jeudi 26 avril 2018

Observation de proto-amas de galaxies 1,5 milliards d'années après le Big Bang


Les astrophysiciens pensaient que les premiers amas de galaxies se formaient à partir d’environ 3 milliards d’années après le Big Bang. Mais ce n’est pas ce que montre une observation effectuée conjointement avec les radiotélescopes ALMA et APEX. Les astronomes ont débusqué ce qui ressemble à l’amas de galaxies le plus lointain et précoce vu à ce jour : seulement 1,4 milliards d’années après le Big Bang…



mercredi 25 avril 2018

Gaia livre des données astrométriques exceptionnelles


Il s'agit d'une masse de données considérable. La collaboration exploitant le télescope spatial Gaia vient de rendre public aujourd'hui le deuxième jeu de données astrométriques de Gaia après une première publication préliminaire en septembre 2016. C'est aujourd'hui 1,7 milliards d'étoiles de notre Galaxie qui sont mesurées avec précision pour leur position et 1,3 milliards pour leur distance et leur mouvement propre.




lundi 23 avril 2018

Uranus pue l'oeuf pourri


Uranus pue l'oeuf pourri. Ou si vous préférez, la belle bleue fouette l'odeur acre de nos plus sympathiques geysers ou des plus pénibles boules puantes de nos cancres d'antan. Des astronomes viennent en effet de mesurer la quantité de sulfure d'hydrogène (H2S) présent dans l'atmosphère d'Uranus, et il y en a suffisamment pour que ça ne sente pas la rose, ce qui permet de déduire certains éléments sur la formation de la géante glacée...




vendredi 20 avril 2018

Saturne impliquée dans la formation des gros satellites de Jupiter ?


Les quatre satellites Galiéens de Jupiter : Europe, Io, Ganymède et Callisto ont dû se former dans un disque de matière qui entourait une Jupiter naissante, mais l'origine exacte des briques qui ont formé ces gros satellites reste une inconnue. Une équipe d'astronomes français vient de montrer que l'autre planète géante, Saturne, pourrait avoir joué un rôle clé dans cette histoire...




jeudi 19 avril 2018

Où sont les baryons manquants ?


Une équipe d'astronomes vient de sonder les halos de plusieurs galaxies à la recherche de la matière ordinaire qui manque à l'appel, du gaz plus ou moins chaud. Ils ne le trouve pas, laissant à nouveau des questions sans réponses.




lundi 16 avril 2018

Le pouvoir exceptionnel mais limité de l'Event Horizon Telescope


Trier les théories de gravitation grâce aux futures images de trou noir de l'Event Horizon Telescope (EHT) ? Des astrophysiciens montrent avec des simulations que ce sera très très difficile, voire impossible...




samedi 14 avril 2018

H.E.S.S fournit la cartographie la plus complète du ciel gamma

La collaboration H.E.S.S fête ses 15 ans de prises de données sur les sources gamma de notre galaxie. C'est l'occasion pour les chercheurs de publier de nombreux résultats dans un numéro spécial de Astronomy&Astrophysics, concernant le relevé des sources du plan galactique, des études sur des nébuleuses de vent de pulsar et autres résidus de supernovas, ainsi que des recherches d'objets d'un nouveau genre encore jamais vus en rayons gamma de haute énergie comme ce qu'on appelle des microquasars, ou encore des chocs produits par des étoiles en mouvement rapide...




mercredi 11 avril 2018

Matière noire : on passe à l'axion ?


Une des alternatives tout à fait crédible dans le monde des particules pour expliquer la présence de grandes quantités de masse invisible autour des galaxies et des amas de galaxies, est constituée d'une particule hypothétique très légère, inventée il y a plus de 40 ans pour résoudre une anomalie de l'interaction forte dans les neutrons : l'axion. L'expérience phare qui traque ces particules, ADMX, vient de passer un cap très important en sensibilité de mesure, ce qui pourrait mener à une découverte d'ici quelques années, ou demain...




mardi 10 avril 2018

Les filaments cosmiques révélés par les distorsions du fond diffus cosmologique


Une cartographie inédite des filaments de matière constituant l'Univers vient d'être produite grâce à l'observation de très faibles effets de lentille gravitationnelle sur la lumière du fond diffus cosmologique. 




dimanche 8 avril 2018

5% de neutrinos massifs pour la matière noire ?


