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16/06/21

Bételgeuse : confirmation de son obscurcissement par sa poussière


Une équipe internationale confirme la cause de la forte baisse de luminosité de Bételgeuse durant l'hiver 2019-2020. C'est bien une grosse quantité de poussière que la supergéante rouge a produit et qui a obscurci une grande partie de son hémisphère sud. L'étude intitulée A dusty veil shading Betelgeuse during its Great Dimming est parue aujourd'hui dans Nature.

17/08/20

La baisse de luminosité de Bételgeuse expliquée par des observations antérieures


La diminution très importante de luminosité de Bételgeuse de l'hiver dernier, suivie de son retour à la normale 6 mois plus avait pu être expliquée quelques mois plus tard par la présence d'un gros nuage de gaz et de poussière occultant une bonne partie de l'étoile. Une nouvelle étude effectuée à partir d'observations avec le télescope Hubble vient confirmer définitivement cette première conclusion, en montrant la présence d'un gros flux de plasma dans l'enveloppe de Bételgeuse dans les trois mois précédant la chute brutale de luminosité, et qui aurait produit un énorme nuage de poussière... Une étude parue dans The Astrophysical Journal.



16/05/20

Bételgeuse, le résultat d'une fusion d'étoiles ?

Alors que la supergéante rouge Bételgeuse a ces derniers mois captivé l'attention de nombreux astronomes amateurs comme professionnels du fait de sa brutale chute puis remontée de luminosité (aujourd'hui attribuée à un obscurcissement partiel par des poussières), une équipe revient aujourd'hui sur une autre anomalie de Bételgeuse : sa trop grande vitesse de rotation. Ils montrent qu'elle pourrait être le signe que Bételgeuse se soit formée par la fusion de deux étoiles massives il y a quelques centaines de milliers d'années seulement. Une étude parue dans The Astrophysical Journal.



20/12/16

Bételgeuse tourne trop vite sur elle-même


L'astronome Craig Wheeler (Université de Austin) a une obsession secrète : prédire la date de la mort de la supergéante Bételgeuse. Il a pour cela monté un projet nommé simplement le Betelgeuse Project. Dans ce cadre, il vient de montrer avec une équipe de jeunes chercheurs que Bételgeuse possède une vitesse de rotation qui ne peut pas être reproduite par les codes de simulation d'évolution stellaire. Ils proposent une explication à cette anomalie, aux implications imprévisibles sur le futur proche de l'étoile en fin de vie...



27/03/13

Le Jour où Bételgeuse Explosa.

C’était la veille de mon 71ème anniversaire, comment oublier un soir pareil ? Le 14 février 2044, déjà plus de dix ans. Depuis tout petit j’aimais contempler le ciel pendant la saison hivernale, et surtout la constellation emblématique du ciel d’hiver, ce guerrier céleste d’Orion. Je ne me suis toujours pas fait à cette nouvelle forme, je l’avoue. Bételgeuse me manque.
Comment oublier ce soir de février lorsque je vécus en direct la fin annoncée de cet astre devenu monstrueux ? Et pourquoi devrai-je oublier après tout ?
Comme à mon accoutumée, j’étais dehors, il était presque 20h30, et je promenais mon regard entre les Pléiades, qui avait à ce moment-là la visite du gros Jupiter, et plus au sud mon cher Orion. Le ciel était d’une pureté indicible comme souvent en Provence.
Et puis ce fut le flash, ou plutôt l’allumage de ce phare. Mon regard était porté sur Bételgeuse et sa teinte orangée, je la regardais, oui, je la regardais à cette seconde précise, et je l’ai vue mourir. Mourir et se transformer en trou noir. J’ai reçu ses premiers photons gamma dans mes pupilles dilatées. Je fus le premier homme, avec des milliers d’autres, à savoir que Bételgeuse telle que des centaines de milliards d’humains l’avaient connue, n’était plus dans le ciel.
Je reçus sur toute la surface de ma peau ses neutrinos vieux de 450 ans, incrédule et joyeux en même temps, et pour tout dire inconscient de ce qui se passait dans la stratosphère.
Cet éclat presque aveuglant avait d’abord pris une teinte bleue, durant les quelques premières secondes qui me laissèrent sans voix, figé. Puis la blancheur fantômatique pris le dessus, j’ai même cru qu’elle produisait des ombres  alentours, mais je ne regardais qu’elle, croyant à peine à ce que je voyais. C’était pourtant la réalité, ce moment que j’attendais depuis enfant c’était finalement réalisé. Rien ne serait plus comme avant, nous étions entrés dans l’ère de la Supernova.

C’est vrai, depuis dix ans, l’astrophysique a supplanté toutes les autres sciences. L’humanité entière a été touchée par ce cataclysme stellaire finalement si proche de nous et s’est mise à s’intéresser de très près à tout ce qui se passe là-haut, au-dessus de nos têtes. Depuis que tous les détecteurs de neutrinos se sont affolés, cette particule étonnante n’a plus aucun secret pour des milliards d’hommes et de femmes qui auparavant ignoraient jusqu’à l’existence de ce monde fugace des particules produites dans les étoiles.
Depuis dix ans, la science qui étudie les interactions des rayons gamma avec l’atmosphère, ces gerbes gigantesques de particules chargées, a fait un tel pas de géant dans la compréhension que tout semble désormais à portée de main… sans parler de la physique des trous noirs que nous connaissions si mal avant.
Je l’aimais bien Bételgeuse et son halo rougeoyant au sommet d’Orion dans le vent glacé. Je l’imaginais souvent comme une sorte de pelote boursoufflée éjectant par périodes ces masses  d’hydrogène et d’hélium qu’elle souffla si vite cette nuit-là.
Bien sûr, il nous reste ce magnifique résidu, ce si bel anneau de gaz aux reflets rubis. Une nouvelle nébuleuse d’Orion, comme si la constellation n’en possédait pas déjà suffisamment. Il est certain que nous, qui avons été élevés dans l’admiration de la Grande Nébuleuse, celle du baudrier, nous aurons toujours du mal à expliquer aux jeunes générations qu’il y avait plus beau dans Orion que cette incroyable nébuleuse de la Perle, cette perle multicolore admirable par tous, le cadeau que nous a offert Bételgeuse en partant. Même si elle a supplanté tous les autres objets, le ciel est désormais riche de nombreux observateurs avertis qui ne se contentent plus d’admirer la Perle dès la nuit tombée.
Bételgeuse en explosant ce jour-là nous a ouvert les portes de l’Univers.