Une équipe internationale confirme la cause de la forte baisse de luminosité de Bételgeuse durant l'hiver 2019-2020. C'est bien une grosse quantité de poussière que la supergéante rouge a produit et qui a obscurci une grande partie de son hémisphère sud. L'étude intitulée A dusty veil shading Betelgeuse during its Great Dimming est parue aujourd'hui dans Nature.
Astronomie, Astrophysique, Astroparticules, Cosmologie. L'infini se contemple, indéfiniment. ISSN 2272-5768
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16/06/21
17/08/20
La baisse de luminosité de Bételgeuse expliquée par des observations antérieures
16/05/20
Bételgeuse, le résultat d'une fusion d'étoiles ?
Alors que la supergéante rouge Bételgeuse a ces derniers mois captivé l'attention de nombreux astronomes amateurs comme professionnels du fait de sa brutale chute puis remontée de luminosité (aujourd'hui attribuée à un obscurcissement partiel par des poussières), une équipe revient aujourd'hui sur une autre anomalie de Bételgeuse : sa trop grande vitesse de rotation. Ils montrent qu'elle pourrait être le signe que Bételgeuse se soit formée par la fusion de deux étoiles massives il y a quelques centaines de milliers d'années seulement. Une étude parue dans The Astrophysical Journal.
20/12/16
Bételgeuse tourne trop vite sur elle-même
L'astronome Craig Wheeler (Université de Austin) a une obsession secrète : prédire la date de la mort de la supergéante Bételgeuse. Il a pour cela monté un projet nommé simplement le Betelgeuse Project. Dans ce cadre, il vient de montrer avec une équipe de jeunes chercheurs que Bételgeuse possède une vitesse de rotation qui ne peut pas être reproduite par les codes de simulation d'évolution stellaire. Ils proposent une explication à cette anomalie, aux implications imprévisibles sur le futur proche de l'étoile en fin de vie...
27/03/13
Le Jour où Bételgeuse Explosa.
C’était la veille de mon 71ème
anniversaire, comment oublier un soir pareil ? Le 14 février 2044, déjà
plus de dix ans. Depuis tout petit j’aimais contempler le ciel pendant la
saison hivernale, et surtout la constellation emblématique du ciel d’hiver, ce
guerrier céleste d’Orion. Je ne me suis toujours pas fait à cette nouvelle
forme, je l’avoue. Bételgeuse me manque.
Comment oublier ce soir de
février lorsque je vécus en direct la fin annoncée de cet astre devenu monstrueux ?
Et pourquoi devrai-je oublier après tout ?
Comme à mon accoutumée, j’étais
dehors, il était presque 20h30, et je promenais mon regard entre les Pléiades,
qui avait à ce moment-là la visite du gros Jupiter, et plus au sud mon cher Orion.
Le ciel était d’une pureté indicible comme souvent en Provence.
Et puis ce fut le flash, ou
plutôt l’allumage de ce phare. Mon regard était porté sur Bételgeuse et sa
teinte orangée, je la regardais, oui, je la regardais à cette seconde précise,
et je l’ai vue mourir. Mourir et se transformer en trou noir. J’ai reçu ses
premiers photons gamma dans mes pupilles dilatées. Je fus le premier homme,
avec des milliers d’autres, à savoir que Bételgeuse telle que des centaines de
milliards d’humains l’avaient connue, n’était plus dans le ciel.
Je reçus sur toute la surface de
ma peau ses neutrinos vieux de 450 ans, incrédule et joyeux en même temps, et
pour tout dire inconscient de ce qui se passait dans la stratosphère.
Cet éclat presque aveuglant avait
d’abord pris une teinte bleue, durant les quelques premières secondes qui me
laissèrent sans voix, figé. Puis la blancheur fantômatique pris le dessus, j’ai
même cru qu’elle produisait des ombres alentours, mais je ne regardais qu’elle,
croyant à peine à ce que je voyais. C’était pourtant la réalité, ce moment que
j’attendais depuis enfant c’était finalement réalisé. Rien ne serait plus comme
avant, nous étions entrés dans l’ère de la Supernova.
C’est vrai, depuis dix ans,
l’astrophysique a supplanté toutes les autres sciences. L’humanité entière a
été touchée par ce cataclysme stellaire finalement si proche de nous et s’est
mise à s’intéresser de très près à tout ce qui se passe là-haut, au-dessus de
nos têtes. Depuis que tous les détecteurs de neutrinos se sont affolés, cette
particule étonnante n’a plus aucun secret pour des milliards d’hommes et de
femmes qui auparavant ignoraient jusqu’à l’existence de ce monde fugace des
particules produites dans les étoiles.
Depuis dix ans, la science qui
étudie les interactions des rayons gamma avec l’atmosphère, ces gerbes
gigantesques de particules chargées, a fait un tel pas de géant dans la
compréhension que tout semble désormais à portée de main… sans parler de la
physique des trous noirs que nous connaissions si mal avant.
Je l’aimais bien Bételgeuse et
son halo rougeoyant au sommet d’Orion dans le vent glacé. Je l’imaginais
souvent comme une sorte de pelote boursoufflée éjectant par périodes ces masses
d’hydrogène et d’hélium qu’elle souffla
si vite cette nuit-là.
Bien sûr, il nous reste ce magnifique
résidu, ce si bel anneau de gaz aux reflets rubis. Une nouvelle nébuleuse
d’Orion, comme si la constellation n’en possédait pas déjà suffisamment. Il est
certain que nous, qui avons été élevés dans l’admiration de la Grande
Nébuleuse, celle du baudrier, nous aurons toujours du mal à expliquer aux
jeunes générations qu’il y avait plus beau dans Orion que cette incroyable
nébuleuse de la Perle, cette perle multicolore admirable par tous, le cadeau
que nous a offert Bételgeuse en partant. Même si elle a supplanté tous les
autres objets, le ciel est désormais riche de nombreux observateurs avertis qui
ne se contentent plus d’admirer la Perle dès la nuit tombée.
Bételgeuse en explosant ce
jour-là nous a ouvert les portes de l’Univers.
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