Le modèle cosmologique standard actuel (𝚲CDM, décrivant un Univers dominé par une constante cosmologique + de la matière noire "froide") prédit des structures galactiques à grande échelle un peu trop grumeleuses par rapport à ce qui est observé. Mais l'ajout d'une simple petite portion de matière noire "chaude" (c'est à dire des particules massives mais très légères, pouvant atteindre des vitesses relativistes) comme des neutrinos, jusqu'alors rejetées pour expliquer la matière noire, pourrait réconcilier les différentes observations.




jeudi 5 avril 2018

Détection de 12 trous noirs stellaires autour du trou noir supermassif Sgr A*


La présence d’un grand nombre de trous noirs stellaires à proximité du trou noir supermassif des galaxies est une prédiction fondamentale des modèles de dynamique stellaire galactique. Pour notre galaxie, environ 20000 trous noirs stellaires sont attendus dans un rayon de 3 années-lumière autour de Sgr A*. Jusqu’à aujourd’hui, très peu de trous noirs stellaires avaient été trouvés dans cette région très centrale de notre galaxie, mais une équipe d’astrophysiciens vient d’en débusquer 12, ce qui permet de confirmer qu’il doit effectivement en exister plus de 10 000 autour de Sgr A*.



mercredi 4 avril 2018

Record de résolution angulaire pour un télescope virtuel 8 fois plus grand que la Terre


Un télescope virtuel bien plus grand que la Terre, capable d’imager des détails d’un jet de trou noir d’une fraction d’année-lumière à une distance de 230 millions d’années-lumière, c’est l’exploit que vient de réaliser une collaboration internationale impliquant européens, américains et russes.

Il s’agit d’une observation par interférométrie radio à très longue base. Cette fois-ci, la méthode a été poussée encore plus loin que par l’utilisation de radiotélescopes disséminés sur différents continents. Un radiotélescope de 10 m en orbite, le russe Spektr-R (ou SRT, Space Radio Telescope) a été intégré au vaste réseau de radiotélescopes terrestres exploités ensemble pour former un réseau interférométrique gigantesque dénommé pour l’occasion RadioAstron Space VLBI. L’observation simultanée a eu lieu le 21 septembre 2013 mais ce n’est qu’aujourd’hui que les résultats sont publiés par l’équipe internationale menée par l’italien Gabriele Giovannini (Istituto di Radio Astronomia, Bologne) dans Nature Astronomy, à l’issue de nombreuses années de traitements et d’analyse des données.

La cible de cette observation hors du commun était le noyau actif de la galaxie NGC 1275, la galaxie centrale de l’amas de Persée qui contient un énorme trou noir supermassif de 2 milliards de masses solaires actif dans son centre. La base du réseau interférométrique ainsi formée a une longueur égale à 8 fois le diamètre de la Terre, ce qui permet aux astrophysiciens d’atteindre une résolution de 30 microarcsecondes… RadioAstron est devenu l’instrument astronomique ayant la résolution angulaire la plus élevée de l’histoire.

Plus la séparation entre les différents éléments du réseau interférométrique est grande, plus le diamètre du radiotélescope virtuel est grand, et donc plus la résolution angulaire ou spatiale est importante. Grâce à l’ajout du radiotélescope spatial russe, les chercheurs sont parvenus à voir ce qui se passe à une distance de seulement 0,033 années-lumière du trou noir de NGC 1275, soit à seulement une centaine de fois son rayon gravitationnel.
Les trous noirs actifs produisent très souvent (indirectement) des jets de particules et de plasma lancés à des vitesses relativistes le long de leur axe de rotation. Les spécialistes cherchent depuis des années à comprendre comment naissent ces jets, en essayant de les observer toujours plus près de l’engin infernal qui en est à l’origine, pour pouvoir confronter les observations avec les modèles théoriques. Le trou noir supermassif de NGC 1275, correspondant à la source radio Perseus A ou encore 3C84, était un bon candidat pour tenter un zoom vers la région de la base du jet. 


