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11/11/12

Diamétrite

C'est une maladie. En fait, une maladie probablement incurable. Comment revenir en arrière ? Car on le sait, plus le diamètre du miroir d'un télescope est grand, plus la quantité de lumière captée est importante, ce qui induit une amélioration de nombreux paramètres : magnitude limite accessible, résolution théorique, ainsi que grossissement accessible.

Donc on obtient à la fois un meilleur contraste sur les objets de faible luminosité ainsi que des détails insoupçonnés dans les structures observées, que ce soit des splendeurs du ciel profond ou bien du planétaire...

Peut-on imaginer passer d'un diamètre de 254 mm à un 114 mm par exemple ? Non.

Je ne parle pas ici de changer de technique comme passer du visuel/dessin à l'astrophoto, non. Restons des acharnés de nos yeux rhodopsinés. On ne peut pas revoir un diamètre à la baisse, ça n'existe pas, on ne peut pas, on ne peut que le voir à la hausse. Diamétrite...
Le premier symptôme ? Moins d'un an après avoir reçu mon 254 mm, je commence à refaire des petits calculs, du genre: "ah ouais si j'avais un 305 mm, j'aurais 44% de lumière en plus, ça dépend du carré... ça va vite...". Diamétrite...


Deuxième symptôme : faire des courbes dans un tableur des paramètres mentionnés ci-dessus, avec le diamètre en abscisse et chercher l'optimum.... y compris le paramètre "coût", parce qu'il faut bien se projeter.... et donc retourner sur les sites de magasins astro pour aller comparer les prix de télescopes plus gros, sans aucune considération pour la logistique sous-jacente (le tube tiendrait-il dans la voiture ?, serait-il portable par un seul être humain normalement constitué, certes atteint du grave symptôme de Verylarge ?). Diamétrite!


Troisième symptôme grave : baver littéralement devant les Dobsons démesurés fabriqués par quelques malades en phase terminale, et qui ce plaisent à raconter (et à montrer!) leurs exploits. Crever de jalousie face à ces monstres et se dire que ce n'est qu'une question de pouvoir d'achat après tout, mais aussi de temps de bricolage, tout ça bien sûr sans avoir aucune idée du savoir-faire sous-jacent requis. Diamétrite ?

Mais la diamétrite, maladie atrocement douloureuse (pour le porte monnaie comme pour le dos), possède aussi des complications terribles. Il s'agit d'une part de la bénigne (?) Naglerite, de la moins bénigne Ethosite, et d'autre part de l'horrible Pentaxite...

Ces complications peuvent être aiguës. Car évidemment, plus le pouvoir magique d'un diamètre important est accessible, moins on aurait envie de le gâcher. Il faut alors des oculaires fabuleux pour profiter pleinement de tous ces photons si difficilement arrachés à leur sort qui était de s'écraser comme de vulgaires mouches sur le sol rocailleux d'une garrigue peuplée de chouettes et de sangliers affamés...

Et pour attraper tous ces photons et les faire gentiment converger vers notre rétine éblouie par tant de rhodopsine, rien de mieux qu'un Ethos ou un Pentax à défaut de Nagler...  Si ces noms ne vous disent rien, ne vous en faites pas, ils vous diront quelque chose bientôt.

Du grand champ, du grand diamètre! Même combat. La diamétrite a ses quelques inconvénients... Mais Galilée en son temps en était déjà atteint, alors... Est-ce grave docteur ?


Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm, Barlow TV x2 filtres Moon et OIII, Guided by Telrad

09/11/12

Un Oeuf autour de Saturne

Il y a un œuf en orbite autour de Saturne. Regardez bien ce petit satellite de seulement 3 kilomètres de diamètre qui s'appelle Méthone, et qui a été observé de près par la sonde Cassini au printemps dernier, n'a-t-il pas l'air d'un oeuf ? 

Méthone vu par la sonde Cassini (NASA/ESA/JPL)
Outre sa forme ovoïde, Méthone possède une singularité remarquable : il est tout lisse, comme un oeuf, donc. Aucun cratère n'a pu être décelé à sa surface, seulement des zones un plus plus foncées. Une telle surface lisse visuellement depuis une sonde assez éloignée tout de même laisse penser qu'il est en fait constitué non pas d'une surface solide, mais d'un tas de petits caillous agrégés les uns avec les autres, voire un gros tas de sable... 
Quand une météorite vient le percuter, il se forme un cratère d'impact mais qui est très vite résorbé par le réarrangement du tas de sable par gravité.

Ce ne serait pas le premier objet du système solaire à posséder des zones sableuses agrégées, d'autres petits satellites de Saturne ont montré des petites zones lisses inhabituelles de ce type comme Telesto, Calypso ou encore Pandora.
Mais Méthone est pour le moment le seul à ressembler à la tête d'un énarque ...


Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Panoptic 24 mm, TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm, Barlow TV x2 filtres Moon et OIII, Guided by Telrad

11/10/12

R Sculptoris : l'Etoile entourée d'une Coquille d'Escargot !

L'étoile R Sculptoris est une étoile très amusante, on vient de découvrir autour d'elle une coquille de gaz et de poussière qui forme une sorte de coquille d'escargot... Cette coquille a pour origine ce qu'on appelle un pulse thermique, courte période au cours de laquelle l'étoile a perdue une quantité importante de matière. Cette observation toute récente qui est rapportée dans Nature cette semaine (décidémment à la pointe en astronomie, ou bien est-ce l'astronomie qui est une science à la pointe ?), a été effectuée par une équipe de l'ESO menée par l'astronome allemand M. Maerker. 
Reconstruction par simulation de lacoquille spiralée de R sculptoris (ESO).

Ils ont observé R Sculptoris à la longueur d'onde d'émission du monoxyde de carbone (CO) avec une résolution de 1.3 secondes d'arc. L'équipe a pour cela utilisé le radiotélescope Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA).

Alors qu'ils pensaient trouver une fine coquille sphérique avec une structure un peu désordonnée, ils ont eu la belle surprise de trouver une structure en spirale.

Quelques cas, certes moins impressionnants, avaient déjà été observés dans le passé, et avaient permis de déduire la présence d'une étoile compagne.

L'équipe de l'ESO, comme souvent, a fait tourner des codes de simulation hydrodynamique, et en associant ces simulations avec les données d'observation, en concluent à la présence là encore d'un système binaire, dont l'étoile géante a connu un épisode de pulse thermique il y a 1800 ans, qui aurait duré environ 200 ans. 


La quantité de matière éjectée au cours de cette phase et ayant ensuite formé la coquille spiralée observée serait de l'ordre de seulement trois millièmes de la masse solaire, à la vitesse de 14.3 km/s, représentant une augmentation de perte de masse d'un facteur 30 par rapport à son état actuel. On peut vraiment tout reconstruire de nos jours grâce aux simulations...
Différentiation de la coquille de R Sculptoris en fonction de la vitesse (km/s) (ESO)
Et le plus subtil, c'est qu'ils ont pu reconstruire la coquille d'escargot en 3 dimensions, pas en simulation cette fois-ci, mais en utilisant des mesures de vitesses grâce au léger décalage spectral : 
vers le rouge : la matière s'éloigne (la portion de coquille située derrière l'étoile), vers le bleu : la matière s'approche (la portion située devant l'étoile).  

Les astronomes ont ainsi pu fournir une image détaillée de cette toute petite "nébuleuse planétaire".

On sait par exemple que l'étoile principale fait 1.6 masses solaires et la compagne, responsable de ces étonnantes structures en spirale, est située à 60 UA et pèse 0.25 masses solaire.

Connaissant tous ces détails, j'ai l'honneur de proposer de nommer cette micro-nébuleuse la Nébuleuse de l'Escargot ! Serai-je entendu ?








source :
Unexpectedly large mass loss during the thermal pulse cycle of the red giant star R Sculptoris
M. Maercker et al.
Nature 490, 232–234 (11 October 2012)


Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Panoptic 24 mm, TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm, Barlow TV x2 filtres Moon et OIII, Guided by Telrad

15/08/12

La mélancolie du Dobson

Combien de nuits passées sans toi, combien de temps passé sans t'avoir transporté, fixé sur ton rocker, combien de nuits se sont écoulées sans t'avoir à nouveau collimaté ? Combien de temps ?

Combien de nouvelles lunes ai-je laissé passées malgré ce ciel d'azur interminable ? Trop sans aucun doute, trop de nuits, trop de jours, trop de semaines... Me voilà passé de Kepler à Tycho Brahé, l’œil comme seule arme d'observation depuis trop longtemps, trop d'occupations annexes, trop de fatigue peut-être ?

Mais désormais, tu pourras plus facilement être exploité tout près de ta zone de stockage, mon cher Dobby, nouvelle demeure, nouveau terrain plus propice, au moins pour le ciel pas trop profond!

Promis, dès le retour du camping, je te sors de ton tout nouveau garage...






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18/07/12

Noir c'est Noir

Tout est Noir. On connaissait depuis un bon moment la Nuit Noire et son paradoxe. Puis vinrent les Trous Noirs, ces objets impossibles à concevoir logiquement jusqu'à la relativité générale. S'ensuivit la Matière Noire, révélée à quelques décennies de distance par les pionniers Zwicky et Rubin, avant que la révolution conceptuelle de l'Energie Noire n'apporte son lot de noirceur.

Nous voici maintenant face à nouvelle noirceur : les Galaxies Noires...
Le quasar  source (rouge) et les galaxies noires illuminées (bleu) (VLT)

Tout est Noir vous disais-je. Sauf que rien n'est Noir!

