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11/09/23

50 nouveaux amas globulaires dans la galaxie d'Andromède


Une équipe d’astrophysiciens chinois a déniché 50 nouveaux amas globulaires candidats dans la galaxie d’Andromède (M31) grâce à des algorithmes d’apprentissage appliqués sur des données de Gaia et du Pan-Andromeda Archaeological Survey (PAndAS). Ils publient leur étude dans The Astrophysical Journal.

23/03/17

Un unique pulsar domine toute l'émission X de la galaxie d'Andromède


La source de rayons X qui domine toute la galaxie d'Andromède vient d'être identifiée, il s'agirait d'un seul et unique pulsar, nommé  Swift J0042.6+4112. Cette mise en évidence a été effectuée avec le télescope spatial NuSTAR



03/04/16

Observation du premier pulsar de la galaxie d'Andromède

La galaxie d'Andromède (M31) est la grande galaxie spirale la plus proche de notre Voie Lactée, située à 2,5 millions d'années-lumière. Sa proximité et sa grande similarité avec notre galaxie en font un laboratoire très intéressant pour les astrophysiciens qui peuvent l'étudier comme étant notre galaxie vue de l'extérieur. Malgré qu'elle ait été intensivement étudiée dans de nombreuses longueurs d'ondes depuis des décennies, il manquait encore à l'appel dans M31 une classe d'objets : les pulsars. C'est désormais chose faite.



Les pulsars sont ces étoiles à neutrons, résidus d'explosions d'étoiles, qui tournent sur elles-mêmes à grande vitesse, montrant de fait une pulsation de rayonnement radio caractéristique. Et certains de ces pulsars se trouvent dans un système binaire avec une étoile compagne, dont ils absorbent de la matière. Une telle accrétion de matière, à l'image de ce qui se produit avec un trou noir, mais à une échelle plus réduite, produit une intense émission de rayons X. On parle alors de pulsars binaires X. 

Image composite de M31 en infra rouge imagée par Hershel (jaune et orange) et en rayons X imagée par XMM-Newton (ESA/Herschel/PACS/SPIRE/J. Fritz, U. Gent/XMM-Newton/EPIC/W. Pietsch, MPE; données: P. Esposito et al.)
De tels pulsars sont légion au sein de notre Galaxie, mais n'avaient jamais été observés jusqu'à aujourd'hui dans Andromède.
Paolo Esposito (Istituto di Astrofisica Spaziale e Fisica Cosmica, Milan) et ses collaborateurs ont fouillé dans les archives des données du télescope spatial européen XMM-Newton et ont trouvé ce signal caractéristique d'un pulsar dans la galaxie d'Andromède. La source X est nommée 3XMM J004301.4+413017 (3X J0043 pour faire court), le pulsar fait un tour sur lui-même en 1,2 secondes et la période orbitale du couple est de 1,3 jours.
En cherchant à détecter un signal périodique parmi les sources X les plus brillantes d'Andromède, les chercheurs italiens n'étaient pas du tout sûrs de pouvoir en trouver un facilement comme cela avait le cas dans les années 1970 pour notre propre galaxie.
Paolo Esposito et son équipe ont fouillé les archives de XMM-Newton engrangées entre 2000 et 2013 grâce à la mise en place du projet européen EXTraS (Exploring the X-ray Transient and variable Skyet ont finalement trouvé 3X J0043 qui avait été enregistré à 35 reprises durant la période et sur lequel les astrophysiciens ont pu déterminer la pulsation du signal ainsi que sa période orbitale au sein de son couple.
La nature exacte de ce pulsar, qui se situe dans un bras externe de M31, très probablement au sein d'un amas globulaire, est encore incertaine : il peut être ce que les chercheurs appellent un "pulsar binaire X spécial de faible masse" dont l'étoile compagne de l'étoile à neutron est une étoile moins massive que le soleil, ou bien un "pulsar binaire de masse intermédiaire", où l'étoile compagne a une masse environ double  de celle du soleil.

Des observations complémentaires vont être nécessaires pour mieux cerner ce premier pulsar X de Andromède, et bien sûr en dénicher de nombreux autres...


