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06/05/11

Parmi les chouettes.

Je suis donc sorti hier soir, il était 22h30, le croissant de Lune prenait une teinte orangée en s’approchant de l’horizon, cette soirée devait être dédiée à la traque aux nébuleuses planétaires.

Et c’était l’occasion pour moi également d’inaugurer un nouveau lieu d’observation, situé un peu plus à l’abri de la pollution photonique humaine, quelque part dans la garrigue entre Mirabeau et Grambois pour ceux à qui ça parle. Il me faut 17 minutes pour être sur site depuis Pertuis, ça va…

Objectif nébuleuses planétaires en tête, je m’installe confortablement, la transparence est bonne ce soir, bien que j’avais aperçu des espèces de nuages de haute altitude qui me faisaient craindre un ciel moyen. Le vent souffle encore un peu fort, disons 20 km/h par petites rafales, mais je prends tout de même le risque, je n’ai que trop attendu depuis la découverte de ce lieu prometteur.

Avant d’attaquer la profondeur de ce ciel, je me tourne vers mon ami jaunâtre du printemps Saturne, toujours aussi majestueux, je distingue très très bien les ombres et la division à mon grossissement favori 343X. L’hémisphère nord semble bien blanchâtre contrairement au reste du disque. Les gros satellites sont disposés de manières singulière ce soir : ils sont tous du même côté et les trois « petits » forment un beau triangle pointant vers le gros Titan, amusant comme tout.

Sautons du planétaire aux nébuleuses qui n’ont de planétaire que le nom (comme chacun le sait), et je me tourne vers le classique des classiques pour commencer cette promenade, miss Lyre (M57), la dernière fois que je l’avais pointée, cette petite, je n’avais pas encore de telrad, mais maintenant, quelle efficacité… en trois coups de cuillère à pot, je te mets le cercle pile entre les sommets du losange de la Lyre, et l’anneau se retrouve comme par enchantement dans le champ du 13 mm. C’est beau. On pousse au 3.5mm quand même, pour se délecter de la chose, le filtre OIII apporte un léger mieux mais pas violent.

Allez, on zappe, direction Ursa Major, pour un autre classique, la chouette M97 qui est si facile à trouver au telrad là encore, il suffit juste de positionner le grand cercle pour qu’il touche Merak, en faisant coïncider le diamètre avec le segment Merak-Phecda. Logiquement, ce que l’on voit alors dans l’oculaire grand champ, c’est… pas M97, mais une galaxie… sa voisine toute proche, voire les deux dans le même champ… Bon on y est, on est là… que c’est chouette, que c’est chouette, que c’est chouette… Je pense discerner les fameux yeux de l’oiseau nocturne…

Et quand même, mon bel objectif de soirée en prend un coup, puisque je viens de voir M108 à côté, et je ne l’avais encore jamais vue comme ça… et là tout bascule, « faut pas te limiter aux nébuleuses planétaires, profites de ce beau ciel ! » entendis-je dans la nuit emplie de hululements…

Voilà, mon côté galactique a repris le dessus, étant dans U Major, je ne peux m’empêcher de glisser lentement vers Canes Venatici, et bien sûr celle qui représente peut-être pour moi le test idoine de qualité d’un ciel et d’un site, fifty-one. Voilà, ma fifty-one, j’arrive !

J’irai droit au but : depuis que j’ai ce Dobson et que je regarde fifty-one, elle ne m’avait encore jamais montré ce qu’elle m’a montré hier soir. Tout simplement grandiose (et pourtant il y avait du vent, je le rappelle) : bras spiraux nettement visibles, et pas seulement en décalé, pont de matière entre les deux tourbillons, une pure merveille. Ô, que Je suis heureux d’avoir déniché cet endroit…

Après M51, je reviens un peu dans UMa pour aller voir si j’y suis du côté de M101, vu le résultat précédent. Mais oui, j’y suis ! Je vois presque des bras, avec un noyau brillant.

Une dernière visite de la grande Ourse pour aller voir le duo classique eighty-one-two (M81/82), là encore, vision panoramique contrastée au rendez-vous. Je me demande si je n’ai pas réussi une collimation parfaite ce soir… Well well well, il faudrait que je retourne un peu à mon objectif initial quand même… j’ai une idée !, je me souviens qu’il y a une nébuleuse planétaire située dans le carré du Corbeau, je n’ai qu’à aller jeter un œil sur le Sombrero (j’aime bien mais classiques, vous remarquez ? surtout pour comparer avec les images que j’ai en mémoire sous d’autres cieux), le Sombrero, disais-je, et comme ça, je descendrai ensute doucement dans Corvus pour trouver la faible NGC 4361…

M104 est parfait, rien à dire de mal dessus. Il donne envie de parler espagnol. NGC 4361 est une nébuleuse planétaire assez faible, au contours assez diffus, un peu difficile. Cohérente avec ce que j’en attendais finalement.

