Astronomie, Astrophysique, Astroparticules, Cosmologie. L'infini se contemple, indéfiniment. ISSN 2272-5768
30/05/16
28/05/16
Que dirait la physique si elle pouvait parler du temps ? par Etienne Klein
L'espace-temps : juste un truc-bidule ? Conférence excellente de Etienne Klein, à regarder en entier, y compris les questions à la fin!
25/05/16
Les montagnes étonnantes de Io mieux comprises
Io, le troisième des quatre satellites galiléens de Jupiter en taille, possède une particularité étonnante : ses montagnes. Elles sont à la fois très hautes (pouvant atteindre jusqu’à 18 000 mètres), et très différentes de ce que l’on connaît ailleurs, apparaissant souvent comme des grands blocs abrupts plantés au milieu de plaines. Leur formation, longtemps mystérieuse, est aujourd’hui un peu mieux comprise.
24/05/16
Un nouvel indice sur l'origine des premiers trous noirs supermassifs
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| Illustration de l'objet 29323 (encadrés : en haut : image en rayons X par Chandra, en bas : en visible par Hubble) (NASA/CXC/Scuola Normale Superiore/STScl/CXC-M.Weiss) |
Nous en avons déjà longuement parlé ici, l'origine des trous noirs supermassifs est une énigme. Deux théories s'affrontent : soit ces trous noirs de plusieurs millions ou milliards de masses solaires sont nés à partir de trous noirs stellaires de quelques centaines de masses solaires qui ont ensuite grossi extrêmement vite par accrétion de matière et par fusions successives avec d'autres trous noirs, soit ces premiers trous noirs supermassifs sont nés déjà très gros, de 10 000 à 100 000 masses solaires, par effondrement gravitationnel de nuages de gaz et ont continué à grossir à une vitesse normale.
21/05/16
Les jours de Mars
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| Mars imagé par Marc Delcroix en 2012, le pôle Nord est en bas (http://www.astrosurf.com/delcroix/) |
19/05/16
Mesure de l'effet d'une naine blanche sur une naine brune
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| Cartographie de température de J1433, les températures froides sont représentées par les couleurs sombres (J. Hernandez Santisteban) |
16/05/16
12/05/16
L'étonnant système planétaire de Kepler-223
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| Illustration du système de Kepler-223 (W.Rebel, Wikimedia Commons) |
10/05/16
IceCube ne voit pas de signes de neutrinos stériles
Le détecteur IceCube a pour objectif principal d'étudier les neutrinos de très haute énergie qui proviennent du milieu extragalactique, mais il peut aussi être utilisé pour faire des études d'oscillométrie des neutrinos et chercher des signes de nouvelle physique, comme l'existence d'un quatrième neutrino, stérile.
Le neutrino stérile est issu de travaux théoriques et pourrait être fort intéressant si son existence était démontrée, car il possède une masse, subit donc la force de gravitation, mais n'interagit via aucune autre force, d'où son qualificatif de stérile. Il est donc virtuellement indétectable et serait ainsi un candidat idéal pour expliquer la matière noire. Et les neutrinos sont des particules qui ont la caractéristique rare d'osciller d'une saveur à l'autre. Les trois types de neutrinos connus peuvent se transformer l'un en l'autre au cours de leur trajet dans le vide ainsi que lorsqu'ils traversent la matière, où leur oscillation est d'ailleurs accentuée (c'est l'effet appelé MSW). Le neutrino stérile se comporterait de la même façon.
Il est donc possible théoriquement de déceler la présence de neutrinos stériles en observant attentivement comment des neutrinos "classiques" oscillent d'une saveur à l'autre au cours de leur traversée de grandes quantités de matière, comme l'épaisseur d'une planète par exemple.
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| Le taux de disparition des neutrinos mu en fonction de leur énergie et de l'angle zénithal (IceCube Collaboration) |
C'est ce à quoi se sont attachés de faire les physiciens de la vaste collaboration IceCube. D’après la théorie, une signature typique des neutrinos stériles qui auraient une masse d’environ 1 eV, serait une très forte disparition (par oscillation) des neutrinos muoniques atmosphériques ayant traversé la Terre. Les neutrinos atmosphériques sont les neutrinos qui sont produits dans la haute atmosphère par l’impact des rayons cosmiques (essentiellement des protons).
Comme ce type de mesure de baisse de flux en fonction de l’énergie incidente est accessible au détecteur IceCube, les physiciens ont recherché la présence de cet effet, afin de trouver (ou non) des indices de neutrinos stériles. La plage d’énergie des neutrinos ou antineutrinos muoniques explorée ici s’étend de 320 GeV à 20 TeV. Le résultat est que les chercheurs ne voient aucune trace de manque de neutrinos muoniques atmosphériques, ce qui leur permet de placer une nouvelle limite d’exclusion pour les neutrinos stériles, la plus contraignante construite à ce jour. Cette nouvelle limite est importante car elle exclut des résultats antérieurs qui avaient cru voir la présence de neutrinos stériles (les expériences LSND et MiniBooNE), via des anomalies observées dans des oscillations d’une saveur à l’autre qui paraissaient inexplicables autrement.
