dimanche 26 février 2017

Du vent à la surface de Tchouri


Quelle ne fut pas la surprise des spécialistes en observant en détails les images de la comète Tchouri effectuées par la sonde Rosetta : des dunes de sable ondulées y sont présentes, et elles ne peuvent être produites que par du vent, selon une étude de physiciens français.

Les images de Rosetta ont montré que par endroits, la surface de la comète était recouverte par une couche de poussière épaisse de plusieurs mètres. Mais le plus surprenant était d'y voir des dunes mouvantes (observées à 16 mois d'intervalle). Ces structures ont été vues au niveau du col de Tchouri et des deux côtés des lobes.
Non seulement des ondulations sableuses ont été observées mais aussi ce qui ressemble au déplacement de gros cailloux, qui ont laissé une trace dans la poussière derrière eux. Ces phénomènes ne peuvent avoir eu lieu que si un vent existe à la surface de la comète, d'après les chercheurs qui publient leur étude dans Proceedings of the National Academy of Science of the USA.

L'équipe du Laboratoire de Physique et Mécanique des Milieux Hétérogènes (CNRS/Université Paris Sorbonne) menée par Philippe Claudin a essayé de comprendre comment pouvait s'être formées ces structures très particulières à la surface de Churyumov-Gerasimenko ayant la forme d'ondulations sur des dunes, et qui ressemblent fortement à ce que l'on peut voir dans nos déserts de sable. 
Ils ont pour cela modélisé le comportement du dégazage qui peut avoir lieu sur la comète, en fonction de son éclairement solaire. Les chercheurs montrent que le dégazage de vapeur d'eau important qui a lieu à l'approche du périhélie de la comète se répand latéralement à la surface en formant une couche gazeuse. Mais seulement du côté chauffé par le Soleil. Il en résulte une différence de pression entre zone éclairée et zone à l'ombre qui produit alors ce qui est appelé un "vent thermique" : la vapeur d'eau se déplace vers les zones de plus basse pression. Ce vent, d'après les modélisations et les expériences des physiciens pour reproduire le phénomène, est suffisamment dense pour pouvoir déplacer des grains de plusieurs centimètres dans le champ de gravité très faible qui est celui de la comète Tchouri (1/50000ème  de la gravité terrestre).


Cette atmosphère transitoire est très ténue (100 000 fois moins dense que notre atmosphère) et variable en fonction de là où se trouve la comète sur son orbite, maximum lorsque la comète était au plus près du Soleil (son périhélie), mais c'est la très faible gravité sur Tchouri qui permet à ces vents eux aussi très faibles de pouvoir tout de même déplacer des petits grains de poussière/sable.

Grâce à cette étude approfondie pour comprendre les ondulations des dunes de Tchouri, les physiciens français ont développé un outil expérimental fiable pour l'étude de la cohésion des grains et les interactions grains-fluides. Il permet de prédire les processus d'accrétion et d'érosion qui contrôlent l'évolution des petits corps du système solaire, une étape clé dans la formation des planètes.


Référence

Giant ripples on comet 67P/Churyumov–Gerasimenko sculpted by sunset thermal wind
Pan Jia et al.
PNAS (21 fevrier 2017)


Illustrations 

1) Dunes et traînées produites par un vent thermique observées par Rosetta le 18 septembre 2014 (ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team)

2) Zone montrant des dunes (cercle rouge) (ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team) 

vendredi 24 février 2017

Observation d'un excès de photons gamma dans le centre de la galaxie d'Andromède



Une grande collaboration internationale exploitant les données du télescope spatial gamma Fermi-LAT vient de révéler la détection d'un excès important de rayons gamma en provenance d'une zone étendue au centre de la galaxie d'Andromède (M31). Un excès similaire avait observé au centre de notre galaxie en 2014. Deux hypothèses principales peuvent expliquer cet excès : la désintégration ou annihilation de particules de matière noire, ou bien la présence de nombreux pulsars au niveau du bulbe central des galaxies.



Tenez vous prêts à Voir un trou noir avant la fin de l'année 2017


Du 5 au 14 avril prochain aura lieu une observation exceptionnelle : l'Event Horizon Telescope, le plus grand réseau de radiotélescopes couvrant plusieurs milliers de kilomètres sur différents continents, fera une image de Sgr A*, le  trou noir supermassif de notre Galaxie. L'image reconstruite devrait être rendue publique vers la fin 2017.




mercredi 22 février 2017

Découverte de 7 planètes telluriques tempérées autour de l'étoile TRAPPIST-1


Un système de 7 planètes de la taille de la Terre munies d'atmosphères et la moitié situées en "zone habitable" autour de leur étoile, c'est ce qu'une équipe d'astronomes vient de découvrir autour de l'étoile naine rouge TRAPPIST-1 située à 39 années-lumière de nous.  




mardi 21 février 2017

Découverte du pulsar X le plus lumineux et le plus lointain


Le pulsar X le plus brillant vient d'être débusqué dans la galaxie NGC 5907 située à 50 millions d'années-lumière. Sa luminosité est plus de 1000 fois plus forte que ce qui paraissait possible pour un pulsar de ce type. Cette découverte a été effectuée par le télescope européen XMM-Newton.




