mercredi 20 novembre 2019

Détection inédite de photons ultra-énergétiques dans deux sursauts gamma


Trois articles sont publiés aujourd'hui dans la revue Nature décrivant la détection de photons gamma d'énergie supérieure à 100 GeV provenant de deux sursauts gamma différents, l'un étant apparu le 20 juillet 2018 (un article) et l'autre le 14 janvier 2019 (deux articles). Le GRB de janvier 2019 n'est rien d'autre, désormais, que la source de photons gamma la plus brillante à une énergie de l'ordre du Téra-électronvolt. Ces deux GRB (Gamma Ray Burst) sont issus d'explosions d'étoiles massives formant un trou noir.

C'est le télescope Cherenkov HESS (High Energy Stereoscopic System) qui a permis de détecter le signal de rémanence dans le domaine gamma à haute énergie de GRB 180720B le 20 juillet 2018, 10 heures après l'alerte envoyée par les télescopes spatiaux Fermi et Swift, qui fournissent rapidement les coordonnées des GRB (Gamma Ray Burst) dont ils détectent l'apparition, ce qui leur arrive environ une fois par jour, et parfois plus. Ce type de GRB  est le fruit d'une explosion d'une étoile massive menant à la création d'une trou noir. En quelques secondes, l'énergie qui est libérée est équivalente à l'énergie produite par le Soleil durant toute sa vie...


La rémanence gamma détectée par HESS, déjà tardive après le sursaut initial, a encore duré deux heures, ce qui offre aux chercheurs de la vaste collaboration HESS de quoi mieux comprendre le phénomène. L'émission d'un GRB se divise en deux phases : une première phase dite prompte, très puissante, qui dure quelques dizaines de secondes, et une seconde phase dite de rémanence, beaucoup plus longue, qui correspond à la progression de l'onde de choc de l'explosion dans le milieu environnant, et dont le signal décroit lentement. C'est cette dernière composante que les télescopes Cherenkov HESS et MAGIC (Major Atmospheric Gamma Imaging Cherenkov) ont détecté dans la gamme des très hautes énergies pour la première fois. 
Pour les chercheurs de la collaboration HESS, il existe deux explications possibles pour l'existence de ces photons gamma si énergétiques : le processus de Compton inverse dans lequel des électrons ultra-énergétiques diffusent sur des photons de basse énergie et leur transfèrent une grande partie de leur énergie et de leur impulsion dans la collision, ou bien le rayonnement synchrotron de ces mêmes électrons ultra-relativistes lorsqu'ils spiralent autour de lignes de champs magnétiques. Mais à l'aune de l'analyse du signal de rémanence, ils penchent d'avantage vers une origine de type Compton inverse.
Jusqu'à aujourd'hui, l'émission gamma des GRB n'avait pu être observée qu'en dessous d'une énergie de 100 GeV, et même plutôt en dessous de 1 GeV. C'est désormais du passé grâce à GRB 180720B et surtout à GRB 190114C
Le 14 janvier 2019, les télescopes spatiaux Fermi et Swift détectaient en effet leur troisième sursaut gamma de la journée. Mais cette fois, en 22 secondes, ses coordonnées étaient envoyées à de nombreux observatoires autour du monde, et seulement 27 secondes plus tard, les télescopes gamma MAGIC (et leurs 64 tonnes) depuis les îles Canaries étaient pointés vers ce GRB 190114C. Le résultat en fut l'observation de la source de rayons gamma de très haute énergie la plus intense jamais observée, provenant d'une supernova située dans une galaxie à 4,5 milliards d'années-lumière.
La rémanence du sursaut peut être observée pendant quelques dizaines de minutes dans le domaine gamma par des télescopes spécialisés comme MAGIC, et encore pendant plusieurs mois voire années dans le domaine radio avec des radiotélescopes.
Et ce que MAGIC a enregistré ce 14 janvier 2019, ce sont les photons gamma les plus énergétiques provenant d'un GRB. Les premiers photons gamma détectés avaient une énergie comprise entre 0,2 et 1 TeV, 10 fois plus élevée que le précédent record. Et MAGIC a fait ses observation beaucoup plus tôt que ce qu'avaient pu faire les astrophysiciens de HESS en juillet 2018 : seulement 50 secondes après le début du sursaut.
GRB 190114C est donc maintenant la source la plus brillante en photons de l'ordre du TeV.