L’ajout du radiotélescope spatial à un réseau terrestre comprenant près de 20 observatoires différents a été déterminant pour voir des détails de la base du jet du trou noir. Les chercheurs observent que le jet est illuminé par son limbe, ce qui est plutôt rare, la plupart des jets qui ont pu être observés de près étant éclairés par leur arête (le jet de M87 est aussi de type « limbe »). D’après Giovannini et ses collaborateurs, le jet de NGC 1275 possède un grand angle d’ouverture à sa base, suivie par une rapide collimation de forme quasi-cylindrique qui se poursuit ensuite sur une distance de plusieurs milliers de rayons gravitationnels. A une distance de 350 rayons gravitationnels du trou noir, le jet semble s’étaler et montre une largeur inattendue de 250 rayons gravitationnels. La largeur du jet semble donc plus importante dans sa partie basse que ce que les chercheurs attendaient d’après le modèle préféré qui prédit une origine du jet au niveau de l’ergosphère du trou noir (là où l’espace-temps s’enroule autour du trou noir à cause de sa rotation) et donc une base plus étroite. Il se pourrait ainsi qu’une bonne partie du jet, si ce n’est la totalité, prenne naissance plutôt au niveau du disque d’accrétion entourant le trou noir.

Les images du jet de 3C84, l’autre nom de cette source radio, montrent également une structure qui est sensiblement différente de celle du jet du trou noir de M87, observé lui aussi récemment de manière assez détaillée (voir ici). Les astrophysiciens estiment que la différence observée entre les deux jets vient de leur âge respectif. Le jet de 3C84 (alias NGC 1275) s’est reformé à peine 10 ans avant cette observation (en 2003) et il serait encore en cours de formation. Il sera donc très important de suivre dans la durée l’évolution de ce jet de particules relativistes dans les années à venir, et si possible toujours plus près de l’horizon des événements.



Source

A wide and collimated radio jet in 3C84 on the scale of a few hundred gravitational radii
G. Giovannini et al.,
Nature Astronomy (02 April 2018)


Illustrations

1) Image de la structure du jet de NGC 1275 et vue d'artiste du concept d'interférométrie spatiale (Pier Raffaele Platania INAF/IRA (compilation); ASC, Lebedev Institute (RadioAstron ))

2) Vue d'artiste du radiotélescope spatial Spektr-R (NPO Lavochkin)

3) Les différents radiotélescopes terrestres impliqués dans le projet RadioAstron (Blue Marble Next Generation, NASA Visible Earth. Paul Boven)

lundi 2 avril 2018

Observation de l'étoile individuelle la plus lointaine jamais observée : 9 milliards d'années-lumière


Il ne s'agit pas d'une supernova, mais bien d'une étoile normale, même si c'est une supergéante bleue très brillante. Surnommée Icarus, cette étoile, faisant partie d'une galaxie située à 9 milliards d'années-lumière (distance lumière), s'est retrouvée par hasard quasi parfaitement alignée avec une étoile qui a produit une lentille gravitationnelle multipliant sa luminosité par un facteur 2000.




dimanche 1 avril 2018

Supernovas de type II : Révélation de l'origine de l'impulsion des étoiles à neutrons


Les explosions de supernovas par effondrement de cœur (les supernovas de type II) laissent derrière elles un objet compact, étoile à neutrons ou trou noir, mais ces explosions sont très rarement de symétrie parfaitement sphérique, ce qui produit une impulsion, et donc une vitesse importante pour l'objet compact... 