La nuit n'est pas noire, loin s'en faut, il suffit de regarder à la bonne longueur d'onde, celle du fond diffus cosmologique par exemple, la nuit y est éblouissante.

Les trous noirs sont-ils noirs ? Pas vraiment non plus, la masse tourbillonnante qu'ils accrètent le plus souvent illumine les environs, masquant souvent le trou en lui-même et servant même à les voir.

La matière Noire, cette masse manquante, noire, vraiment ? Et pourquoi serait-elle noire si elle émet des photons gamma en s'annihilant ?

Et l'énergie noire, alors ? Là, je dirais avec une mauvaise foi qui n'a d'égal que celle que je me permets, qu'on a jamais vu une énergie colorée. Et ce n'est pas parce qu'on ignore la nature d'une chose, fut-t-elle une énergie, qu'elle devrait être plus noire que rouge, et ce n'est pas Stendhal qui me contredira, paix à son âme.

Et voilà donc des galaxies noires... Qu'est ce que ça veut dire une galaxie noire ? Pas grand chose puisqu'on vient de les voir. Ça veut donc dire qu'on voir bien le noir finalement, qu'il suffit de détecter de la fluorescence produite par des rayonnements issus de quasars lointains sur du gaz pour décréter que ce qu'on voit est noir
La belle affaire...
Pour rien vous cacher, il faut dire ici que je participe à tous ces abus de langage. Car si le terme trou noir vient bien du terme anglais Black Hole, en revanche, l'anglais, grand créateur de nouveaux mots scientifiques, n'a jamais parlé de black matter, de black energy ou de black galaxy, non... Le terme anglais exact est bien Dark matter, dark energy et donc plus récemment dark galaxy.

Il faudrait donc dire matière sombre, énergie sombre, et galaxies sombres... Mais voilà, noir c'est noir, nous disons Noir, allez savoir pourquoi ?...Ce qui est sûr, c'est que sombre n'est pas noir et vice-versa.


13/05/12

Combien y-a-t-il d'Eau sur la Terre ?

Je suis tombé sur une image assez étonnante, qui représente la quantité de toute l'eau présente sur note petite planète, alors,j'ai refait le calcul et ça semble tout à fait ça...

En prenant une surface couverte par les mers et océans égale à 70% de la surface totale de la Terre et une profondeur moyenne de 5000 mètres,

02/01/12

Petit PhotoQuizz

Petit photoQuizz : 

Saurez-vous trouver où se cache Vénus sur cette photo ?



Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm, Barlow TV x2 filtres Moon et OIII, Guided by Telrad

17/12/11

Les maladies incurables de l'astram

Je ne résiste pas un seul instant pour rapporter ici une liste amusante qui a été établie par une bande de doux dingues astrams de fort bonne compagnie que l'on retrouve notamment sur les forums de webastro, ayant moi-même participé à son élaboration...
Il s'agit de la liste des graves maladies dont nous autres pauvres astronomes amateurs (astrams) sommes généralement atteints à des degrés plus ou moins avancés :

Famille des Instrumites:
Jumellite: La moins dangereuse des maladies de la famille des Instrumites dans sa forme simple mais des complications peuvent survenir (Jumellite Stabilitis aïgue).
Petiteluluïte (ou Grandchampite): Maladie semblable à la jumellite à impact soit modéré (Achroïte), soit fort (Apoïte) sur le porte-feuille.
Mégaloluluïte: Virus très dangereux car mortel pour le porte-feuille. À soigner dès les premiers signes d'infection!
Diamétrite: Évolution de la Dobsonite qui consiste en l'achat irrémédiable d'instruments de diamètres à chaque fois supérieurs.
Longueurite ou Focalite: Semblable à la diamétrite mais consistant en l'achat de lunettes (ou parfois de télescopes) de longueur focale de plus-en-plus élevée.
Binodobite: Evolution fatale de la Diamétrite.
Takahashite : dérivée sévère d'une apoïte japonite .

Maladies survenant généralement pendant la période de convalenscence après une maladie de la famille des Instrumites:
Accessoirite: Maladie peu génante à cours terme mais pouvant s'avérer fatale à long terme pour le porte-feuille.
Occulite: Maladie pouvant se manifester de différentes manières, resurvenant souvent quelques mois après avoir été soignée une première fois.
Bacillus Nagleri Viridis: Évolution (presque) irrémédiable de l'occulite, apparaissant parfois sur une forme moins grave: la Panopticose.
Panopticose: Forme bénigne du Bacillus Nagleri Viridis
Pentaxite: Forme voisine du*Bacillus Nagleri Viridis.
Collimatite pinailleuse : Syndrome se manifestant dans l'idée souvent vaine d'exploiter au mieux ses oculaires.