La lumière de rémanence de GRB 190114C et de sa galaxie hôte ont ensuite été imagées par Hubble le 11 février puis le 12 mars. Ces observations révèlent une faible lueur située à 800 années-lumière du coeur de la galaxie, qui apparaît être une galaxie spirale assez semblable à la nôtre, peuplée de jeunes étoiles. Et la rémanence du GRB a également été suivie dans le domaine radio, notamment avec le ATCA (Australia Telescope Compact Array). Les chercheurs concluent à partir des caractéristiques des rayonnements observés, que les photons gamma énergétiques n'ont pas été générés par l'explosion elle-même mais bien par l'onde de choc induite sur la matière environnante, par effet Compton inverse d'électrons accélérés dans l'explosion de la supernova, une conclusion similaire à celle de HESS concernant GRB 180720B.

MAGIC et HESS sont ce qu'on appelle des télescopes imageurs par effet Cherenkov atmosphérique : ils détectent la très faible lumière Cherenkov qui apparaît dans l'atmosphère lorsqu'une gerbe de particules chargées très énergétiques, et donc très rapides (plus rapides que la lumière dans l'air) traverse l'atmosphère, ces particules en cascade étant elles produites par les photons ultra-énergétiques interagissant dans la très haute atmosphère sur les atomes d'azote et d'oxygène. Ces télescopes sont sensibles à des photons gamma d'énergie comprise entre 30 GeV et 100 TeV.


Ces deux détections sont non seulement un grand succès pour les deux observatoires spécialisés qui attendaient depuis une grosse décennie leur première détection de GRB, mais aussi pour les modèles théoriques expliquant le phénomène GRB. Les astrophysiciens, en comprenant que ces photons de plus de 100 GeV proviennent d'un processus de type Compton inverse, montrent par là même que c'est un mécanisme un peu plus subtil qui entre en jeu, ce que les spécialistes ont appelé le mécanisme SSC (Synchrotron Self Compton). Les photons sur lesquels viennent diffuser les électrons accélérés en leur transmettant une grosse partie de leur énergie cinétique sont des photons qui ont été produits peu de temps auparavant par ces mêmes électrons, par rayonnement synchrotron. En résumé : les électrons sont accélérés fortement par l'onde de choc de la supernova, ils spiralent le long des lignes de champs magnétique; leur trajectoire étant courbée, ils perdent alors une première fois de l'énergie en émettant des photons (dans le domaine radio ou X) par rayonnement synchrotron. Les électrons collisionnent ensuite ces photons et leur transfèrent une grande partie de leur énergie résiduelle, les boostant jusqu'au domaine des gamma de très haute énergie.

Une prédiction clé du modèle SSC est qu'il devrait exister deux bosses dans le spectre en énergie du spectre gamma de rémanence. Et c'est justement ce que MAGIC met en évidence dans le spectre de GRB 190114C, pour la première fois. Cette double bosse est en revanche moins claire dans le spectre obtenu par HESS sur GRB 180720B. 
Maintenant que des photons de plus de 100 GeV ont enfin été détectés dans des GRB, ces détections pourraient devenir une routine dans le futur, notamment grâce à d'autres détecteurs Cherenkov comme HAWC au Mexique ou les futurs prometteurs Cherenkov Telescope Array (CTA) et Large High Altitude Air Shower Observatory (LHAASO)...


Sources

A very-high-energy component deep in the γ-ray burst afterglow
Hassan Abdalla et al. (HESS collaboration)
Nature volume 575 (2019)


Teraelectronvolt emission from the γ-ray burst GRB 190114C
MAGIC Collaboration
Nature volume 575 (20 november 2019)


Observation of inverse Compton emission from a long γ-ray burst
MAGIC Collaboration
Nature volume 575 (20 november 2019)


Illustrations

1) Localisation de GRB 190114C (MAGIC Collaboration)

2) Comparaison de l'image de GRB 180720B obtenue par HESS 10h et 18 jours après son apparition (Collaboration HESS)

3) Flux et spectre de GRB 180720B en fonction du temps (Collaboration HESS)

4) Flux et spectre de GRB 190114C en fonction du temps (Collaboration MAGIC)

lundi 18 novembre 2019

Titan : Une cartographie géomorphologique complète


Titan, le gros satellite de Saturne, possède un cycle hydrologique basé sur le méthane qui a façonné sa surface, la transformant en l'une des surfaces les plus diverses géologiquement dans tout le système solaire, Terre comprise. Aujourd'hui, une cartographie complète de Titan vient d'être produite grâce aux données radars et infra rouge de la sonde Cassini. Une étude parue dans Nature Astronomy.