Depuis quelques années, plusieurs expériences sont parties à la recherche des neutrinos stériles, pouvant juste fixer des limites de plus en plus contraignantes dans l’espace des phases donnant la masse relative du neutrino stérile vis à vis des autres saveurs en fonction de son angle de mélange (sa façon d’osciller avec les autres saveurs).
Dans leur étude soumis à Physical Review Letters, les physiciens de la collaboration IceCube enfoncent le domaine en montrant à quel point IceCube se révèle être un outil puissant pour les études d’oscillométrie des neutrinos. Ils ont utilisé les données obtenues sur les neutrinos muoniques ayant traversé la croûte terrestre après avoir été produits dans la haute atmosphère de l’hémisphère nord. L’existence des neutrinos stériles aurait dû produire une forte disparition de ces neutrinos muoniques à une énergie située autour de quelques TeV. En effet, la traversée de matière, via les multiples interactions avec les électrons et les noyaux d’atomes, modifie l’intensité et la forme des oscillations des neutrinos, et cette variation dépend également de l’énergie incidente du neutrino.
La non-observation de la disparition des neutrinos mu attendue théoriquement si des neutrinos stériles existaient permet donc aux physiciens de contraindre les paramètres du modèle d’un ordre de grandeur plus fortement que ce que pouvaient obtenir les expériences similaires antérieures. Elle remet du coup sérieusement en question l’existence-même des neutrinos stériles, même si ces résultats ne les éliminent tout de même pas encore complètement. Elle pourrait en tous cas impacter durablement les futures stratégies de recherche de ce candidat idéal pour la matière noire.
Source :
Searches for Sterile Neutrinos with the IceCube Detector
The IceCube Collaboration, M.G.Aartsen et al,
Soumis à Physical Review Letters,
http://arxiv.org/abs/1605.01990
Voir aussi mes précédents billets consacrés de près ou de loin aux neutrinos stériles.
Voir aussi mes précédents billets consacrés de près ou de loin aux neutrinos stériles.
05/05/16
Mesure de la masse d'un trou noir supermassif avec une très grande précision
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| Image composite de NGC 1332 et sa partie centrale A. Barth (UCI), ALMA (NRAO/ESO/NAOJ); NASA/ESA Hubble; Carnegie-Irvine Galaxy Survey. |
Comment observer le passage de Mercure devant le Soleil
Lundi 9 mai, Mercure passe devant le Soleil. Ce phénomène assez rare se reproduira en 2019 puis en 2032. Il sera observable durant toute l'après-midi à partir de 13h05, heure à laquelle Mercure entre sur le disque solaire, jusqu'au coucher de notre étoile.
ATTENTION! NE REGARDEZ JAMAIS LE SOLEIL DIRECTEMENT AVEC DES JUMELLES, VOUS VOUS BRULERIEZ LES YEUX!
ATTENTION! NE REGARDEZ JAMAIS LE SOLEIL DIRECTEMENT AVEC DES JUMELLES, VOUS VOUS BRULERIEZ LES YEUX!
La seule méthode à utiliser si vous ne possédez pas de filtre spécial solaire (en vente dans les magasins d'astronomie), c'est de projeter l'image du soleil sur une feuille blanche.
Pour ce faire, placez vos jumelles en direction du soleil (MAIS NE REGARDEZ PAS DEDANS) et repérez le rond de lumière qui se forme sur le sol (vous pouvez vous aider en mettant votre main en sortie des jumelles pour suivre le rond de lumière intense). Boucher l'un des deux objectifs de manière à ne projeter qu'une seule image.
Placez une feuille blanche à une distance suffisante pour que le disque solaire forme un rond de 10 à 20 cm (la largeur d'une feuille A4 au maximum) sur la feuille. Il suffit de reculer les jumelles pour faire grossir le disque solaire sur la feuille...
Mercure formera un petit rond noir, vraiment petit... Pour vous rendre compte de ce à quoi il faut s'attendre, regardez cette simulation effectuée avec Stellarium, avec une accélération du temps :
Bon ciel, et bonne observation !
02/05/16
Une piste extragalactique pour le neutrino ultra-énergétique Big Bird
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| La bouffée de rayonnement de PKS B1424-418 observée par TANAMI entre septembre 2012 et mars 2013 (TANAMI). |
29/04/16
Exoplanètes : Kepler teste une nouvelle méthode de détection
Une équipe d’astronomes a été
tout particulièrement soulagée d’apprendre le retour en fonctionnement normal
du télescope chasseur d’exoplanètes Kepler suite à sa mise en mode d’urgence impromptue apparue
au début du mois d’avril : l’équipe qui l’utilise pour trouver des
exoplanètes avec une nouvelle technique, les microlentilles gravitationnelles.