Un "binodobson" italien 2x 600 mm (http://acrossoneuniverse.blogspot.com)

Formes apparaissant (presque) uniquement chez les personnes atteintes de l'Astrophotographite:
CCDite: Évolution de la Webcamite et de l'APNite.
Microfocuserite: Survient généralement après ou en même temps que la Crayfordite et curieusement destinée à la ralentir.
Dallkirkhamite :  plus connue sous le nom plus vulgaire de mewlonite, survient en parallèle d'une Takahashite.

Autres maladies:
Coupolite: Pousse la personne infectée à couvrir le fruit de sa Petiteluluïte, de sa diamétrite...
Colonnose + cabanite: Forme bénigne de la coupolite.

Maladies opportunistes : 
Forumose aigüe : Maladie neurodégénérative accompagnée de son syndrome classique l'astroquizzite



Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm, Barlow TV x2 filtres Moon et OIII, Guided by Telrad

03/12/11

Accessoirite après diamétrite.

Le corollaire de la diamétrite est sans conteste la Naglerite, ou plus généralement l'accessoirite... Quoi, moi, atteint ? Oh ? Si vous regardez bien, il manque encore un Panoptic 24 mm (ou 27 mm) pour être parfait, mais j'épargne...



Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm, Barlow TV x2 filtres Moon et OIII, Guided by Telrad

16/11/11

L'étoile mystérieuse de Hertzsprung

Ejnar Hertzsprung a été l'une des grandes figures de l’astronomie du XXème siècle. Son nom reste gravé dans le diagramme dont il partage la paternité avec un certain Henry Russell, diagramme qui montre en un coup d’œil l’évolution de toutes les classes d’étoiles existantes.
Dans sa carrière d’astronome, il est arrivé à Hertzsprung de tomber sur un os, un problème incompréhensible, et qui le poursuivit durant quelques années. Il fut confronté à ce qu’on a appelé une étoile mystérieuse, l’étoile mystérieuse de Ejnar Hertzsprung.
Cette étoile mystérieuse n'a en fait jamais été vue directement par Hertzsprung, ni par personne d’autre, mais elle a été photographiée.
Voilà l’histoire : 
Le 15 décembre 1901, deux photographies, prises à une heure d’intervalle ont été effectuées à l’Harvard College Observatory (Cambridge, Massachussetts). Les plaques photographiques ont alors été stockées dans les archives de l’Observatoire (qui en compte près de 500 000 aujourd’hui !). Ce n’est que 27 ans plus tard que ces deux plaques  ont été ressorties des archives.
Hertzsprung ne connaissait rien de cette image stupéfiante avant de tomber dessus le 1er avril 1927.
Il la découvre en examinant méticuleusement des milliers de plaques photographiques de la collection de Harvard à la recherche d’étoiles variables qu’il étudiait à cette époque. L’objet si mystérieux qu’il découvre alors semble bien être un objet variable, mais ne ressemble que très peu à une étoile…
Cet objet est très brillant, trop… D’après l’intensité enregistrée sur la plaque photo, cette « étoile » devait être visible à l’œil nu pour un observateur aguerri et sous un bon ciel.
Autre chose étonnante, sa dimension : l’étoile (appelons la ainsi) semble avoir une taille définie, et non pas être ponctuelle comme c’est le cas pour une étoile « normale », et, encore plus étonnant, son diamètre semble avoir augmenté entre la première photo et la seconde prise une heure après…
S’il n’avait eu qu’une seule image entre les mains, Herzsprung aurait tout de suite rejeté cette donnée en l’attribuant à un défaut de la plaque photo, mais la probabilité que deux plaques photo aient un défaut correspondant exactement au même endroit dans le ciel lui apparut beaucoup trop faible pour être un pur hasard.
Mais Hertzsprung ne trouvait aucune explication valable pour expliquer cette étoile mystérieuse. La variabilité suggérait que cet objet n’était pas à des distances stellaires, il a donc imaginé qu’il s’agissait d’un objet du système solaire. 
Hertzsprung a tout de suite pensé à une comète. Mais assez vite l’idée de la comète ne lui parut pas tenir car d’autres plaques photo des régions adjacentes du ciel prises juste avant et juste après le 15 décembre 1901 ne montrent aucune trace semblable, à moins que cette comète ne soit extrêmement rapide. Mais l’absence de mouvement apparent entre les deux photos (prises à une heure d’intervalle, rappelons-le) exclue cette hypothèse. S’il s’agissait d’un corps en mouvement, ce dernier devrait être trop lent pour être perceptible sur une durée d’une heure.
Hertzsprung commença alors à imaginer d’autres hypothèses un peu plus singulières, comme la possibilité qu’il s’agisse d’un nuage de débris libérés lors d'une collision d'astéroïdes…. mais il estima finalement que la forme sur l'image était trop ronde et trop régulière pour un tel cataclysme.
Alors que Hertzsprung s’obstinait à voir dans son étoile mystérieuse un corps provenant  du système solaire, d’autres astronomes alertés par les soucis grandissants de l’astronome danois restèrent sur la piste d’une étoile variable. L’astronome allemand Richard Prager, par exemple, la  répertoria en 1934 sous le numéro 122 dans son catalogue d’étoiles présumées variables.
Le célèbre couple d’astronomes Sergei Gaposchkin et Cecilia Payne-Gaposchkin ont quant à eux suggéré dans leur monographie de 1938 sur les étoiles variables (Variable Stars) que l'objet mystérieux pouvait être un exemple d'une classe jusque-là méconnue de novae très rapides.
Beaucoup plus tard, en 1951, Dorrit Hoffleit, une experte des étoiles variables à Harvard, suggéra qu’une étoile variable montrant une éruption de magnitude extrêmement élevée pouvait être à l’origine des photos mystérieuses de Hertzsprung. Hoffleit spécula que la lumière très rouge de l'étoile éruptive pouvait être responsable de l’aspect nébuleux et de la forme arrondie apparaissant sur les plaques photographiques utilisées en 1900….
Malheureusement, aucune preuve de ces  explications spéculatives ne fut apportée.
Un astronome amateur, Thomas Anderson, avait proposé à Hertzprung une approche différente peu après l’annonce de sa découverte. 
Dans une lettre à Hertzsprung datée du 10 mai 1927, Anderson relance l’idée d’une comète, mais avec une différence notable : il suggéra que l'objet était une comète de faible luminosité mais photographiée par hasard exactement au moment d’une éruption, de luminosité brève mais très forte, un peu similaire à ce qui arriva à la comète Holmes en 1892.
Cette dernière passa d’une magnitude très faible à une visibilité à l'œil nu en quelques heures et afficha une apparence remarquablement symétrique, qui n’est pas sans rappeler les fameuses images trouvées par Hertzsprung. 
Cette proposition n’arrangea pas l’état de notre Hertzsprung qui fut bien sûr conquis par cette idée et demanda aux astronomes de Harvard d'examiner attentivement toutes les plaques photo prises pendant les nuits avant et après le 15 Décembre 1901, à la recherche d’une telle comète. Mais bien sûr, rien ne fut trouvé.