samedi 16 novembre 2019

Matière noire : les photons gamma du centre galactique n'ont pas dit leur dernier mot


L'histoire remonte à 2009. C'est cette année-là que Dan Hooper et Lisa Goodenough (Fermilab) ont détecté une zone étendue sphérique de rayons gamma très énergétiques en excès en provenance du centre galactique avec le télescope gamma Fermi-LAT. Cet excès de rayons gamma qui fut appelé le GCE (Galactic Center GeV Excess) pouvait être attribué à l'annihilation de particules de matière noire, mais il pouvait aussi être attribué à la présence d'une multitude de pulsars émettant des photons gamma et situés dans la région centrale de la galaxie. Il y a trois ans, le couperet tombait (voir ici et ): l'analyse fine du GCE fondée sur un modèle de signal bâti l'année précédente par la théoricienne Tracy Slatyer (MIT) et ses collaborateurs montrait une granularité dans le signal qui ne pouvait qu'avoir pour origine la somme de très nombreuses sources ponctuelles, donc des pulsars. Mais aujourd'hui, coup de théâtre ! Tracy Slatyer vient de publier avec sa collègue Rebecca Leane une nouvelle étude qui indique que le modèle utilisé en 2016-2017 pour analyser le signal du GCE n'était pas efficace pour mettre en évidence un signal provenant de matière noire : ce dernier était vu comme un signal "granuleux" similaire à des sources ponctuelles. Elles reviennent donc en arrière en annonçant aujourd'hui que le 'GeV excess' découvert par Hooper et Goodenough pourrait finalement tout à fait provenir de l'annihilation de particules de matière noire ! Elles publient leur nouvelle étude dans la prestigieuse Physical Review Letters.




mercredi 13 novembre 2019

Une étoile éjectée par Sgr A* à 1755 km/s

1755 km/s ! C'est la vitesse d'une étoile que des astrophysiciens viennent de découvrir. Et c'est l'étoile la plus rapide jamais mesurée parmi les étoiles dites hypervéloces en provenance du centre galactique. Cette découverte fortuite indique que l'étoile a subi une éjection par le trou noir central de notre galaxie. Une étude parue dans les Monthly Notices of the Royal Astronomy Society.




dimanche 10 novembre 2019

Observation d'une explosion thermonucléaire sur un pulsar


Un sursaut de rayons X très puissant a été détecté par le télescope NICER sur un pulsar milliseconde situé à 11000 années-lumière, ce sursaut de "type I" aurait été produit par une explosion thermonucléaire massive à la surface de l'étoile à neutrons. Une étude parue dans The Astrophysical Journal Letters.




jeudi 7 novembre 2019

13 milliards d'années d'évolution galactique simulées pendant un an avec 16000 processeurs


Une équipe germano-américaine vient de rendre publique la simulation cosmologique la plus détaillée à ce jour de la formation et de l'évolution des galaxies, simulées sur une durée de près de 13 milliards d'années. Ils ont utilisé des ressources de calcul monstrueuses correspondant à 16000 ans sur un ordinateur à simple coeur (16000 coeurs pendant un an non-stop). Ces simulations nous fournissent pour la première fois des informations importantes sur les processus en jeu. Ils publient deux articles dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.




mardi 5 novembre 2019

Voyager 2 est entrée dans le milieu interstellaire


Après 41 ans de voyage, la sonde Voyager 2 a rejoint enfin officiellement sa soeur jumelle dans l'espace interstellaire. Les données renvoyées par la sonde sont formelles : elle a traversé, il y a exactement un an jour pour jour, le 5 novembre 2018, l'héliopause, cette frontière virtuelle qui sépare le système solaire du milieu interstellaire. Pas moins de 5 articles indépendants sont consacrés à cet événement aujourd'hui dans Nature Astronomy et  ils arrivent tous à la même conclusion.




lundi 4 novembre 2019

Des amas globulaires jeunes par milliers dans la galaxie géante NGC 1275


Plusieurs milliers d'amas globulaires se sont formés durant le dernier milliard d'années autour de la galaxie centrale de l'amas de Persée, une galaxie elliptique géante. C'est ce que trouve une équipe internationale qui publie ses résultats dans Nature Astronomy.