Source :

EXTraS discovery of an 1.2-s X-ray pulsar in M 31
P. Esposito et al.
Monthly Notices Letters of the Royal Astronomical Society 457 (1): L5-L9 (March 21, 2016)

03/10/11

Randonnée automnale

Les conditions atmosphériques étaient enchanteresses samedi soir, à 21h, aucun scintillement distinguable, nuages définitivement absents, même de haute altitude... Et ce croissant qui se couche vers 21h30.... Dobby allait donc retrouver sa garrigue préférée.
Arrivée vers 22h sur place, je voyais facilement Asterope dans les Pléiades (mag 5.75) et j'ai réussi à compter 12 étoiles dans le carré de Pégase, ce qui situe la magnitude visible limite à au moins 5.95, plutôt un bon score... Le vent est nul, la température sympathique (environ 15°), et la turbulence très faible.

C'est donc avec un certain entrain que je parfis ma collimation sous une voie lactée éblouissante dès l'arrivée sur site.

J'ai un programme assez chargé, j'ignore si j'aurais le courage de le parcourir en entier, je passe la première heure à faire des essais de photos du ciel au reflex, histoire de m'entraîner un peu pour les Draconides du 8 octobre (on en reparlera sûrement). Je suis assez content du résultat. Mais je vois qu'il est impossible de dépasser 20 secondes de pose sous peine de bouger stellaire... c'est pas beaucoup... même ouvert à 3.5, on n'a pas le temps de capter tous les photons que l'on souhaiterait... Mazette.

Le voyage de ce soir doit nous conduire de Hercule jusqu'à Cassiopée, via le Cygne et Pégase.

Les Pléiades accompagnant Jupiter sur l'horizon Est en début de nuit (Canon EOS 1000D, pose 20 s).

Nous débutons donc notre rando dobsonienne par deux amas globulaires classiques de Hercule, M92 et M13, cousins germains, tous deux à la beauté fracassante, montrant des milliers d'étoiles et une densité étourdissante. M13 au Nagler 13 est sans concurrence, même si M92 se montre bien combatif également. J'aime ces globuleux, ces petites galaxies comme je me complais à les appeler... On reste un instant dans Hercule pour aller chercher alpha Her, de son petit nom Ras Algethi. Cette étoile est une double très  très jolie, aux teintes albireoesques, c'est à dire jaune et bleu. Mais beaucoup plus serrée que son modèle. Il faut passer le 5 mm (x240) pour bien séparer les deux composantes.

On passe maintenant à la constellation voisine, un peu plus vers le sud, la Lyre. Nous allons regarder une étoile singulière, il s'agit de T Lyr, que l'on peut reconnaître très facilement dans le champ stellaire malgré son faible éclat, puisqu'elle est rouge comme une brique de maison cht'i, si si, vraiment. Il paraîtrait qu'elle a un indice de couleur B-V de +5.5, ce qui en fait l'une des étoiles les plus rouge connues (150 fois plus brillante dans le rouge que dans le vert...), et je confirme! Une point tout rouge brique sur un fond d'étoiles blanches ou bleutées, on la cherche et on la trouve sans mal.
On pivote le rocker en passant devant Véga qui nous aveugle et nous allons ensuite sur une étoile double évidente, éta Lyr, deux blanches qui attendaient qu'on vienne les regarder. On descend ensuite d'à peine 1 degré vers le sud pour trouver une autre double, celle-ci beaucoup plus écartée que éta : c'est théta Lyr. Celle-ci aussi attendait son tour, et avec d'autres atouts puisqu'elle s'est mis en tête de prendre Albiréo elle aussi comme modèle (ou bien est-ce moi qui ai choisi d'aller voir des clones de cette célébrité, allez savoir...).
Trève de plaisanterie, quittons un peu les étoiles vivantes pour aller observer un cadavre, exquis, certes, puisque c'est M57, cet anneau explosif, ce petit cercle si aisé à pointer au telrad. J'enfile le filtre OIII sur mon 3.5mm et hop, M57 occupe la moitié de mon champ oculaire (j'exagère peut-être un peu). On ne s'en lasse pas, c'est bizarre, hein ? Maintenant on descend vers le Cygne, mais on doit s'arrêter un instant car un globuleux nous appelle à la rescousse, il souhaite être regardé par un Dobson 254 mm. Ca tombe bien, je suis là. Je vais à sa rencontre, et que me dit-il ? Ah mais des bonnes chose, certes M56 est moins puissant que ces congénères Herculéens, mais j'aime son noyau brillant et ses contours un peu flous. La vision décalée est ici obligatoire.