L’absence d’objet suspect sur les plaques photo prises immédiatement après le 15 décembre n’allait pas dans le sens de l’explication de Anderson, en effet, une comète comme Holmes a certes surgit de l’obscurité très rapidement mais a ensuite décliné assez lentement, pendant plusieurs semaines, et d’autres comètes éruptives ont également subi ce même scénario. Elles ne peuvent ainsi pas expliquer l’absence d’objet dans les nuits tout juste suivantes le 15 décembre.
Certes des éruptions cométaires rapides avaient déjà été observées, mais avec des intensités vraiment très faibles et s’il s’agissait de cela sur la photo de Herzsprung, la comète aurait dû être visible avant et après le phénomène…
Par ailleurs, un tel grossissement de la taille apparente de l’objet à une heure d’intervalle est difficilement compatible avec ce type d’explication, et en tous cas serait sans précédent.
Ejnar Hertzsprung finit par abandonner sa quête après de longues années, à moins que ce ne soit sa quête qui finit par l'abandonner, mais la question demeure :  Qu’était donc l’étoile mystérieuse de Hertzsprung ?
Il se trouve en fait qu’il est plus facile de dire ce qu’elle n’était probablement pas. 
Ce n’était assurément pas un météore, de manière évidente. Ce n’était probablement pas non plus une nova rapide ou autre étoile variable. Il n’existe en effet aucun exemple à ce jour de novae montrant une variation de luminosité aussi importante et rapide. Des étoiles éruptives rapides existent mais aucune étoile appropriée n’apparaît à l’emplacement de l’étoile mystérieuse. La contrepartie visible d’un très gros sursaut gamma ? La durée longue de l’événement disqualifie hélas cette suggestion. Une comète (éruptive) c’est vrai permettrait d’expliquer l’aspect diffus de l’objet, mais on l’a vu la variation trop rapide et l’absence d’observation avant et après amènent à l’exclusion.