samedi 2 novembre 2019

Découverte d'un très petit trou noir : 3,3 masses solaires


Les systèmes binaires comportant un trou noir ou une étoile à neutrons sont généralement trouvés via l'émission de rayons X qu'ils produisent par l'accrétion de matière de l'étoile compagne vers l'objet compact qui est en train de la dévorer peu à peu. Aujourd'hui une équipe américaine vient de découvrir un tel système binaire mais sans aucune émission de rayons X, uniquement en observant les mouvements de l'étoile compagne et ses variations de luminosité. La découverte est de taille car le trou noir serait le plus petit que l'on n'est jamais mis en évidence, avec environ 3 masses solaires. A moins que ce soit une très grosse étoile à neutrons défiant la théorie... Cette étude américaine est parue dans Science.




vendredi 1 novembre 2019

Nébuleuse du Crabe : détection d'une émission gamma étendue


La nébuleuse du Crabe est le résidu de l'une des premières supernovas a avoir été enregistrée par les Hommes, en 1054. Aujourd'hui, nous voyons ce résidu sous la forme d'une nébuleuse en expansion, qui a été étudiée et imagée sous toutes les longueurs d'ondes... Toutes sauf une : les rayons gamma très énergétiques. Mais c'est désormais chose faite grâce au télescope Cherenkov H.E.S.S. Les résultats sont publiés dans Nature Astronomy.




mercredi 30 octobre 2019

Découverte d'une galaxie massive 1,3 milliards d'années après le Big Bang


Une grosse galaxie formant énormément d'étoiles mais qui est quasi invisible vient d'être mise en évidence dans l'Univers âgé de seulement de 1,3 milliards d'années uniquement grâce à ALMA. Cela ressemble fortement avec une autre découverte publiée au début du mois d'août (voir là) à propos de galaxies massives situées 2 milliards d'années après le Big Bang. Une étude parue dans The Astrophysical Journal.




lundi 28 octobre 2019

Les galaxies "mortes" ont encore d'énormes réservoirs de gaz


Presque toutes les galaxies massives "mortes" sont étonnamment encore très riches en hydrogène atomique, la matière première des étoiles. C'est ce que révèle une équipe sino-européenne dans une étude venant de paraître dans The Astrophysical Journal Letters.




vendredi 25 octobre 2019

Des rayons X amplifiés par lentille gravitationnelle


Pour la première fois, une source de rayons X provenant d'une zone de formation stellaire d'une jeune galaxie a été observée grâce à l'effet d'amplification d'une lentille gravitationnelle. Une étude parue dans Nature Astronomy.




mardi 22 octobre 2019

La grande vitesse de rotation des galaxies super-spirales


Les galaxies "super-spirales" sont les galaxies formatrices d'étoiles les plus massives connues, beaucoup plus massives que la Voie Lactée. Une équipe d'astronomes américains, sud-africains et australiens a mesuré la vitesse de rotation de 23 spécimens de ces super-spirales et trouve des rotations très rapides, indiquant la présence d'une grande quantité de matière noire, et éliminant la théorie de gravitation modifiée MOND... Une étude parue dans The Astrophysical Journal Letters.




lundi 21 octobre 2019

Des spirales dans les disques protoplanétaires


Quel est le point commun entre une proto-étoile âgée de 500 000 ans engoncée dans une structure de gaz moléculaire nommée HH 111, et le système protoplanétaire le plus proche de nous, TW Hya, outre d'avoir tous les deux été observés par le réseau interférométrique ALMA ? Ils montrent tous les deux un disque d'accrétion de gaz avec des spirales ! Deux études parues cette semaine dans Nature Astronomy et The Astrophysical Journal Letters.




jeudi 17 octobre 2019

Les magnétars issus de fusions d'étoiles massives


D’où vient le champ magnétique si intense de ces étoiles à neutrons hors normes qu’on appelle des magnétars ? Une équipe d’astrophysiciens allemands vient peut-être de trouver une explication grâce à des simulations de magnétohydrodynamique de la fusion de couples d’étoiles massives. Une étude parue dans Nature.




mercredi 16 octobre 2019

Deux disques de gaz en rotation inverse autour d'un trou noir supermassif


En observant le cœur de la galaxie M77 (NGC 1068) avec ALMA dans le domaine des ondes millimétriques, une équipe d'astronomes a découvert quelque chose de peu banal autour de son trou noir supermassif : deux disques de gaz qui tournent en sens inverse. Ils publient leur découverte dans The Astrophysical Journal Letters.




lundi 14 octobre 2019

Une grande masse sombre se trouve au centre de l'amas globulaire M62


Une masse invisible imposante, mais détectable par ses effets gravitationnels sur des pulsars, est observée au centre de l'amas globulaire M62. Gros trou noir de plusieurs milliers de masses solaires ou milliers de petits trous noirs stellaires ? Les astrophysiciens n'arrivent pas à choisir. L'étude est parue dans The Astrophysical Journal Letters.