jeudi 29 mars 2018

Découverte d'une galaxie sans matière noire (ni trou noir supermassif)


Elle s'appelle NGC1052 DF2, c'est une galaxie très atypique. Bien que de la taille d'une galaxie spirale, cette galaxie ultra-diffuse possède très peu d'étoiles (équivalentes à 200 millions de masses solaires), et les vitesses des amas d'étoiles qui y sont mesurées indique qu'elle ne comporte pas du tout de matière noire.




mercredi 28 mars 2018

Découverte d'une planète de la taille de la Terre entièrement métallique


K2-229b est une des trois planètes qui ont été découvertes en orbite autour de l'étoile naine K2-229. Cette planète est surprenante : de la taille de la Terre, elle possède une densité bien supérieure à celle de Mercure, montrant qu'elle serait entièrement métallique. 




mardi 27 mars 2018

Mystère résolu pour des événements lumineux transitoires rapides


Il existe des sortes de supernovas très bizarres qu'on appelle des FELT (Fast-Evolving Luminous Transient), des événements transitoires qui ont la particularité d'évoluer très vite. On en sait maintenant beaucoup plus grâce à un télescope spatial pas du tout prévu au départ pour les observer : le chasseur d'exoplanètes Kepler.




dimanche 25 mars 2018

Nouveau scénario de formation des planètes rocheuses du Système Solaire


La composition en isotopes de calcium des corps planétaires du système solaire interne est directement corrélée à leur masse. Cette découverte a des implications importantes dans notre compréhension de la formation de notre système. Un nouveau scénario est proposé avec une formation continue des planètes rocheuses.




samedi 24 mars 2018

Un Nuage de Magellan dépouille l'autre pour nourrir la Voie Lactée


Le Leading Arm est un grand nuage de gaz situé autour de notre galaxie, animé d'un mouvement semblable à celui du Grand Nuage et du Petit Nuage de Magellan. Mais de laquelle des deux galaxies satellites ce gaz vient-il ? La réponse vient d'être trouvée grâce à une analyse chimique de son contenu.




jeudi 22 mars 2018

Plus de 200 trous noirs dans l'amas globulaire NGC 3201


En janvier dernier, je vous racontais la découverte d'un trou noir dans l'amas globulaire NGC 3201 grâce à la mesure des mouvements de son étoile compagne. Aujourd'hui on tente de savoir combien cet amas pourrait en abriter. Des chercheurs ont fait des simulations, et en trouvent au moins 200...




mardi 20 mars 2018

Les océans de Mars se seraient formés en même temps que des éruptions volcaniques massives

Selon une nouvelle étude, les océans de Mars auraient commencé à se former 300 millions d'années plus tôt que ce que l'on pensait auparavant, probablement à la faveur d'une intense activité volcanique sur la planète rouge. Et ils auraient également été beaucoup moins profonds que ce que l'on imaginait.




lundi 19 mars 2018

L'intensité des jets d'un trou noir est proportionnelle à la masse qu'il avale


Cela pouvait paraître évident, mais encore fallait-il l'observer. C'est désormais chose faite : Il y a bien une relation de proportionnalité entre la puissance du jet de particules émis par un trou noir et la quantité de matière qu'il vient d'accréter.




samedi 17 mars 2018

L'exposition aux rayonnements cosmiques galactiques s’aggrave


L'exposition aux rayonnements cosmiques galactiques dans notre système solaire n'a jamais été aussi élevée depuis le début de l'ère spatiale, et a tendance à augmenter plus vite que ce que les spécialistes avaient prédit il y a quelques années. En cause : la faible activité magnétique du Soleil.




jeudi 15 mars 2018

NGC 1277, une galaxie qui n'a pas évolué depuis 10 milliards d'années


NGC 1277 n'est pas tout à fait une galaxie comme les autres. Une étude détaillée de ses étoiles vient de montrer qu'une fois formée il y a environ 10 milliards d'années, la galaxie n'a plus évolué : pas de formation de nouvelles étoiles ni fusion avec d'autres galaxies. Il s'agit donc d'une véritable galaxie relique.




mercredi 14 mars 2018

Jupiter : confirmation du rétrécissement rapide de la Grande Tache Rouge


La Grande Tache Rouge de Jupiter n'a plus rien de grand, elle fond comme neige au soleil depuis un siècle, et ce de plus en plus vite. Et une nouvelle étude vient de montrer que ce cyclone augmente en altitude au fur et à mesure qu'il se rétrécit.




