas d'un système triple, où un couple serré d'étoiles accrète la matière de la troisième. Une astrophysicienne américaine montre qu'un tel système produit des effets d'amplification et de pulsation qui peuvent générer des rayons X. De quoi détecter ce type de systèmes triples. Une étude publiée dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.



mardi 3 décembre 2019

Une anisotropie dans l’accélération de l'expansion cosmique ?


C’est une petite bombe sulfureuse que l’astrophysicien français Jacques Colin et ses collaborateurs danois et britanniques viennent de publier : selon eux, l’énergie noire n’existerait tout simplement pas et les observations des décalages de vitesse des supernovas vis-à-vis de leur distance ayant conduit à cette idée en 1998 ne seraient qu’un artefact lié au mouvement des observateurs que nous sommes. Leur étude fondée sur 740 supernovas est parue dans Astronomy and Astrophysics.



lundi 2 décembre 2019

Soleil : des cavités résonantes juste au dessus des taches solaires


Pourquoi la couronne solaire est beaucoup plus chaude que la surface du Soleil alors qu'elle en est très éloignée ? Une équipe d'astrophysiciens apporte aujourd'hui une réponse en expliquant par l'observation pourquoi et comment les ondes magnétohydrodynamiques s'intensifient dans les couches internes du Soleil jusqu'à sa surface. Une étude parue dans Nature Astronomy.




samedi 30 novembre 2019

Etoile à neutrons ou naine blanche atypique ? Le cas J0453+1559.


L'objet J0453+1559 est un pulsar binaire : la composante principale est un pulsar de 1,56 masses solaires qui est détecté par ses pulsations radio, et la compagne du couple est une étoile invisible de 1,17 masses solaires. Alors que les astrophysiciens pensaient jusque là qu'il devait s'agir d'une seconde étoile à neutrons, l'étoile à neutrons le moins massive connue, un duo d'astrophysiciens danois et allemand proposent qu'il pourrait s'agir en fait non pas d'une étoile à neutrons, mais d'une étoile naine blanche à l'origine un peu particulière... Une étude parue dans The Astrophysical Journal Letters.




mercredi 27 novembre 2019

Découverte du plus gros trou noir stellaire de notre galaxie : 68 masses solaires


Un trou noir de 68 masses solaires vient d'être identifié dans notre galaxie grâce à la mesure de l'évolution de la vitesse d'une étoile qui lui tourne autour. La présence d'un tel trou noir stellaire aussi massif est difficilement explicable dans une galaxie comme la nôtre. Les chercheurs chinois à l'origine de cette découverte publient leur résultat dans Nature.




Des champs magnétiques très réguliers dans le halo de la galaxie de la Baleine


Une équipe internationale vient de montrer pour la première fois l'existence de champs magnétiques très réguliers orientés orthogonalement au disque de la galaxie NGC 4631, plus connue sous le nom de Galaxie de la Baleine. Une étude parue dans Astronomy & Astrophysics.



C'est en observant comment les ondes radio sont polarisées, grâce au radiotélescope américain Karl Jansky Very Large Array (VLA), que Silvia Carolina Mora-Partiarroyo (Max Planck Institut für Radioastronomie, Bonn) et ses nombreux collaborateurs du consortium Continuum HAlos in Nearby Galaxies -- EVLA Survey (CHANG-ES) ont détecté comment se distribuait le champ magnétique de la galaxie de la Baleine, une galaxie spirale vue par la tranche. Et ils ont pu "voir" le champ magnétique, pas seulement à petite échelle, mais à très grande échelle, de l'ordre de quelques milliers d'années-lumière.
NGC 4631, la galaxie de la Baleine, se trouve à 25 millions d'années-lumière. Elle est légèrement plus petite que la Voie Lactée, avec 80 000 années-lumière de large. Ce que décrivent les astrophysiciens dans leur étude, c'est, pour la première fois, des champs magnétiques étonnamment cohérents jusqu'à une grande distance du plan galactique, dans le halo de la galaxie. Ces champs magnétiques montrent des lignes de champ qui sont alignées dans la même direction de part et d'autre du plan galactique. L'intensité du champ est de l'ordre de 4 microGauss au niveau du halo, ce qui est une valeur plutôt élevée qu'on trouve généralement à l'intérieur du disque des galaxies spirales et non dans leur halo. 