vendredi 11 octobre 2019

Nouveau spectre en énergie des protons du rayonnement cosmique


La collaboration sino-européenne qui exploite le détecteur spatial DAMPE (DArk Matter Particle Explorer) a publié ses derniers résultats sur les protons du rayonnement cosmique, jusqu'à une énergie de 100 TeV. On y découvre clairement deux bosses dans le spectre en énergie, qui indiquent l'existence probable de plusieurs sources de protons énergétiques distinctes. Une étude publiée dans Science Advances.




mercredi 9 octobre 2019

Qu'est-ce qui se cache derrière le prix Nobel de James Peebles ?

On comprend clairement l’objet de la distinction par le prix Nobel de physique 2019 des deux astronomes suisses Michel Mayor et Didier Queloz : leur découverte de la première exoplanète autour d’une étoile similaire au Soleil, une découverte effectuée en 1995 à l’Observatoire de Haute Provence grâce à la technique de la mesure des variations de vitesses radiales. Une découverte historique. Mais ce que le grand public comprend sans doute moins clairement, c’est ce qui se cache sous la motivation exprimée par le comité Nobel concernant le théoricien canado-américain James Peebles, je cite : "for theoretical discoveries in physical cosmology" : "pour des découvertes théoriques en cosmologie physique". Je vous propose donc un petit éclairage sur ses fameuses "découvertes théoriques".



lundi 7 octobre 2019

Des précurseurs d'acides aminés dans les panaches d'Encelade


Des nouvelles analyses des données enregistrées par l'analyseur de poussières de la sonde Cassini lors de ses passages rapprochées des geysers de vapeur et de glace d'Encelade montrent la présence de molécules organiques très intéressantes pour les exobiologistes : des molécules précurseurs d'acides aminés : composés oxygénés, azotés et aromatiques. Une étude parue il y a quelques jours dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society. 




samedi 5 octobre 2019

Encelade à l'origine de l'eau dans la stratosphère de Saturne


Comme partout ailleurs, de l'eau a été détectée il y a une vingtaine d'année dans la haute atmosphère des planètes géantes de notre système solaire. Mais cette eau doit nécessairement être exogène car une remontée d'eau depuis l'intérieur devrait la faire se condenser dans le piège froid qu'est la tropopause. La répartition spatiale de l'eau observée dans la haute atmosphère de Saturne a été étudiée plus en détails et montre qu'elle ne peut provenir que des geysers que crache le satellite Encelade... Une étude parue dans Astronomy&Astrophysics.




jeudi 3 octobre 2019

Vers une absence de matière noire dans les galaxies naines satellites


Il y a quelques jours, je vous parlais d’une galaxie-méduse en train de perdre son gaz moléculaire par pression dynamique avec du gaz chaud. Le phénomène peut exister aussi à plus petite échelle, affectant les galaxies naines en orbite autour de notre Voie Lactée, qui agirait sur elles en « soufflant » leur gaz moléculaire. Se faisant, la dynamique interne des galaxies naines en serait chamboulée, à tel point que la dispersion de vitesse de leurs étoiles pourrait dans ce cadre être totalement expliquée par les effets de marée gravitationnelle induits par la Voie Lactée, sans avoir recours à la moindre matière noire… Cette étude d’astrophysiciens français vient de paraître dans The Astrophysical Journal et jette un beau pavé dans la mare.




mardi 1 octobre 2019

Une galaxie-méduse observée de très près


Lorsqu'une galaxie se déplace à grande vitesse à l'intérieur d'un amas de galaxies, elle peut littéralement se faire souffler son gaz par le milieu intra-amas, donnant lieu à une forme particulière dite de "galaxie méduse", le gaz soufflé prenant la forme de longs filaments. Un tel phénomène vient d'être observé en détails avec ALMA et le Very Large Telescope. Une étude à paraître dans The Astrophysical Journal.




samedi 28 septembre 2019

Observation d'un trio de trous noirs supermassifs en voie de fusion


Un trio de trous noirs supermassifs en voie de fusion via la collision de leurs galaxies vient d'être observé à une distance de 1 milliard d'années-lumière. Cette première, obtenue grâce à de nombreux télescopes spatiaux et terrestres, est publiée dans The Astrophysical Journal.