Une trop brève histoire du Temps

Stephen Hawking (1942 - 2018)

mardi 13 mars 2018

Observation de près de 200 proto-amas de galaxies il y a 12 milliards d'années


Des astrophysiciens japonais viennent de découvrir près de 200 proto-amas de galaxies dans l'Univers d'il y a 12 milliards d'années. Le nombre de ces progéniteurs d'amas de galaxies connus est ainsi multiplié par 10 d'un seul coup. Les chercheurs trouvent aussi des choses intéressantes sur les quasars dans ces proto-amas.




samedi 10 mars 2018

Quand une seule planète façonne plusieurs anneaux de poussière


Cette magnifique observation d'une jeune étoile nommée AS 209 par ALMA montre un disque protoplanétaire arborant une série d'anneaux de poussière très bien découpés, ou plutôt un disque avec plusieurs lacunes. Les chercheurs pensent qu'une seule planète a pu être à l'origine des deux lacunes.




mercredi 7 mars 2018

Les résultats scientifiques de la sonde JUNO étonnent les spécialistes de Jupiter


Ce sont pas moins de quatre articles qui sont consacrés par Nature cette semaine aux résultats de la sonde JUNO explorant les mystères de Jupiter. La sonde vient d'effectuer son 10ème survol depuis son arrivée en orbite jovienne le 4 juillet 2016. Ces résultats, plus étonnants les uns que les autres, concernent les couches profondes de Jupiter, son atmosphère et les structures géométriques visibles à ses deux pôles.




dimanche 4 mars 2018

Constante de Hubble : nouvelle mesure et renforcement du désaccord avec la valeur issue du CMB


Le prix Nobel Adam Riess et son équipe ont encore frappé. Les astrophysiciens américains viennent de publier leurs nouveaux résultats de mesure de l'expansion cosmique, avec l'utilisation d'une échelle des distances toujours plus précise, fondée sur de nouvelles Céphéides. Résultat : la constante de Hubble ne colle toujours pas avec celle déduite des données du fond diffus cosmologique par Planck et l'écart se creuse encore un peu.



vendredi 2 mars 2018

Détection du premier pulsar milliseconde sans pulsation radio


Einstein@Home est un projet de science collaborative dans laquelle les personnes intéressées offrent du temps de calcul de leur ordinateur personnel pour faire des analyses de données astrophysiques. Ce programme vient de permettre la découverte du premier pulsar milliseconde qui n'émet aucun signal radio pulsé, mais des rayons gamma pulsés.




mercredi 28 février 2018

Les toutes premières étoiles de l'Univers localisées 180 millions d'années après le Big Bang


Une belle découverte est annoncée cette semaine dans la revue Nature : la localisation dans le temps des premières étoiles de l'Univers : 180 millions d'années après le Big Bang, grâce à la détection de l'excitation du gaz interstellaire qu'elles ont produit par leur rayonnement UV. Et cette découverte apporte également une information non prévue concernant la matière noire...




mardi 27 février 2018

Nouvel indice sur la nature des sources X ultra-lumineuses


La célèbre galaxie du tourbillon, M51, possède plusieurs sources de rayons X ultralumineuses, des ULX (ultraluminous X-ray sources). L'origine astrophysique de ces sources se partage aujourd'hui entre deux options : des trous noirs de masse intermédiaire ou bien des étoiles à neutrons un peu extrêmes. Depuis 2014, trois ULX de ce type ont été identifiées formellement comme étant des étoiles à neutrons ayant un champ magnétique démesuré. Aujourd'hui, la source ULX 8 de M51 se montre elle aussi être produite par une étoile à neutrons...  