lundi 20 février 2017

Winston Churchill avait écrit sur la vie extraterrestre en 1939, en étant très pertinent


On connait de Winston Churchill son rôle éminent à la tête du Royaume Uni durant la seconde guerre mondiale, on le connaît aussi orateur hors pair, écrivain, historien, amateur de cigares et peintre à la fin de sa vie, mais ce que l'on connaît moins de Churchill, c'est son grand attrait pour les sciences et la technologie, et notamment les sciences de l'Univers. Un manuscrit de Churchill vient d'être redécouvert où il s'essaye à une analyse scientifique de l'existence de la vie extraterrestre, et ça tient la route. 




dimanche 19 février 2017

Des nouvelles de Jupiter (et de Juno)



Cette superbe image du pôle Sud de Jupiter a été produite par Juno lors de son dernier survol en date, le 2 février. Son imageur JunoCam offre des détails époustouflants sur les tempêtes qui sévissent dans cette région polaire. La distance de la sonde au plus près du sommet des nuages Joviens est ici de 103 000 km, mais elle s'en approche jusqu'à 5300 km au cours de son orbite elliptique.
Cette image a été traitée par un amateur, John Landino, et comme lui, vous pouvez vous aussi fouiller dans les données brutes envoyées par Juno pour produire des images améliorées. L'équipe de JunoCam met en effet à disposition du public toutes ses données. N'hésitez pas ! 

Ce survol était le 4ème depuis son insertion en orbite le 4 juillet 2016, il lui en reste une bonne trentaine à effectuer d'ici au mois de juillet 2018. Juno se comporte toujours nominalement selon les spécialistes de la NASA. John Bolton, responsable scientifique de la mission, précise : "Juno fournit des résultats spectaculaires et nous sommes en train de revoir nos idées sur le fonctionnement des planètes géantes!". Parmi les résultats engrangés, Juno a déjà montré que le champ magnétique de Jupiter était plus fort et produisait des aurores plus grandes que ce que l'on pensait.
Néanmoins, il a été décidé que la suite de la mission resterait pour le moment sur son orbite actuelle de 53 jours, alors qu'une option envisagée était de raccourcir l'orbite et de s'approcher à plus courte distance de Jupiter, avec une période de 14 jours. Les scientifiques américains ont préféré assurer les résultats en cours plutôt que prendre des risques.


Un problème est en effet apparu dans le système de propulsion de la sonde, plus exactement sur un valve à hélium. Le problème a été observé pour la première fois en octobre lorsque les ingénieurs de la NASA ont essayé de pressuriser le propulseur et ont observé par télémétrie que les valves avaient pris plus de temps que la normale pour s'ouvrir : plusieurs minutes alors qu'elles auraient dû le faire en seulement quelques secondes.
Effectuer une manœuvre pour changer d'orbite aurait donc eu le risque de produire une poussée incontrôlée en cas de défaillance du moteur, et d'envoyer Juno sur une orbite inappropriée, et au risque de compromettre sérieusement la suite de la mission.
Il  y a plusieurs points positifs à ce changement de stratégie : en restant plus loin de la planète géante, Juno aura plus de temps pour explorer sa magnétosphère et ses interactions avec le vent solaire, et surtout, la sonde restera plus longtemps à l'écart de la ceinture de radiations très destructive de Jupiter, ce qui pourrait allonger sa durée de vie au delà de la date initialement prévue.

Le prochain survol de Juno est prévu le 27 mars.


Illustrations 

1) Le pôle sud de Jupiter imagé par Juno (NASA/John Landino)

2) vue d'artiste de la sonde Juno (NASA)

vendredi 17 février 2017

De la matière organique détectée à la surface de Cérès


Et voilà ! Il y a de la matière organique à la surface de Cérès, et c'est la première fois que de la matière organique est détectée in situ sur un corps de la ceinture d'astéroïdes. Cette découverte a été effectuée à l'aide du spectromètre imageur VIR (Visible and InfraRed) de la sonde Dawn actuellement en orbite de Cérès, au niveau du cratère Ernutet situé dans son hémisphère nord.




La vitesse du Soleil mesurée grâce aux données astrométriques de Gaia


La vitesse du Soleil autour de Sgr A* vient d'être mesurée avec une précision de 9 km/s à partir des premières données astrométriques fournies par la mission Gaia. Avec les données complètes en fin de mission, notre vitesse de rotation dans la Galaxie pourra être connue à 1 km/s près. 




jeudi 16 février 2017

Les derniers mois d'une étoile en fin de vie retracés en observant sa supernova très tôt après l'explosion


Que se passe-t-il juste avant qu'une étoile massive explose en supernova ? Une réponse à cette question épineuse vient d'être apportée grâce au suivi spectroscopique  très rapide de la suite de l'explosion d'une supernova apparue en 2013, qui a permis de retracer ce qui s'est passé dans les mois précédents.