De plus, Mora-Partiarroyo et ses collaborateurs observent l'existence de structures magnétiques à grande échelle, qu'ils appellent des "cordes magnétiques géantes". Il s'agit de zones où les lignes de champs s'inversent périodiquement, sur de grandes échelles. Ces structures ne sont détectées que sur la partie "Nord" de la galaxie. Dans la partie Sud, le champ reste aligné sans inversions. 
C'est la première fois que ce type de phénomène est observé dans le halo d'une galaxie. Les chercheurs pensent que les champs magnétiques réguliers qui sont observés pourraient être un lien avec le champ magnétique intergalactique , dont l'origine est toujours très mal comprise. Ils pourraient ainsi apporter un élément de compréhension intéressant.
Les modélisations effectuées par les chercheurs suggèrent que les champs magnétiques observés sont constitués de structures plus petites en forme de cônes torsadés qui émaneraient des bras spiraux, et qui pourraient changer de direction le long de la galaxie. 

Il va falloir maintenant savoir si des champs magnétiques cohérents sont quelque chose de commun dans les halos galactiques ou non. La technique exploitée ici par Silvia Carolina Mora-Partiarroyo et ses collaborateurs, l'étude de la polarisation des ondes radio, devrait être efficace pour déterminer la direction des lignes de champ dans de nombreuses autres galaxies...


Source

CHANG-ES XV. Large-scale magnetic field reversals in the radio halo of NGC 4631
Silvia Carolina Mora-Partiarroyo et al.
Astronomy & Astrophysics Volume 632, (December 2019)


Illustrations

1) Emission radio polarisée de NGC 4631 (couleurs), superposée avec les directions des lignes de champ magnétique (Mora-Partiarroyo et al.)

2) Schéma du sens des lignes de champ magnétique dans le halo de NGC 4631 (Mora-Partiarroyo et al.)

lundi 25 novembre 2019

19 nouvelles galaxies naines déficientes en matière noire


Il va falloir revoir le processus de formation des galaxies naines... Après la découverte de deux spécimens de galaxies naines manquant cruellement de matière noire en mars 2018 et en mars 2019, qui ont fait couler pas mal d'encre depuis (voir ici et ), c'est pas moins de 19 nouvelles galaxies naines semblant manquer de matière noire qui viennent d'être découvertes par une équipe d'astrophysiciens chinois. Ils publient leurs découvertes aujourd'hui dans Nature Astronomy.




vendredi 22 novembre 2019

Un trou noir ultramassif qui induit la formation de millions d'étoiles


Il y a un mois, je vous parlais d'une détection de rayons X dans une lentille gravitationnelle produite par l'amas de galaxies du Phénix. Nous nous intéressons aujourd'hui à l'amas du Phenix lui-même, où le trou noir supermassif de la galaxie centrale a été observé de près en multi-longueurs d'ondes (X, visible et radio). Les observations montrent que le trou noir supermassif induit la production de très nombreuses étoiles, a contrario de la plupart des trous noirs supermassifs qui ont plutôt un effet inverse... Une étude parue dans The Astrophysical Journal.




mercredi 20 novembre 2019

Détection inédite de photons ultra-énergétiques dans deux sursauts gamma


Trois articles sont publiés aujourd'hui dans la revue Nature décrivant la détection de photons gamma d'énergie supérieure à 100 GeV provenant de deux sursauts gamma différents, l'un étant apparu le 20 juillet 2018 (un article) et l'autre le 14 janvier 2019 (deux articles). Le GRB de janvier 2019 n'est rien d'autre, désormais, que la source de photons gamma la plus brillante à une énergie de l'ordre du Téra-électronvolt. Ces deux GRB (Gamma Ray Burst) sont issus d'explosions d'étoiles massives formant un trou noir.