Maintenant que l'on est là, aux confins de Lyre et du Cygne, vous savez forcément quel objet va suivre dans notre périple. Oui. Gagné. Nous allons nous incliner devant la célébrité jaune-bleu, les yeux de notre oiseau estival-automnal préféré. Albiréo est toujours aussi bluffant quand on arrive dessus, je ne sais si c'est l'éclat en parfait accord des deux composantes, ou bien ces teintes de couleurs primitives, mais voilà, on peut difficilement trouver une double aussi belle dans le ciel boréal...
Restons chez le séducteur de Léda, et promenons nous le long de son aile pour aller sombrer dans le monde nébuleux. C'est vrai, je m'y perd rarement, dans ce monde là, mais là je dois dire que les Dentelles, c'est le must en ce qui concerne les nébuleuse, avec peut-être le grande d'Orion. Nous nous rendons d'abord sur la petite dentelle, NGC 6960, que l'on pointe facilement avec la double 52 Cyg. Spectacle abracadabrantesque s'il en est, puis la grande NGC 6992 et 6995 en se rapprochant de l'aile du Cygne. Il faut absolument utiliser le filtre OIII ici, et sur l'oculaire au grossissement le plus faible, sous peine de ne pas profiter pleinement de ces volutes découpées, des cette fumée diaphane qui flotte on ne sait trop comment, du gaz, ce n'est que du gaz éclairé par quelques étoiles... Splendide, mais trop vaste!... mon champ (25 mm 60°) est bien trop faible pour saisir cet ensemble.

Avant de changer de destination, un petit détour vers Jupiter s'impose, pour voir si jamais la grosse tâche serait du bon côté ce soir : que nenni, encore chou blanc! Point de grosse tâche, mais plein de jolis détails quand même, comme par exemple une tâche de moyenne dimension qui est clairement visible au centre de l'une des deux grosses bandes équatoriales. Ce n'est que partie remise pour la grosse.

Petite pause café/gâteaux et on repart du côté du petit losange qui s'appelle le Dauphin. Et dans le Dauphin, j'appelle l'étoile qui forme le haut du losange (par rapport à l'horizon), c'est à dire gamma Del. Gamma est une étoile double, qui a une particularité, c'est d'être composée d'une jaune et d'une...grisâtre !?. Limite jaunâtre. Toujours joli à regarder quand c'est pas blanc anyway...

Direction le gros carré, maintenant, Pégase. Par là, il y a un globuleux qui doit mériter le détour, on ne m'en a dit que du bien, c'est M15. Mais oui ! Cet amas est fort bien pourvu ! Granuleux, brillant, vaste. Superbe, en un mot.
Avant de quitter Pégase, on va quand même aller voir une galaxie, et je choisis NGC7331. Cette spirale vue presque par la tranche n'est pas très lumineuse, mais suffisamment pour en distinguer les contours.
En route vers Andromède maintenant, et on change d'instrument, allez, soyons fous. Euh, ah oui, c'est une bonne idée, parce qu'on se rapproche dangereusement du zénith, là... C'est M31 que je regarde avec mes Juju 10x50... Noyaux bien brillant, bras devinables, mais presque au zénith... Alors, pour être plus confort, je ne trouve que la solution de m'allonger de tout mon long sur le sol rocailleux, et c'est parfait...

Je profite d'avoir les Jujus en main pour parcourir la voie lactée à la recherche d'amas égarés, mais aussi me détourner vers les Pléiades qui sont encore là, fidèles à elles-mêmes. Je jette deux yeux aussi sur Jupiter, histoire de faire la différence avec ce que je voyais tout à l'heure...
Le silence est farouche tout autour, pas un poil de vent ne fait bruisser quoi que ce soit, aucun bruit animal, ni végétal, si tant est que les végétaux puissent faire du bruit... C'est un peu surnaturel, allongé là au milieu de nulle part...

Allez, il est temps de se relever pour finir cette séance d'observation, on reste un peu dans Andromède, pour aller voir du côté de la petite sœur de M31, savoir M33, au 25 mm bien sûr, pas moins.
Encore chez Andromède, une étoile double est inscrite sur mon plan d'expérience, c'est gamma And, et vous savez quoi ? Elle a pour modèle une certaine... Albireo, étonnant non ? Mais là la bleu est petite et la jaune orangée est grosse (comprendre brillante). Sehr schön, aurait dit Goethe.