Les premières sources de rayons X ultralumineuses ont été découvertes il y a plus de trente ans, mais leur nature restait quelque peu mystérieuse. Ce n'est qu'un peu plus tard qu'ont été proposées plusieurs solutions pouvant expliquer ces émissions de rayons X dont l'énergie peut dépasser celle de plusieurs millions d'étoiles comme le soleil. Il pouvait s'agir de trous noirs de masse dite intermédiaire, entre trous noirs stellaires et trous noir supermassifs, c'est à dire entre 100 et 100000 masses solaires, ou bien d'objets de plus faible masses mais avec un taux d'accrétion de matière démesurée, des simples étoiles à neutrons ayant un environnement particulier. A partir de 2014, le télescope spatial NuStar a pu observer des signes de pulsation périodique dans le rayonnement X provenant de trois ULX, ce qui signait une origine de type pulsar, donc étoile à neutrons.  
Murray Brightman (Caltech) et ses collaborateurs ont utilisé quant à eux les données des télescopes spatiaux Chandra et XMM-Newton pour observer la belle galaxie M51 en rayons X. Chandra a été pointé à 13 reprises vers la galaxie du Tourbillon entre 2000 et 2017 et XMM-Newton, 9 fois entre 2003 et 2011, mais les astronomes ont exploité seulement 5 observations de Chandra et 4 de XMM-Newton.

Ce qui a mis les chercheurs sur la piste d'une étoile à neutrons et non d'un trou noir de masse intermédiaire, c'est la présence dans le spectre X mesuré d'une raie d'absorption spécifique. Il faut rappeler que les rayons X qui sont émis dans ce type de sources proviennent de l'échauffement gigantesque qui se produit dans le disque d'accrétion qui se forme autour de l'objet compact. Et il existe théoriquement une limite qui ne peut pas être dépassée, appelée la limite d'Eddington. En effet, il doit arriver un moment ou le rayonnement est si intense qu'il produit une pression de radiation sur la matière qui ne peut alors plus s'accumuler dans le disque d'accrétion. Cet effet de rétroaction empêche donc théoriquement à la fois un taux d'accrétion trop élevé et une émission X trop intense. 
Le problème, c'est que les ULX semblent dépasser allègrement cette limite d'Eddington, et on ne sait pas pourquoi.

La raie d'absorption à 4,5 keV dans le spectre X de M51-ULX8 a été analysée en cherchant de multiples causes, mais, à cours d'autres solutions, Murray Brightman et ses collègues en arrivent à la conclusion que cette raie provient d'un phénomène physique qu'on appelle la diffusion de résonance cyclotron. Ce phénomène apparaît lorsque des particules chargées (électrons ou protons) ont des trajectoires qui s'enroulent autour de lignes de champ magnétique. Or, les trous noirs ne possèdent pas de champ magnétique, alors que les étoiles à neutrons en possède un qui peut être gigantesque.
La mesure de cette raie cyclotron offre la possibilité de mesurer la valeur absolue du champ magnétique, mais la fréquence cyclotron dépend aussi de la charge électrique des particules et de leur masse. Si il s'agit de protons, les chercheurs calculent que le champ magnétique de l'étoile à neutrons doit être de l'ordre de 1015 Gauss, et si il s'agit d'électrons, de l'ordre de 1011 Gauss.
Or il se trouve que pour briser la limite d'Eddington, un champ magnétique de 1014 Gauss pourrait bien aider en réduisant l'effet de la pression de radiation sur le plasma du disque d'accrétion... Si la raie cyclotron est produite par des électrons en revanche, cela signerait un champ magnétique relativement modeste et ne pourrait pas expliquer le dépassement de la limite d'Eddington. Les astrophysiciens ne peuvent pas trancher entre protons et électrons...