mercredi 25 septembre 2019

Trois soleils rouges dans le ciel


Mieux que la Tatooine de George Lucas et ses deux soleils, c'est aujourd'hui un système planétaire constitué de trois étoiles, des naines rouges, qui vient d'être révélé dans The Astronomical Journal par une grande collaboration américano-européenne. C'est au télescope spatial TESS que l'on doit cette découverte.




lundi 23 septembre 2019

Identification de 2 résidus de supernovas proches productrices de fer-60


Il y a exactement un mois, je vous rapportais une étude montrant la découverte d'un isotope rare du fer dans la glace de l'Antarctique devant provenir d'une ou plusieurs supernova ayant explosé relativement proche de nous dans le temps et l'espace (voir aussi ici). Aujourd'hui, une étude publiée dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society apporte une identification probable pour les résidus de ces supernovas, qui seraient au nombre de deux : un pulsar animé d'une grande vitesse qui aurait été accompagné d'une étoile, elle aussi expulsée dans le cataclysme, et un autre pulsar, lui, toujours en couple.




samedi 21 septembre 2019

Naissance de 6 quasars observée "en direct"


Une équipe d'astrophysiciens a été témoin d'une mutation rapide de six noyaux de galaxies calmes au départ, et se transformant en quelques mois à peine en véritables quasars. Un nouveau type d'activité de trou noir supermassif serait à l'oeuvre. Une étude parue dans The Astrophysical Journal.




mercredi 18 septembre 2019

Observation d'une étoile à neutrons très massive (pour une étoile à neutrons...)


MSP J0740+6620 est un pulsar milliseconde, une étoile à neutrons qui vit en couple avec une naine blanche. Mais cette étoile à neutrons est aussi l'étoile à neutrons la plus massive que nous ayons pu mesurer avec précision : 2,14 masses solaires, et ce grâce à un effet relativiste induit par sa compagne. Une étude parue dans Nature Astronomy.




mardi 17 septembre 2019

Observation de nuages de gaz moléculaires imposants dans le Serpent Cosmique


Les nuages de gaz moléculaire (du dihydrogène : H2) dans les galaxies contemporaines sont des structures de relativement petite taille malgré le nom de ‘nuages moléculaires géants’ qu’on leur donne : entre 15 et 350 années-lumière pour une masse n’excédant pas 10 millions de masses solaires. Observer de tels nuages, qui vont donner naissance à des étoiles, mais dans des galaxies très lointaines est un beau challenge. Un challenge qui vient d’être réussi sur une galaxie éloignée de 8 milliards d’années par une équipe internationale impliquant des astrophysiciens français. Et il ne s’agit pas de n’importe quelle galaxie : le Serpent Cosmique. Une étude parue dans Nature Astronomy.




samedi 14 septembre 2019

Un été torride pour la cosmologie



Le problème de la constante de Hubble-Lemaître, le taux d'expansion actuel de l'Univers,  a été exacerbé cet été, et est toujours aussi inextricable, sinon plus qu'avant. Deux nouvelles mesures ont été publiées en juillet, la première avec une méthode déjà connue par la collaboration H0liCOW, qui est venue renforcer les résultats de la collaboration SH0ES (qui trouve une valeur proche de 74 km.s−1.Mpc−1.) mais quelques jours plus tard, une équipe utilisant une toute nouvelle méthode, très différente (et très précise), est elle, arrivée à une valeur plus proche de celle déduite du fond diffus cosmologique par Planck (67,3), avec 69,8 km.s−1.Mpc−1... Et comme l'été n'est pas encore fini, aujourd'hui même, des observations effectuées avec une méthode encore plus innovante, publiées dans Science, viennent à nouveau jeter le trouble en trouvant cette fois une valeur encore plus élevée que celle de SH0ES avec 82,4 km.s−1.Mpc−1...


jeudi 12 septembre 2019

Des éruptions périodiques de rayons X observées autour d'un trou noir supermassif


Les trous noirs supermassifs peuvent absorber de la matière de manière périodique. Une équipe d’astrophysiciens vient de mettre à jour un tel phénomène avec le cas du trou noir de GSN 069 qui, il y a quelques mois, produisait toutes les 9 heures de fortes émissions de rayons X, signes de son activité répétitive. Une étude parue dans Nature.


mardi 10 septembre 2019

Problème élucidé pour les vieux amas globulaires


Pourquoi les jeunes amas globulaires d'étoiles que l'on voit dans le Grand Nuage de Magellan sont très compacts alors que les vieux peuvent avoir aussi bien des coeurs très petits ou bien beaucoup plus grands ? Cette question que se posent les astrophysiciens depuis plusieurs dizaines d'années vient de trouver une réponse grâce à des observations effectuées par des chercheurs italiens avec le télescope spatial Hubble, une découverte publiée hier dans Nature Astronomy.