Reste alors une possibilité : et s’il s’agissait d’un phénomène rare qui n’est pas encore connu ? On parlait des sursauts gamma, rappelons-nous que ce phénomène n’existait pas aux yeux de Hertzsprung et des scientifiques de son époque…
L’étoile mystérieuse de Hertzsprung serait-elle la manifestation d’un phénomène astrophysique nouveau dont on a absolument aucune idée ?
C’est évidemment la solution la plus intéressante, mais il faut avouer une chose, c’est que c’est quand même très peu crédible... Pourquoi ? Pour une raison simple : parce que depuis cet exemple qui a déjà plus de 100 ans, on a beaucoup beaucoup (et de plus en plus) regardé le ciel, et on n’a simplement jamais revu un tel phénomène !... Jamais ! On aurait dû revoir, au moins une fois, un tel phénomène… même s’il est très rare, avec tous ces télescopes scrutant aujourd’hui nos cieux noirs…
Alors, quoi ?
Puisqu’il semble que l’on doive rejeter la solution pourtant passionnante d’un phénomène encore inconnu, il faut peut-être se pencher, au contraire, vers les phénomènes les plus banals, ceux auxquels on n’aime pas penser tellement ils sont communs….
Après tout, et si l’étoile mystérieuse de Hertzsprung n’était pas réelle, mais juste une vraie coïncidence incroyable, l’existence de deux défauts exactement au même endroit sur les deux plaques photo ?
Hertzsprung y avait pensé mais avait rejeté d’emblée cette solution. Mais finalement, si rien d’autre ne peut résoudre l’énigme, l’improbable devient l’ultime recours. Cette explication peu excitante astronomiquement le devient  en revanche si on étudie les statistiques.
Il faut toujours se rappeler que des événements à très faible probabilité arrivent quand même parfois. Sans parler des gagnants du loto dont certains ont gagné deux fois, souvenons-nous de cette histoire incroyable qui arriva pendant le bombardement de Londres durant la seconde guerre mondiale : une bombe est tombée à travers le toit d’une maison et n’a pas explosé. Ce fait est déjà assez rare. Mais peu de temps après, une seconde bombe est tombée par le trou dans le toit laissé par la première… je vous laisse calculer la probabilité…mais il y a mieux, cette seconde bombe n’a pas explosé non plus !... Aucun mort dans la maison…
Quelle est la probabilité qu’un tel événement arrive ? Est-ce qu’il serait moins probable que les deux plaques photo de Hertzsprung aient eu un défaut au même endroit, expliquant ainsi son étoile mystérieuse ?


source :

Weird Astronomy: Tales of Unusual, Bizarre, and Other Hard to Explain Observations 
David A.J. Seargent
Springer-Verlag New York Inc. (2010)

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01/11/11

John L. Dobson, astronome des trottoirs...

« Mon Dobson ». « Dobby ». Combien de fois ai-je prononcé ces mots pour parler de ce cher télescope qui me plaît tant. Dobson. On devrait dire Newton puisque ce n’est pas pas un Cassegrain ou un Ritchey-Chrétien. Mais non. On dit « Dobson ». Du nom de l’inventeur de cette monture si particulière, si peu onéreuse, qui permet de si grand diamètres…
Il est tout de même remarquable de nommer un instrument non par sa formule optique mais par son type de système mécanique, ou plutôt par celui qui l’a inventé… Nous viendrait-il à l’idée d’appeler un 114/900 un « équatorial » ? Et bien nous, heureux possesseurs de Dobsons 10’’, 12’’ voire 18’’ ou plus - la diamètrite est une maladie dobsonienne incurable - , l’appelons ainsi, et non pas « alt azimutal »…
Mais que sait-on de cet homme dont nombre d’astronomes amateurs passionnés que nous sommes citent le nom sans forcément le connaître ? Cet homme qui vient de fêter son 96ème anniversaire en septembre dernier ?
Né en Chine, John Dobson est arrivé à San Francisco à l’âge de 12 ans en 1927. Il obtint un diplôme de Chimie en 1943.
Il se tourne vers la philosophie Hindoue en 1944 et rejoint un monastère de l’ordre Ramakrishna pour y être moine durant 23 ans. Rien que ces quelques éléments biographiques font de cet homme quelqu'un d’intéressant, hors norme pourrait-on dire... Dobson construisit sa première lunette en 1956, à partir d’éléments de récupération, et d'une lentille de 2’’ (51 mm), désireux de découvrir par lui-même l’Univers… et put alors observer Saturne, à la manière d’un certain Galilée...