Il reste ainsi une part de mystère dans les ULX même si on commence à mieux les comprendre, notamment grâce à ces nouvelles observations. L'équipe de Brightman a déjà planifié de nouvelles acquisitions de données sur les autres ULX de M51 ainsi que d'autres galaxies, à la recherche des raies de diffusion de résonance cyclotron.

Source

Magnetic field strength of a neutron-star-powered ultraluminous X-ray source
M. Brightman, F. A. Harrison, F. Fürst, M. J. Middleton, D. J. Walton, D. Stern, A. C. Fabian, M. Heida, D. Barret & M. Bachetti
Nature Astronomy (26 février 2018)


Illustrations 

1) La galaxie M51, mage composite visible + rayons X (en mauve) (NASA/CXC/Caltech/M.Brightman et al.; Optical: NASA/STScI)

2) M51 imagée en entier en visible et UV par Hubble (NASA, Hubble Heritage Team, (STScI/AURA), ESA, S. Beckwith (STScI), Robert Gendler).)

vendredi 23 février 2018

L'effet gravitationnel relativiste de Sgr A* bientôt testé pour la première fois avec l'étoile S0-2


S0-2 n'est pas n'importe quelle étoile, c'est une des étoiles de notre galaxie qui s'approche au plus près de Sgr A*, le trou noir supermassif situé au centre de notre galaxie. Le suivi de son mouvement autour du point invisible sur une vingtaine d'années, montrant une belle ellipse, a permis avec d'autres étoiles du centre galactique, de déterminer précisément la localisation et la masse de Sgr A*. Et S0-2 va pouvoir être utilisée dans les mois qui viennent pour tester la Relativité Générale dans le champ gravitationnel du trou noir.




mercredi 21 février 2018

Un astronome amateur capture pour la première fois les premières minutes d'une supernova


Victor Buso est un astronome amateur heureux. Le 20 septembre 2016, en testant un nouvel imageur sur son télescope de 400 mm, il photographie la galaxie NGC 613 et voit apparaître en direct une supernova. L'enregistrement de la luminosité des premiers instants de l'explosion se révèle d'une importance cruciale pour les astronomes professionnels très vite avertis. Aujourd'hui, Victor Buso est co-auteur de l'article décrivant les avancées obtenues par cette observation fortuite, publié dans Nature.




RGG 118, la galaxie naine qui abrite le trou noir supermassif actif le plus petit


RGG 118 (aussi appelée SDSS 1523+1145) est une galaxie naine proche possédant environ 2 milliards de masses solaires en étoiles. Elle possède également un trou noir supermassif parmi les plus petits que nous connaissons, avec une masse de seulement 50000 masses solaires. Mais ce trou noir est actif, il absorbe du gaz, ce qui produit un rayonnement important. La structure de cette galaxie peu visible vient d'être observée avec le télescope spatial Hubble.




lundi 19 février 2018

Un tore de gaz et de poussière en rotation observé autour du trou noir de M77


Comme nous allons beaucoup parler de trous noirs supermassifs cette année, autant commencer au plus tôt... Pour faire suite à notre précédent billet déjà dédié à ces objets extrêmes, voici donc une toute nouvelle observation, effectuée avec ALMA cette fois-ci, et qui offre pour la première fois une vision du tore de gaz qui tourne autour du trou noir actif de la grosse galaxie M77 (NGC 1068). La rotation d'un tel tore est mesurée pour la première fois. 




samedi 17 février 2018

Les trous noirs ultramassifs qui grossissent plus vite que leur galaxie


Deux études indépendantes, publiées dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, arrivent à une conclusion similaire : les trous noirs supermassifs qui se trouvent dans des galaxies très massives grossissent plus vite que leur galaxie ne forme d'étoiles, et  ils grossissent aussi plus vite que les trous noirs supermassifs de galaxies plus petites.