samedi 7 septembre 2019

L'émission radio d'un pulsar expliquée par la Relativité Générale


Une équipe internationale menée par un astrophysicien français montre dans une étude publiée cette semaine dans Science un effet relativiste observable directement sur un pulsar : la précession de son axe de rotation, qui est provoquée par l'influence gravitationnelle d'un seconde étoile à neutrons qui l'accompagne. Cet effet permet aux astrophysiciens de mesurer avec précision les caractéristiques du faisceau d'ondes radio du pulsar et du pulsar lui-même.




vendredi 6 septembre 2019

Mon nouveau roman : Trous Noirs En Eaux Profondes


Trous Noirs En Eaux Profondes est mon quatrième roman scientifique, après Soixante Nanosecondes en 2013, Meurtre au Gran Sasso en 2015 et La Dernière Supernova en 2017. J'aborde avec ce nouveau livre le monde de l'espionnage, lié à celui de la recherche scientifique, deux mondes incompatibles...

Le 10 avril 2019, la collaboration scientifique Event Horizon Telescope montrait au monde entier la première image de la silhouette d'un trou noir jamais obtenue, le trou noir supermassif M87*. Le vaste réseau de radiotélescopes formant l'Event Horizon Telescope avait pourtant été conçu depuis de nombreuses années pour imager non seulement le trou noir supermassif de la galaxie M87 mais aussi, et surtout, celui de notre propre Galaxie, le dénommé Sgr A*. L'absence criante de l'image de Sgr A* à l'issue d'une campagne d'observation exceptionnelle n'est peut être pas aussi évidente que ce qu'ont pu en dire les radioastronomes lors de leurs conférences de presse organisées simultanément sur plusieurs continents... Un événement inattendu, et inavouable, a pu se passer... 

Retrouvez dès maintenant Trous Noirs En Eaux Profondes en accès libre :

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jeudi 5 septembre 2019

Découverte d'une source X ultra-lumineuse transitoire dans la galaxie du Feu d'Artifice


La galaxie du Feu d'Artifice (alias NGC 6946) a encore frappé ! Cette galaxie célèbre pour sa richesse en supernovas était observée avec le télescope spatial NuSTAR associé à XMM-Newton pour étudier ses sources X ultra-lumineuses, lorsqu'une nouvelle source X inconnue est apparue non loin du centre de la galaxie, puis a disparu aussi vite qu'elle était apparue. Elle pourrait avoir plusieurs origines... Une étude parue dans The Astrophysical Journal.




mardi 3 septembre 2019

Vers une explication de l'origine des filaments radio du centre galactique


Il existe des choses bizarres dans le centre galactique... Parmi elles, il y a ce que les astrophysiciens ont appelé des "filaments radio" : des zones d'émissions radio qui ont une forme très très particulière ressemblant à de longs fils très fins de plusieurs dizaines d'années-lumière de longueur. Aujourd'hui, deux théoriciens russes proposent une explication pour l'apparition de ces filaments, qui seraient liés aux particules émises par des pulsars et des effets magnétiques complexes. Une étude publiée dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society Letters.




vendredi 30 août 2019

Des résidus de supernovas observés comme jamais auparavant


L'observation innovante de trois jeunes résidus de supernovas de type Ia utilisant la spectroscopie optique à haute résolution vient de donner des informations précieuses aux astronomes. L'un des trois spécimens indique que la naine blanche progénitrice avait une masse inférieure à la limite de Chandrasekhar, pourtant reconnue comme le seuil pour pouvoir exploser... L'étude est parue dans Physical Review Letters.




jeudi 29 août 2019

Découverte d'un quasar lointain très atypique avec un trou noir énorme


Une équipe d’astrophysiciens européens et japonais vient de publier des résultats d’observation d’un quasar très anormal : situé à seulement 1,6 milliards d’années après le Big Bang, le trou noir supermassif qui l’anime a déjà une masse de 25 milliards de masses solaires tandis que sa galaxie hôte possède très peu de gaz et très peu d’étoiles : 16 fois moins qu’attendu pour une telle masse. Une étude parue dans The Astrophysical Journal.