L’arrêt brutal du fonctionnement
de Kepler avait eu lieu seulement quelques heures avant le début de la campagne
d’observation des microlentilles gravitationnelles prévue pour durer 80 jours.
Tout étant désormais rentré dans l’ordre, cette campagne a enfin pu commencer.
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| Le télescope Kepler (NASA) |
L’effet de lentille
gravitationnelle existe à toutes les échelles. La masse d’une simple étoile est
suffisante pour défléchir suffisamment la lumière d’une étoile située plus loin
derrière elle pour que la luminosité de cette dernière soit augmentée
artificiellement. C’est ce qu’on appelle les microlentilles gravitationnelles.
Et le télescope Kepler est
capable de détecter des sursauts de luminosité si faibles qu’il devrait être
capable de déceler ce phénomène non seulement quand il est produit par des
étoiles, mais aussi par des planètes. C’est le passage d’une étoile (entourée
d’une ou plusieurs planètes) devant une
autre étoile située beaucoup plus loin, telle qu’elle est vue depuis la Terre,
qui permettra à Kepler d’observer ces phénomènes de microlentille en mesurant
l’évolution de la luminosité sur plusieurs semaines.
Le phénomène de microlentille
gravitationnelle a été utilisé dès les années 1980 pour rechercher des astres
sombres, des naines brunes. La recherche par cette méthode de corps plus petits
comme des planètes a été mise en œuvre à
la fin des années 1990 à partir de télescopes terrestres, comme le programme
OGLE (Optical Gravitational Lensing
Experiment) qui exploite les instruments de l’observatoire chilien de Las
Campanas. Les astrophysiciens doivent suivre des millions d’étoiles durant
plusieurs mois pour trouver un seul effet de microlentille. Et parmi ces événements
de microlentille, la très grande majorité (99%) est dûe à une étoile seule, le
pourcent restant montrant une courbe de lumière avec un petit pic accompagnant
le pic principal, qui signe la présence probable d’une planète.
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| Exemple d'une courbe de lumière d'une microlentille gravitationnelle produite par une étoile accompagnée d'une planète, le petit pic signe la présence de la planète (Caltech) |
Jusqu’à aujourd’hui, les télescopes
terrestres ont permis de trouver environ 60 exoplanètes par cette méthode, mais
les astronomes espèrent en trouver d’avantage avec Kepler.
On se souvient que Kepler a subi
une avarie de ses roues gyroscopiques en 2013, qui l’empêche désormais de se
positionner dans n’importe quelle position. Les ingénieurs de la NASA ont
trouvé le moyen de continuer à l’utiliser malgré son handicap, en le
stabilisant grâce au vent solaire, mais il doit du coup pointer toujours vers
la même direction, qui ne varie qu’en fonction des saisons. D’avril à juillet,
le champ de vue de Kepler se situe dans la direction du bulbe de notre
galaxie, peuplé de nombreuses étoiles, et donc un terrain de chasse idéal pour
débusquer des microlentilles gravitationnelles.
Et Kepler ne va pas travailler
seul : les astronomes ont eu l’idée d’utiliser le fait que Kepler se
trouve à plus de 100 millions de kilomètres de la Terre (sur une orbite autour
du Soleil), pour comparer ses mesures avec des mesures enregistrées par une
trentaine de télescopes terrestres répartis sur tous les continents.
L’observation des mêmes microlentilles simultanément avec Kepler et sur Terre
permettra de mesurer la distance du système planétaire qui en est la cause par
la mesure de parallaxe. Et les astronomes ont même prévu de faire mieux, car
avec un calcul de parallaxe plus complexe impliquant la comparaison des courbes
de lumière obtenues avec les différents télescopes, ils pourront déduire la
masse du système lentille (étoile+ planète).
Steve Howell, du Ames Research Center de la NASA, et membre
de la mission scientifique Kepler, estime que le télescope devrait permettre d’observer
durant cette campagne environ 100 microlentilles, dont la moitié pourraient
être dûes à des planètes vagabondes et l’autre moitié à des étoiles, dont seule
une petite fraction montrerait la présence de planètes en orbite.
Les chercheurs exploiteront tout
ce qu’ils trouveront avec Kepler, en attendant la mise en service vers 2025 du futur
télescope spatial WFIRST (Wide-Field
Infrared Survey Telescope), qui a d’ores et déjà les microlentilles dans son
programme de recherche d'exoplanètes, et qui pourrait révolutionner le domaine dans la prochaine décennie, dans les pas du pionnier Kepler.
Source :
Kepler enlists relativity to find planets
Daniel Clery
Science
29 Apr 2016: Vol. 352, Issue 6285, pp. 504-505
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