lundi 18 novembre 2019

Titan : Une cartographie géomorphologique complète


Titan, le gros satellite de Saturne, possède un cycle hydrologique basé sur le méthane qui a façonné sa surface, la transformant en l'une des surfaces les plus diverses géologiquement dans tout le système solaire, Terre comprise. Aujourd'hui, une cartographie complète de Titan vient d'être produite grâce aux données radars et infra rouge de la sonde Cassini. Une étude parue dans Nature Astronomy.




samedi 16 novembre 2019

Matière noire : les photons gamma du centre galactique n'ont pas dit leur dernier mot


L'histoire remonte à 2009. C'est cette année-là que Dan Hooper et Lisa Goodenough (Fermilab) ont détecté une zone étendue sphérique de rayons gamma très énergétiques en excès en provenance du centre galactique avec le télescope gamma Fermi-LAT. Cet excès de rayons gamma qui fut appelé le GCE (Galactic Center GeV Excess) pouvait être attribué à l'annihilation de particules de matière noire, mais il pouvait aussi être attribué à la présence d'une multitude de pulsars émettant des photons gamma et situés dans la région centrale de la galaxie. Il y a trois ans, le couperet tombait (voir ici et ): l'analyse fine du GCE fondée sur un modèle de signal bâti l'année précédente par la théoricienne Tracy Slatyer (MIT) et ses collaborateurs montrait une granularité dans le signal qui ne pouvait qu'avoir pour origine la somme de très nombreuses sources ponctuelles, donc des pulsars. Mais aujourd'hui, coup de théâtre ! Tracy Slatyer vient de publier avec sa collègue Rebecca Leane une nouvelle étude qui indique que le modèle utilisé en 2016-2017 pour analyser le signal du GCE n'était pas efficace pour mettre en évidence un signal provenant de matière noire : ce dernier était vu comme un signal "granuleux" similaire à des sources ponctuelles. Elles reviennent donc en arrière en annonçant aujourd'hui que le 'GeV excess' découvert par Hooper et Goodenough pourrait finalement tout à fait provenir de l'annihilation de particules de matière noire ! Elles publient leur nouvelle étude dans la prestigieuse Physical Review Letters.




mercredi 13 novembre 2019

Une étoile éjectée par Sgr A* à 1755 km/s

1755 km/s ! C'est la vitesse d'une étoile que des astrophysiciens viennent de découvrir. Et c'est l'étoile la plus rapide jamais mesurée parmi les étoiles dites hypervéloces en provenance du centre galactique. Cette découverte fortuite indique que l'étoile a subi une éjection par le trou noir central de notre galaxie. Une étude parue dans les Monthly Notices of the Royal Astronomy Society.




dimanche 10 novembre 2019

Observation d'une explosion thermonucléaire sur un pulsar


Un sursaut de rayons X très puissant a été détecté par le télescope NICER sur un pulsar milliseconde situé à 11000 années-lumière, ce sursaut de "type I" aurait été produit par une explosion thermonucléaire massive à la surface de l'étoile à neutrons. Une étude parue dans The Astrophysical Journal Letters.




jeudi 7 novembre 2019

13 milliards d'années d'évolution galactique simulées pendant un an avec 16000 processeurs


Une équipe germano-américaine vient de rendre publique la simulation cosmologique la plus détaillée à ce jour de la formation et de l'évolution des galaxies, simulées sur une durée de près de 13 milliards d'années. Ils ont utilisé des ressources de calcul monstrueuses correspondant à 16000 ans sur un ordinateur à simple coeur (16000 coeurs pendant un an non-stop). Ces simulations nous fournissent pour la première fois des informations importantes sur les processus en jeu. Ils publient deux articles dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.