La nuit avance et l’oiseau a maintenant déployé ses ailes et son long cou…. L’Oiseau, c’est bien sûr le Cygne, animal mythologique qu’avait utilisé Zeus en son temps pour séduire la belle Léda, qui avait donnée ensuite naissance aux jumeaux Castor et Pollux…. Et je pense soudain qu’il est trop tard pour aller du côté de ces deux là pour découvrir la nébuleuse planétaire que j’avais prévue dans mon programme, la dénommée nébuleuse de l’Eskimau… j’aurais dû commencer par là. Bon, il faut aussi garder des buts dans la vie, revenons au Cygne, et gardons l’Eskimau au frais…

Le Cygne, c’est la fameuse page 62 du pocket sky atlas, c’est aussi par là que se trouve des superbes nébuleuses planétaires, notamment Blinking Planetary (NGC 6826) et Dumbell (M27), que j’ai mises à mon programme un peu improvisé, il est vrai…

Mais avant toute chose, quand on se tourne vers Cygnus, on se penche forcément vers l’extrémité de la tête de l’Oiseau, pour y admirer sans doute la plus belle étoile double bicolore du ciel boréal (j’abuse ?), il s’agit de Albireo la magnifique. Elle me montre ses deux belles composantes jaune et bleu, les deux yeux du Cygne en quelque sorte.

Pour aller chercher Dumbell, j’ai eu un peu de mal tellement la densité stellaire est imposante dans ce coin de voie lactée. Trop d’étoiles nuit au repérage !... qui l’eut cru.

J’ai heureusement repéré un petit astérisme situé en dessous de Albireo qui va me permettre de fixer la belle Dumbell dans mon oculaire. Première impression : cette nébuleuse planétaire n’est absolument pas ronde ! Ca contraste avec mes précédentes invitées. On devine assez aisément des strucures internes complexes dans cette vaste nébuleuse aux contours francs.

Allez, je me mets à la recherche de Blinking, vu qu’il paraît (je ne l’ai encore jamais vue) que l’effet de clignotement est très amusant, même si j’ai l’impression que je commence à clignoter un peu tout seul par la fatigue. Mais c’est dur. Je ne la trouve pas… Je tourne, je fouine, je cherche. Pas de Blinking… Il me faut un peu de café chaud, une pause thermos bienvenue. Je reprends ma traque, mais en vain, il est possible que je sois un peu trop fatigué.

Mais il est quand même hors de question de plier bagage sur un échec, je décide donc de retourner dans le monde galactique en me laissant dériver sans but précis entre Denebola (vous savez, la patte arrière du Lion) et Vindemiatrix (epsilon Virginis)… en plein dans l’amas de la vierge, où Makarian vit une chaîne, et où je saute de galaxies en galaxies sans savoir qui elles sont, j’en vois par la tranche, des de face, des petites, des grandes, au moins une dizaine, des centaines et des centaines de milliards d’étoiles et dix fois plus de matière noire sont sous mes yeux, dans un calme absolu…

Je voulais finir cette soirée sur un beau coup, et toujours afin de tester (comme si je n’en étais pas encore convaincu) la bonne qualité de mon nouveau site d’observation, d’autant qu’on m’avait récemment fait l’apologie de M92, amas globulaire qui rivaliserait, parait-il avec son voisin M13. Qu’à cela ne tienne, je vais donc finir en beauté en allant comparer les mérites respectifs de ces deux accolytes Herculéens.

D’abord M13, pour fixer la référence. Y’a pas de doutes là-dessus, ça flashe la pupille, et quand je glisse le 3.5mm dans le PO, waouh ! M13 occupe tout le champ… je rêve ou quoi ?... Ca rend humble, des choses pareilles. On se dit que c’est là depuis tellement longtemps…

Au dessus du quadrilatère de Hercule, on trouve assez vite M92, et je dois dire que la réputation qu’on m’en a faite n’est pas loin d’être justifiée, M92 est différent de M13, plus dense au centre, moins étalé, mais d’une grâce vraiment semblable à celle du beau thirteen. Combien d’étoiles puis-je discerner dans mon oculaire 100 ? 1000 ? 10000 ?