Il est un peu plus de 3h et je tente quelque chose qu'il ne faut pas faire, terminer sur du difficile, c'est à dire viser des objets au zénith. Il faut être un peu fou pour faire ça, la fatigue s'ajoutant au cou tordu et au dos cassé ne donne jamais rien de bon, et pourtant je parviens tout de même à accrocher M52, on est ici dans Cassiopée. Et c'est une chouette récompense parce que cet amas ouvert a presque une densité de globulaire (j'exagère mais j'avais le cou tordu), une densité rocambolesque, presque étourdissante à en avoir le cou détordu...
Vient ensuite un autre amas ouvert, de son petit nom l'amas du Hibou ou encore NGC 457, avec une assez grosse double pour compagne (orange-bleu, évidemment)
Pour finir sur une note d'ouverture là encore, M103 vient se jeter à mon cou cervicalement détruit pour me montrer qu'il arbore fièrement trois étoiles brillantes en son sein, comme si il voulait se distinguer dans cette obscurité silencieuse...
Le temps est venu de refermer le thermos, le paquet de gâteaux, les étuis d'oculaires sans rien oublier par terre, les paupières sont trop lourdes, pleines de couleurs et de petits points, pleines d'espoir aussi, l'espoir de longues nuits à venir.


Dobson Sky Watcher 254 mm F/4.7 TV Nagler 13 mm, TV Nagler 3.5 mm, HR planetary 5 mm, Plössl 10 mm, Plössl 25 mm, Barlow TV x2 filtres Moon et OIII, Guided by Telrad

29/01/11

Première lumière : Jupiter

Quelle efficacité redoutable ! Non, je ne parle pas de la vitesse de montage du rocker à la Dobson de Sky Watcher, je parle surtout de la livraison depuis le fin fond de l'Allemagne jusqu'ici dans le fin fond du Vaucluse, en 2 jours et demi seulement.
Arrivé dans un emballage parfait (nous dirions même quelque peu suremballé) l'objet du désir est arrivé vendredi midi.
Déballage, montage du rocker le soir en arrivant à la maison avec les garçons un peu excités de voir cet énorme tube blanc bizarre...
Et donc sans attendre le coucher du Zeus romain, et l'arrivée de nuages prévus depuis un moment, j'ai offert à ce beau Dobson ainsi qu'aux trois oculaires que je m'offre (25 mm, 10 mm livrés avec le Dob, plus un 5 mm) cet première lumière tant attendue.
C'est donc bel et bien Jupiter que nous regardâmes ce soir depuis la terrasse du jardin dans des conditions lumineuses laissant à désirer mais bien trop impatients...

Peu de détails visibles bien sûr à grossissement faible (quoique); à 120x (10 mm), Jupiter se montre avec ses quatre petits serviteurs, montrant sa belle teinte jaune orangée striée, les bandes presque à la verticale.
Poussant encore en insérant le HR Planetary 5 mm (x240), je suis désarçonné par la vitesse du mouvement apparent dans l'oculaire, c'est grandiose mais tellement fuyant... Il va falloir que je m'habitue au mouvement du Dobson : pousser, baisser, pousser, baisser, ... etc

La soirée avançant rapidement et voyant les prévisions météo du lendemain désastreuses, je décide de vite filer dans la campagne sur le spot que je me suis repéré, à l'écart de la ville sur un lieu assez noir. Installation du tube sur la banquette arrière sans trop de difficulté (ça tient tout juste), le rocker sur le siège passager avant car ne rentrant pas dans le coffre... et c'est parti... sauf que j'ai oublié d'emporter un tabouret, erreur de novice.
La transparence n'est pas au rendez-vous ce soir, côté turbulence, on a l'air d'être pas mauvais (je guette le scintillement). Pour faire dans le simple, je me fixe les deux cibles les plus faciles : M31 (Andromède) et M42 (Orion).

Superbe spectacle côté Orion, très belle étendue en forme d'ailes de chauve-souris. J'aimerais en faire mon premier dessin. Bon, ça ne fait que quelques heures que je jette ma pupille dans ces oculaires, il me reste tant d'années à le faire...
La galaxie d'Andromède me déçoit légèrement, je m'attendais tellement à quelque chose de surprenant qui engloberait tout mon FOV. Mais je vois surtout le noyau très lumineux et des structures diffuses autour.
Bon, je dois dire que, comme je le disais, de la brume commence à s'accumuler d'une part, et d'autre part, je n'ai pas attendu très longtemps (en tous cas pas suffisamment) pour acclimater mes yeux à l'obscurité (à cause de ladite brume qui arrive...). Elle ne paye donc rien pour attendre.

Un dernier petit tour du côté des Pleïades (que des cibles faciles pour le premier soir!), que j'aurais beaucoup plus appréciées avec un tabouret, avant de démonter le tube déjà tout humide et le remballer dans la logan, pas déçu du voyage.