John Dobson en 2002, photo Alan J Wylie, en.wikipedia 
Fasciné par ce qu’il arrivait à voir dans son oculaire de fortune, il entreprit alors de voir plus grand et de tailler et polir un miroir, son premier miroir, à partir d’un hublot de 12’’ récupéré sur un bateau réformé de la Navy. En observant la lune avec ce télescope, les premiers mots qu’il prononça furent : « tout le monde doit voir ça ! », et c’est ce qui le mut dorénavant.
Très vite sa passion pour l’astronomie et la construction de télescopes fut contrariée par son activité monastique, si bien que son activité télescopique devint clandestine. Il fabriquait des miroirs sous le manteau, se faisant livrer par des amis dans son monastère de Sacramento toujours plus de  hublots cachés dans des caisses d’engrais, ainsi que le matériel de polissage nécessaire. Il est amusant de savoir que dans ses correspondances épistolaires, notre John ne pouvait pas utiliser le mot « télescope » ou « miroir », qu’il remplaça donc par tout un arsenal de codes, un « télescope » devint donc un « géranium ».  Un « géranium en pot » la variante pour un télescope muni de son rocker et un « géranium en fleurs » un télescope dont le miroir a été aluminisé... Il en arriva même à devoir s’échapper du monastère la nuit pour aider des amis au polissage de miroirs.
L’astronomie sortit finalement vainqueur de ce combat inégal et John Dobson fut viré de son monastère en 1967. Il avait alors 52 ans, et une nouvelle vie commençait pour lui.
Il fit alors de sa passion pour les télescopes son métier en devenant enseignant. C’est avec deux élèves qu’il fonda dès 1968 l’organisation des San Fransisco Sidewalk Astronomers qui se mit à installer des gros télescopes au carrefour de Jackson Street et Broderick Street dans la ville du Golden Gate Bridge. Leur premier instrument de trottoir était un 10.5’’ fait de planches de contreplaqué et d’un hublot poli, qui fut décoré de couleurs chatoyantes jaune et rose et fut surnommé la Girafe Psychédélique, tout un programme (San Fransisco 6 mois après le Summer of Love était encore en ébullition…).

L’organisation grossit très vite, son but était simple et attachant : donner à voir le ciel au plus grand nombre et encourager la curiosité. En 1970, ils possédaient déjà un 24’’ tout à fait transportable…
Cette association à but non lucratif et d’utilité publique, toujours existante et active dans plusieurs pays,  a  toujours aujourd’hui pour objectif de populariser et démocratiser la découverte du ciel.
La méthode était simple et déjà usitée dans les années 30 aux Etats-Unis : installer un ou plusieurs télescopes en pleine ville à la tombée de la nuit sur les lieux les plus fréquentés et offrir ainsi aux passants sur le trottoir l’opportunité de découvrir la Lune, des planètes ou des étoiles brillantes (on est en ville rappelons-le).

Et savez-vous comment Monsieur Dobson appela ses télescopes de rue ? Pas des Dobson, - ou des Dobsonians comme outre-atlantique - , non ! simplement des Sidewalk Telescopes ! Des télescopes de trottoir, et oui…. nos Dobsons ne sont que des télescopes de trottoir !
La philopsophie sous-jacente au mouvement des SF Sidewalk Astronomers est réellement attachante, car ses objectifs sont si simples : permettre au plus grand nombre de découvrir l’Univers, que ce soit en accédant à des observations organisées, ou bien et surtout en pouvant construire le plus facilement possible son propre instrument et observer par soi-même les beautés du ciel.
Ces astronomes bricoleurs n’organisent effectivement pas que des observations un peu sauvages aux carrefours des grandes villes, mais aussi des star parties plus éloignées de la pollution lumineuse , dans des parcs naturels comme Yellowstone, auxquelles est invité - gratuitement bien sûr -  le grand public.
Mais la plus grande action de John Dobson et de son association est bien évidemment la promotion de la construction de télescopes de trottoir réellement faciles à fabriquer, et pour le coût le plus faible possible. Depuis 1968, il n’a eu de cesse de parcourir d’abord les Etats-Unis, puis le monde entier, de colloques en rencontres de clubs et associations d’astronomes pour expliquer inlassablement comment fabriquer ses télescopes de grand diamètre dédiés à l’observation visuelle.
Dobson a toujours refusé de breveter son concept (difficilement brevetable de toute façon) ou encore de déposer son nom en marque commerciale (facilement faisable en revanche, mais je ne parle pas du mot « trottoir » là !).

Ce que l’on sait peut-être moins sur John Dobson, c’est qu’il profitait et profite encore de sa notoriété grandissante dans le monde des astronomes en culotte courte pour proposer sa vision de la cosmologie, très marginale vis-à-vis du paradigme actuel, influencée par la philosophie hindoue, défendant vigoureusement une vision anti-Big-Bang, comme par exemple un univers sans début ni fin, et fustigeant parfois la communauté des astrophysiciens professionnels pour leur manque d’imagination dans leur volonté de toujours conserver un modèle dit « standard » d’un Univers en expansion créé à partir de rien en étant contraints de lui appliquer une multitude de rustines théoriques pour sauver ce modèle-passoire troué de toute part par de la matière noire par ci, de l’énergie noire par là, et autres inflations inflationnaires… 
Dobson propose une vision d’un Univers à la fois en expansion mais dans un état stationnaire, en perpétuel renouvellement dans lequel la matière se recycle, tout en suivant rigoureusement les lois de la relativité générale et les principes de la mécanique quantique.
L’iconoclaste John Dobson est sans conteste un homme qui aura marqué durablement les 50 dernières années dans la communauté des astronomes amateurs et également au delà pour la popularisation de l’astronomie en général, en démontrant qu’elle pouvait être accessible à tous.
Qu’attendons-nous pour renouer chez nous avec la belle idée initiale de John Dobson ? Pourquoi ne pas installer de temps en temps nos rockers et nos tubes sur les trottoirs de nos villes à la nuit tombante ? Et pourquoi ne pas militer pour que toutes nos écoles, collèges ou lycées (où l’enseignement de l’astronomie est cruellement absent!), à former des ateliers de construction de télescopes à la méthode Dobson ? 