mardi 27 août 2019

D'importantes variations de réflectivité sur Vénus affectent sa météo


La réflectivité des nuages de la haute atmosphère de Vénus subit des variations très importantes, c'est ce qu'une équipe d'astrophysiciens vient de montrer grâce à de multiples observations de Vénus effectuées durant plus de 10 ans. La zone absorbante, toujours d'origine inconnue, produit une variation d’albédo qui influe très fortement sur la météo de Vénus. Une étude parue hier dans The Astronomical Journal



samedi 24 août 2019

Du Fer-60 de supernova trouvé en Antarctique


Des chercheurs allemands ont trouvé un isotope rare du fer, le Fe-60, dans des couches de neige fraîches de l'Antarctique. Cet isotope ne peut avoir été produit que par une (ou plusieurs) supernova récente et indiquant que la Terre est en train de traverser le nuage de poussières de ses résidus. Ils publient leur étude dans Physical Review Letters.




vendredi 23 août 2019

La surface de l’astéroïde Ryugu dévoilée in situ


Les premiers résultats d’analyse du sol de l’astéroïde (162173) Ryugu, exploré par l’atterrisseur européen MASCOT déposé par la sonde japonaise Hayabusa2 viennent d’être publiés. Ils montrent que ce qui apparaît comme l’un des objets les plus sombres du système solaire a une composition très proche des météorites de type chondrites carbonées mais avec deux types de roches très différentes. Une étude à retrouver dans Science aujourd'hui.



mercredi 21 août 2019

Un glitch du pulsar de Vela suivi en direct


Le pulsar de Vela est l'un des pulsars les plus connus, situé à un peu moins de 1000 années-lumière, et l'un des premiers à avoir été découvert, en 1968. Il est ainsi suivi de près depuis plus de 50 ans. Et en 2016, une anomalie dans sa pulsation radio a été observée par le radiotélescope Tasmanien de Mount Pleasant, un "glitch" comme l'appelle les astronomes, une occasion en or pour eux pour étudier ce processus étonnant et pour explorer l'intérieur de cette étoile à neutrons. Une étude parue dans Nature Astronomy.




dimanche 18 août 2019

Confirmation du redshift gravitationnel à proximité de Sgr A*

Un an après les européens et leur instrument GRAVITY monté sur le VLT, c'est au tour des américains d'observer le redshift gravitationnel à proximité de Sgr A*. L'équipe américaine à suivi de très près l'étoile S0-2, qui est passée à proximité du trou noir Sgr A* au printemps 2018 et est parvenue à observer ce redshift gravitationnel ainsi que le décalage Doppler relativiste dans la lumière de l'étoile. L'étude est publiée cette semaine dans Science.




Première observation d'une supernova par instabilité de paires


Des astrophysiciens américains et britanniques viennent de découvrir l'étoile la plus massive connue à ce jour ayant produit une supernova, et cette supernova est d'un type très particulier : une supernova par instabilité de paires.  C'est la première fois qu'est observé ce type de supernova, prédit théoriquement il y a 50 ans. Une étude parue dans The Astrophysical Journal.




samedi 17 août 2019

Jupiter aurait connu un impact géant il y a plus de 4 milliards d'années


La sonde Juno a déterminé il y a quelques mois le champ gravitationnel de Jupiter avec une bonne précision. Ce dernier a ensuite été exploité pour obtenir des informations sur la composition de la géante et la structure de ses couches internes, avec une surprise : le coeur de Jupiter apparaît de grande taille avec un caractère "dilué". Aujourd'hui, une équipe sino-américaine revient sur ces résultats et montre par simulation que ce coeur singulier pourrait provenir d'un impact géant qu'aurait subi Jupiter dans sa prime jeunesse, il y a plus de 4 milliards d'années... Une étude parue dans Nature.




vendredi 16 août 2019

Découverte d'une grande quantité de galaxies massives lointaines


C'est certainement la découverte importante de cet été. On ne pouvait pas faire notre rentrée sans en parler. Des galaxies très massives et très lointaines ont été découvertes alors qu'on ne s'attendait pas à les trouver à une telle époque cosmique. Une étude parue le 7 août dans Nature et dont l'astrophysicien français David Elbaz est co-auteur.




jeudi 11 juillet 2019

Découverte d'un couple très serré de trous noirs supermassifs


Un couple de trous noirs supermassifs tapis au cœur d'une galaxie issue de la fusion de deux galaxies vient d'être mis en évidence par des astrophysiciens américains. Ces deux monstres auraient chacun une masse de plus de 400 millions de masses solaires et seraient séparés par moins de 1500 années-lumière. Cette découverte est publiée cette semaine dans The Astrophysical Journal Letters.