Cette fois le temps est venu de plier le matos, le temps de sommeil va être court, je range mes précieux Nagler, en ayant complètement oublié mon échec sur Blinking, mais je sais que je la trouverai la prochaine fois et qu’en plus il n’y aura pas de vent du tout… J’entends des chouettes hululer au loin.

Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm, Barlow TV x2 filtres Moon et OIII, Guided by Telrad

29/03/11

Waouh !

Bon, voilà, il fallait bien y arriver. C'est un autre monde. Le monde du grand champ, le monde du piqué, le monde du contraste, le monde de la luminosité, le monde de Nagler! (many thanks Al !)
C'est donc avec empressement qu'hier soir, profitant d'éclaircies aussi inattendues que magnifiques, les nuages ayant totalement disparus, tout en conservant une température supérieure à 10° et un vent très faible, que je sortis fébrilement dobby du garage, direction banquette arrière, accompagné de ces deux jolies boîtes pleines de papier bulle renfermant ces ...oculaires, oui, ces cailloux, ces bijoux, ces trucs qui coûtent si cher, qui sont garantis 5 ans, qui devraient me tenir compagnie au moins le triple de temps...
Je parle bien du trop célèbre Nagler 13 mm et du moins célèbre Nagler 3.5 mm, le premier étant polyvalent pour tout ce qui touche à la profondeur du ciel, le second étant réservé exclusivement à mon amie Saturne, voire son acolyte Jovien, mais je prèterai volontiers à Sélène si elle ne bouge pas trop, ce que rien ne présage...
Côté chiffres, rappelons que ça donne dans le 82° de champ apparent, pour des grossissements de respectivement 92 et 343 fois et donc des champs de vue de 0.89° et 0.24°...
C'est en faisant ces règles de trois que j'arrive à mon spot devenu mon spot favori,  quelque part dans la colline entre Pertuis, la Bastidonne et la Durance. Arrivée précoce vers 20h30.

Le vent souffle très légèrement, quelques petits nuages sont visibles, mais disparaitront très vite. Mise en température, acclimatation des bâtonnets...
Il doit être pas loin de 21h (heure locale) quand je me tourne vers ce qui sera la première lumière de ce Nag13 : M42. Il fallait bien ça pour une first light. Premier Waouh! Y'a pas à dire, y'a une légère ressemblance avec ce que j'avais pris l'habitude de voir, mais quel piqué! Quelle contraste, quelle beauté!..
Un peu plus tard, je pointe vers des objets déjà vus au Plössl, de manière à pouvoir comparer le comparable.
Avant qu'il ne soit trop tard, je pivote vers les Pléiades (M45), waouh! On ne s'en lassera jamais, en fait...
C'est donc vers Ursa Major que je pivote ensuite mon rocker... Et pour une deuxième gourmandise, on choisit du lourd, M51, par exemple (je sais, M51 n'est pas dans UMa, je sais, mais pour moi si). Cette fois-ci, je n'erre plus, fini la rigolade, je trouve assez vite, et d'autant plus vite que... on voit tout de suite ce génial tourbillon, et je suis maintenant sûr que j'aperçois des spirales, mon cerveau ne me joue pas des tours, je vois des spirales avec un 254 mm (et un Nag13) ! C'est fascinant, ce double enroulement... ces centaines de milliards d'étoiles en un clin d'oeil...
Et puis on enchaine de plus belle, le Nag13 ne sort plus du porte-oculaire, ou si peu, direction M63 toujours dans Canes Venatici (les chiens de chasse), waouh, joli spectacle même sans trop de détails. On remonte vers l'Ourse, M109, waouh, tellement facile à dénicher désormais.
Cap à l'Ouest, on va jeter un oeil sur M101, waouh, noyau bien visible, mais difficile de vraiment voir des bras, même en décalé...
On remonte maintenant en traversant la casserole, direction Merak. M108... waouh... Tant que j'étais là, j'aurais pu vérifier que la nébuleuse M97 répondait présente, mais elle m'est sortie de la tête, à cause de Saturne qui commençait à narguer l'amateur sérieusement (et narguer le nag3.5!), il devait être dans les 23h00(et je travaille le lendemain quand même...)
C'est donc une nouvelle rotation dobsonienne est un pointage sur le guerrier mythologique... D'abord au 13mm, pour voir... Quel piqué, la vache! Waouh! Mais Saturne est trop lumineux!... Passons aux choses sérieuses, le 3.5mm, grossissement 343, accrochons les ceintures (de Van Hallen)... Waouh! Mazette, mais la turbulence n'est même pas si forte que je ne pouvais le craindre, Saturne et beau, fuyant.., mais beau. Mais fuyant. Mais beau... OK, la Terre tourne vite quand on accélère 343 fois... Même avec 82° de champ... Je compte, j'ai des périodes de joie de 25 secondes, le temps de traversée du dieu Guerrier du haut en haut au bas à droite du cailloux... on bouge, on fixe, on regarde, on bouge, on fixe, on scrute, on bouge, on fixe, on admire, on bouge, on fixe, on est heureux.
J'ai quand même la petite déception de ne pas distinguer la division de Cassini, c'est curieux, je devrais la voir, pourtant. Comme je ne perçois pas l'ombre de l'anneau alors que je m'attendrais à voir un petit quelque chose, mais cette lumière!... Il est vraiment lumineux ce globe tout rond qui flotte au milieu de ses anneaux dans un vide noir, juste entouré de serviteurs dévoués...
Avant de finir cette petite soirée, je vais regarder mon ami mexicain M104, qui se trouve encore dans les parages de la planète aux anneaux, et je crois entendre "Waouh!" dans la nuit de la colline... Magnifique! Je vois assez nettement la bande sombre si caractéristique, waouh, ai-je dit...
Il va être temps de plier bagage, mais quand même, je voulais vérifier ce que donne un grand amas ouvert, comme ça vite fait (on verra pour les globulaires une autre fois), je tourne donc vers la Ruche (Praesepe), numéro 44 chez Messier... WAOUH!...
Allez, faut rentrer, demain réveil à 6h30, c'est à dire dans 6h...
Petite conclusion en rangeant le matos : les plössls fournis par SkyWatcher sont, comment dire... moyens... surtout le 10 mm...