jeudi 15 février 2018

La masse de la galaxie d'Andromède revue à la baisse


Des astronomes viennent de mesurer la masse de la galaxie d'Andromède par une méthode subtile et ils trouvent que M31 n'est pas plus massive que notre Galaxie. Avec 800 milliards de masses solaires, elle fait au contraire jeu égal...




mardi 13 février 2018

La cinématique chaotique de l’astéroïde interstellaire Oumuamua signe d'un passé violent


On en sait aujourd'hui un peu plus sur l'astéroïde interstellaire 1I/'Oumuamua qui nous a rendu visite à l'automne dernier. Des astronomes ont découvert qu'il tourne sur lui-même d'une manière très différente des petits corps de notre système solaire, de façon très chaotique, un signe d'un passé très agité.




dimanche 11 février 2018

Le neutron impliqué dans la matière noire ?

Deux théoriciens proposent une explication pour l'anomalie de la durée de vie du neutron mesurée par deux types d'expériences différentes : le neutron pourrait se désintégrer une fois sur cent en autre chose qu'un proton, un électron et un antineutrino : une particule indétectable qui formerait la très recherchée matière noire, accompagnée (ou non) par un photon gamma, lui, bien détectable.




jeudi 8 février 2018

L'intensité des éruptions solaires peut être prédite


Le mécanisme qui est à l'origine des tempêtes solaires, petites ou grandes, semble avoir été percé à jour par des chercheurs français, leur travail théorique remarquable fait la Une de la revue Nature cette semaine.




mardi 6 février 2018

L'aridité de Mars expliquée aussi par ses tempêtes de poussière


Un nouveau mécanisme de perte d'eau sur Mars vient d'être proposé dans une étude qui vient de paraître dans Nature Astronomy. Il pourrait expliquer comment la planète rouge s'est fortement déshydratée au fil des milliards d'années.




dimanche 4 février 2018

Plongée au coeur de deux galaxies en fusion


Arp 220 est une galaxie à la forme étrange, ultra-lumineuse en infra-rouge. C'est la galaxie la plus proche de ce type, à 250 millions d'années-lumière. Il s'agit en fait du résultat de la collision de deux galaxies spirales, encore en cours de fusion, et elle possède ainsi deux coeurs. Ces derniers viennent d'être observés en infra-rouge lointain par ALMA, avec à la clé une jolie petite découverte.




jeudi 1 février 2018

Observation d'un plan de galaxies naines en rotation autour de Centaurus A, une énigme cosmologique


Cette observation fait la Une de la revue Science les galaxies naines qui sont en orbite de la grosse galaxie elliptique Centaurus A forment un plan autour d'elle et tournent autour dans le même sens, un phénomène déjà entrevu en 2015 dans le groupe de Centaurus A et en 2013 autour de la galaxie d'Andromède, ainsi qu'autour de notre Galaxie. Le modèle cosmologique standard 𝛬CDM n'explique pas ce comportement.




mercredi 31 janvier 2018

Découverte de molécules organiques complexes en dehors de notre Galaxie


Le Grand nuage de Magellan (LMC), galaxie naine satellite de notre Galaxie, avec ses quelques dizaines de milliards d'étoiles, est connue pour être pauvre en éléments lourds comme le carbone, l'oxygène ou l'azote. Alors que l'on s'attendait donc à trouver peu de molécules organiques complexes dans le LMC, le réseau ALMA en a trouvé au contraire de belles quantités, et parmi les molécules organiques les plus complexes détectées à ce jour à l'extérieur de notre Galaxie.



dimanche 28 janvier 2018

Observation inexpliquée d'étoiles surabondantes en lithium


Un petit nombre d'étoiles possèdent une abondance en lithium exceptionnellement élevée, défiant les modèles établis d'évolution stellaire. 12 nouvelles étoiles de faible masse et pauvres en éléments lourds mais extrêmement riches en lithium viennent d'être observées. L'une d'entre elles a 100 fois plus de lithium que ce qui est trouvé habituellement dans des étoiles de son type. Les astronomes ne comprennent pas comment une telle abondance est possible.