Imaginez ne serait-ce qu'un seul 10’’ dans chaque école du pays, certainement le rêve d’un certain John Dobson…


Pour vraiment saisir ce qu'est la sidewalk astronomy, regardez cette petite vidéo dans laquelle J. Dobson et quelques accolytes arranguent les passants de San Fransisco (A sidewalk astronomer, Bullfrog Films) :



Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm, Barlow TV x2 filtres Moon et OIII, Guided by Telrad

28/09/11

Un oeuf sur le plat dans le ciel ! et puis quoi encore ?

 Les astronomes manqueraient-ils d'imagination pour dénommer des astres bizarres nouvellement découverts ?
Nous voilà aujourd'hui en présence d'un "œuf sur le plat", the fried egg nebula. Il s'agit en fait d'une étoile de classe très rare, une hypergéante jaune (d'où le jaune d'oeuf ?), dont on est parvenu à voir des structures gazeuses l'enveloppant, pouvant laisser penser éventuellement, avec un peu d'imagination peut-être, à un oeuf sur le plat.... Mouais....
Je préfère de loin des noms plus sympathiques comme la nébuleuse de la Chouette, la nébuleuse de l’Oeil de chat, la nébuleuse de l'Hélice, celle de l'Anneau ou encore la nébuleuse du Clown...

Quoiqu'il en soit, je vous laisse admirer cette image de notre nouvel oeuf sur le plat cosmique et son hypergéante jaune, nichée dans la constellation du Scorpion  :

                                         crédit : ESO

Vous voulez en savoir plus ? Cliquez donc sur Fried Egg Nebula


Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm, Barlow TV x2 filtres Moon et OIII, Guided by Telrad

23/07/11

dialogue

moi : Y'a pas un nuage aujourd"hui !
lui : ouais, mais y'a du vent...
moi : ouais, mais quand même, t'as vu le ciel ?
lui : ouais, c'est sûr, elle se lève à quelle heure, la lune ?
moi : bah, 0h20...
lui : laisse tomber...


Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm, Barlow TV x2 filtres Moon et OIII, Guided by Telrad

25/06/11

chouette région...

 Que dire de plus face à ce constat renouvelé chaque jour ?
C'est le paradis de l'astronome amateur, voilà tout...



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28/04/11

Saturnite aiguë

 Ca y est, j'ai choppé la Saturnite, en attendant la diamètrite - mais ça c'est pour plus tard - . La Saturnite, à ne pas confondre avec le Saturnisme, même si j'ai charrié des tonnes de plomb durant quelques années de traque au microsievert, nan... La Saturnite, disais-je.
C'est cette pas si vilaine maladie qui consiste à ne pas pouvoir s'empêcher de dégainer les oculaires quand le ciel est clair, et qu'on voit par le fenêtre ce point jaunâtre qui se rapproche de plus en plus de Porrima, une étoile quelconque, qui à le seul intérêt de se rapprocher de Saturne. Ah, mais oui, nous y voilà.

Hier soir je suis donc tombé sur cet article étonnant montrant une image de la sonde Cassini (1ère division , et c'est pas du foot!!) de Encelade vue en contre jour. Image surréelle pourtant bien réelle... Encélade, satellite Saturnien, donc (vous me suivez ?) qui crache des geysers de gaz, peut-être de vapeur d'eau... à son pôle sud... (voir mon post d'hier juste en dessous).
Point jaunâtre non scintillant + image féérique sur l'ordi... j'entends alors une petite voix : "Sors ton Dobson, mon petit, va jeter un oeil!... tu as juste à aller remonter ton tube du garage, vérifier ta collimation, laisser refroidir/réchauffer (c'est selon), et visser ton plus beau Nagler, et hop, à toi Saturne!"
C'est le meilleur moment, te diras-tu pour ne pas culpabiliser, c'est là, en début de nuit, tu n'as même pas besoin de passer le petit matin dans le froid, c'est là sous tes yeux!... Sous ton oeil gauche, plus précisément. Saturne est là.
Imagine quand il ne sera plus là et qu'il sera remplacé par le gros Jupiter sans ces ombres si délicates...
Tu te rends alors compte que tu as choppé cette maladie incurable, une bonne Saturnite aiguë...

Pour reboucler sur un post précédent parlant des grossissements, je peux affirmer que mon grossissement de base sera désormais le 343 X pour Saturne. Que du bonheur et aucune envie de me soigner!

Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm, Barlow TV x2 filtres Moon et OIII, Guided by Telrad