Qualité du ciel :
transparence : très bonne (mvlon supérieure à 6 : 4 étoiles visibles dans UMa))
turbulence : pas trop mauvaise (le disque d'Airy danse un peu sur Polaris à G=1.43D)

Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm filtres Moon et OIII

10/03/11

Soirée galactique

Ce soir, j'ai conscience que c'est le dernier jour de météo clémente coïncident avec une lune jeune avant deux bonnes semaines.... Autant dire qu'il faut en profiter...

Balade lunaire sur la terrasse vers 20h:
Fracastorius est une formation circulaire abîmée située sur la rive Sud de Mare Nectaris, elle montre des versants assez escarpés pleins de cratères. Cette muraille élevée est engloutie au Nord dans Mare Nectaris.
Un vrai nectar pour les pupilles...

Sortie dans la colline entre 22h40 et 0h30 :
A la recherche de M51... difficile de mettre la main dessus, n'ayant pas emporté avec moi mon atlas, je ne savais plus vraiment à quelle distance de 24 CVn je devais chercher, d'où des tâtonnements assez désagréables, à la limite du dépit, mais soudain, voilà ce double tourbillon! Et je jurerais voir les bras spiraux, rêvé-je ? Je me régale.
Restons dans le coin d'Ursa Major, du côté de M101, c'est diffus diffus...assez déçu (j'incrimine la qualité optique de mes oculaires, fournis d'office avec l'OTA). Allez, un petit oeil sur M109 (je suis très galactique comme mec, au final).
Maintenant je me dis que je n'ai que la hâte de recevoir mon Nagler 13 mm. J'en ai déjà ma claque de ces Plössl de qualité laissant à désirer...
Un dernier tour vers le Corbeau pour retrouver le plus vite possible (on a les petites joies qu'on peut) le Sombrero (M104) : 30 secondes. A battre.
La soirée galaxies se termine (je bosse demain!), je jette un œil à Saturne, histoire de vérifier que j'ai toujours envie d'un 3 mm. Oui, j'ai toujours envie d'un 3 mm (et grand champ) ;-). Ça sera pour après le Nag 13.

bon ciel :
- absence de vent
- Turbulence très très faible (tâche d'Airy stable! sur Pollux à G=D)
- mvlon environ 5.6 (?)


Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm filtres Moon et OIII

06/03/11

Chouette, un Sombrero !

Comme à chaque nouvelle Lune, il est trop tentant de sortir le dobby du garage, quelle que soit la qualité du ciel. Et le ciel n'était pas le meilleur hier soir, du vent (trop), des nuages d'altitude... Transparence bof et turbulence au rendez-vous. Soit. On y va quand-même.
Et cette fois-ci, je change de lieu, mon premier spot ne me plaisant qu'à moitié (trop proche de la route et de la ville). Direction une colline un peu plus loin (13 minutes de moteur à explosion et on y est).
 