mercredi 15 février 2017

Le trou noir qui favorise la production d'étoiles


La physique des trous noirs est décidément plus complexe que ce que l'on pense. Une nouvelle observation par le réseau ALMA vient de montrer que les jets radio d'un trou noir supermassif peuvent induire la production de gaz moléculaire et donc la création de milliards d'étoiles...




mardi 14 février 2017

Cosmologie : après le problème du Lithium-7, celui du Lithium-6

La valeur des abondances des éléments légers produits durant la nucléosynthèse primordiale (du deutérium au béryllium) est un pilier du modèle standard de la cosmologie. La plupart des réactions nucléaires en jeu sont maintenant bien connues, mais l’une d’entre elles restait encore mal déterminée, celle qui produit le 6Li. La mesure de son taux de réaction vient d’être enfin effectuée, mais une fois injectée dans le modèle, un écart considérable sur l’abondance du 6Li est obtenu par rapport aux observations… En cosmologie, on connaissait le problème du lithium-7, on a désormais aussi celui du lithium-6.




samedi 11 février 2017

Des météorites magnétiques indiquent la durée de vie de la nébuleuse solaire à l'origine des planètes


Le Soleil et les planètes de notre système sont tous nés ensemble dans un nuage de gaz et de poussières qui s'est condensé sous sa propre masse en formant ce que l'on nomme la nébuleuse solaire. Alors que la partie centrale a formé une étoile, les zones externes se sont condensées et agglomérées pour former les planètes. La durée de ce processus vient d'être estimée et elle apparaît très courte, seulement 4 millions d'années...




jeudi 9 février 2017

Un trou noir de masse intermédiaire mis en évidence au centre de l'amas globulaire 47 Tucanae


La présence d’un trou noir de masse intermédiaire vient d’être détectée indirectement au centre de l’amas globulaire 47 Tucanae (NGC 104). Ces trous noirs sont recherchés depuis longtemps et c’est la première fois qu’un trou noir aussi massif et observé (indirectement) dans un amas globulaire.




mercredi 8 février 2017

Les deux nuages de Magellan reliés entre eux par un courant d'étoiles


Les deux nuages de Magellan sont des objets emblématiques de l'hémisphère Sud. Ce sont les deux plus grosses galaxies satellites de notre Voie Lactée. Une nouvelle vision de ces galaxies naines vient d'être révélée par le télescope européen Gaïa : un courant d'étoiles long de 43000 années-lumières paraît les relier l'un à l'autre, ce qui laisse penser que le Grand Nuage a un peu dépecé le Petit Nuage...




mardi 7 février 2017

Plus de 10 ans pour dévorer une étoile massive


Même supermassifs, les trous noirs sont des objets qui peuvent prendre leur temps. XJ1500+154 est de ceux-ci; Ce trou noir a commencé à avaler une étoile après l'avoir détruite il y a plus de 10 ans et n'a pas fini son festin...




lundi 6 février 2017

Premier test de nettoyage spatial : raté


L'agence spatiale japonaise n'est pas à la fête. Quelques mois après l'échec du télescope spatial Hitomi, la JAXA vient de rater son premier test de technologie de nettoyage de l'orbite basse, la première expérience du genre. 




dimanche 5 février 2017

Ce soir, la Lune occulte Aldébaran : à observer!

Ce soir vers 23h15 (heure française), la Lune occultera la treizième étoile la plus brillante du ciel, la géante rouge Aldébaran. Une jolie observation à faire qui permet de véritablement voir le mouvement propre de notre satellite... Regardez ci-dessous tous les détails :



Bon ciel à toutes et tous  !

samedi 4 février 2017

Découverte de groupes de galaxies naines en train de s'assembler


La découverte de petits groupes de galaxies naines dans des environnements totalement isolés, loin de toute grande galaxie, offre une preuve directe de l'assemblage hiérarchique des galaxies à l'échelle des petites galaxies. 




vendredi 3 février 2017

L'explosion du coeur moléculaire d'Orion vue par ALMA


Les étoiles les plus massives se forment au sein d’amas denses où les interactions gravitationnelles avec des étoiles voisines sont communes. Les deux étoiles massives en formation les plus proches de nous, nommées BN (environ 10 masses solaires) et Source I (6 masses solaires) sont localisées juste derrière la grande nébuleuse d’Orion ; elles apparaissent avoir été éjectées dans des directions opposées par de telles interactions, et elles ne sont pas seules…




mercredi 1 février 2017

Une explication magnétique pour l'étoile à neutrons la plus énigmatique


Il existe une étoile à neutrons pas comme les autres. Elle est nommée MXB1730-335, et surnommée le Rapid Burster (ou RB). Ce qui la rend unique et mystérieuse depuis sa découverte il y a quarante ans, c’est sa capacité à produire des bouffées de rayons X très erratiques et très intenses autant que brusques. On appelle ce type de bouffées des bouffées X de type II.  Il n’existe que deux étoiles à neutrons connues qui possèdent cette caractéristique. Mais aujourd’hui, des astrophysiciens pensent avoir compris l’origine de ces bouffées de rayons X atypiques.