Arrivée sur place vers 0h35, installation du matériel, rusé, j'avais placé le tube dans la voiture (garée dehors) bien avant de partir, de manière à ce que la descente en température soit déjà bien amorcée.

Première constatation, le ciel n'est pas bon. Trop clair pour être honnête, nuages brumeux en altitude? Evaluation de la mvlon sur les étoiles de U Major : à peine 2 visibles, soit entre 5.2 et 5.6m. Peut mieux faire...
OK, commençons par la star du printemps qui est déjà suffisamment montée, Saturne pour le nommer. Toujours aussi majestueux avec un Titan très éloigné. J'ai toujours envie d'investir dans un grossissement plus important, le 5 mm (x240) me frustre... argh. Faudrait un 2.5 ou 3 mm pour être heureux... Bon, on le note.

Allez, quittons Saturne, direction le ciel profond maintenant, vu qu'on n'est pas loin de la constellation du corbeau qui se trouve juste en dessous de la planète aux anneaux aujourd'hui, allons donc jeter un oeil sur cette fameuse galaxie mexicaine (par le nom), M104, galaxie du Sombrero. Très facile à trouver : il suffit de suivre la flèche à partir du haut du corbeau... (quand je pense à ceux qui prennent 10 minutes à programmer leur goto et à attendre que leur bousin se positionne..), ça me prend au bas mot 3 minutes en manuel...
Sombrero nous voilà ! Vision décalée obligatoire pour apercevoir quelque chose de cohérent avec ce qu'on imagine. On y arrive, au 10 mm, le diamètre me paraît grand, grand....

Sombrero (M104) (illustration)

Direction maintenant du côté de Ursa major qui culmine bien bien haut, même carrément au zénith... Euh, c'est tellement zénithal que ça en devient difficile de mettre l'œil dans le chercheur... pffioou... on est dans la contorsion de cou, là...
Bon, vu la qualité du ciel je ne vais pas essayer la voisine M51, on va aller voir plutôt du relativement facile : le couple M97/M108 : nébuleuse de la Chouette, et galaxie M108, tout juste à côté de Merak.

nébuleuse de la Chouette (M97) (illustration)

Bien évidemment, je ne vois pas tout à fait la même chose dans mon 254 mm que cette image, mais la forme est la même. Je n'ai pas pu voir l'étoile centrale, de magnitude 16.
M97 est une nébuleuse planétaire qui a été découverte en 1781. Sa distance est incertaine, les estimations varient entre 1300 et 8000 années-lumière.
La masse totale de la nébuleuse est d'environ 0,15 masse solaire, tandis que l'étoile centrale aurait une masse de 0,7 masse solaire. Son âge est estimé à 6000 ans (date de l'explosion de l'étoile).

M108 est une galaxie spirale vue par la tranche, elle a été découverte elle aussi en 1781, peut-êtrle même jour que M97, vu leur proximité apparente... Elle ne présente pas vraiment de bulbe visible.

M108 (illustration)

M108 m'apparait bien allongée effectivement, toujours en vision décalée pour plus de détails. 

Il commence à se faire un peu tard dans ce ciel moyen et le vent souffle par rafales fort désagréables, on va donc finir ce voyage par une autre célébrité explosée, sans doute la nébuleuse planétaire la plus fameuse, j'appelle la Lyre (M57)! 
Elle a été découverte en 1779. Le diamètre réel de l'anneau est de 1,3 année-lumière, ce qui nous donne environ 2'.
J'aperçois assez facilement l'anneau, encore en vision décalée. Etoile centrale non visible (15.8m).
 Nébuleuse de la Lyre (M57) (illustration)

Il faut savoir que l'anneau que l'on peut voir est composé principalement d'oxygène et d'azote ionisés. Le bord extérieur est composé d'hydrogène, la partie sombre étant de l'hélium (car émettant dans l'UV), se qui reflète la composition des couches que l'étoile centrale a expulsé en explosant. Le reste d'étoile au centre est aujourd'hui une naine blanche très chaude, à peine plus grosse que notre bon gros soleil...

Sur ces réflexions, et après une nouvelle grosse rafale de vent presque tiède, je décide de ranger le matériel en essayant de retrouver mes protège-oculaires, qui se sont littéralement envolés pendant le spectacle!...

Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm filtres Moon et OIII